Pertes de commandites

Gilbert Rozon poursuit Juste pour rire

En plus de devoir se défendre des accusations de viol récemment déposées contre lui, Gilbert Rozon s’engage dans une autre bataille judiciaire, contre les nouveaux propriétaires de Juste pour rire, qui lui réclament 3,3 millions pour des pertes qu’ils auraient subies à cause de ses démêlés judiciaires.

Le fondateur de Juste pour rire intente une poursuite contre son ancienne entreprise afin d’éviter de payer les sommes qui lui sont réclamées pour des pertes de commandites, de subventions et de revenus.

En mars 2018, l’agence de talents californienne ICM Partners et le comédien canadien Howie Mandel ont fait l’acquisition de Juste pour rire, avant de vendre une participation de 51 % dans l’entreprise à evenko et Bell Média en juin.

En septembre dernier, les nouveaux propriétaires ont fait parvenir une réclamation de 4,2 millions à Gilbert Rozon, pour des pertes de revenus liées à la fin de commandites et de subventions gouvernementales (923 000 $), à la perte de la commandite des Producteurs de lait du Québec (600 000 $) et au départ de l’humoriste Rachid Badouri (2,7 millions), qui a mis fin à son association avec le groupe à la suite de l’« affaire Rozon ».

L’ancien président ne conteste pas les pertes de commandites et de subventions gouvernementales. Mais il estime que les deux autres réclamations sont « sans fondements », selon la poursuite, rendue publique hier matin au palais de justice de Montréal.

« La réclamation de [Juste pour rire] à cet égard est fondée sur le fait que cette terminaison serait directement liée aux allégations d’inconduite concernant [Gilbert Rozon] », peut-on lire dans le document. Or, « aucune preuve n’a été présentée quant à “l’affaire Gilbert Rozon” ».

De plus, les sommes réclamées sont exagérées, allègue-t-on, soulignant que, dans le cas des Producteurs de lait, « les dépenses liées à la commandite annuelle étaient plus élevées que le montant de la commandite elle-même ».

Quant à Rachid Badouri, Gilbert Rozon souligne que Juste pour rire aurait pu l’obliger par injonction à respecter l’entente le liant à l’entreprise, ou lui réclamer des dommages compensatoires pour rupture de contrat.

Multiples dénonciations

Plusieurs femmes ont dénoncé dans les médias, à l’automne 2017, les agressions et le harcèlement qu’elles auraient subis, à différentes époques, de la part de l’ancien président de Juste pour rire. Gilbert Rozon a décidé de mettre son entreprise en vente à la suite de ces dénonciations et de la réprobation publique qu’elles ont suscitée.

Un groupe de femmes a intenté une action collective contre l’ex-magnat de l’humour, pour l’obliger à verser une indemnisation financière à ses présumées victimes.

En décembre, une seule accusation, pour un viol qui serait survenu en 1979, a été déposée contre Gilbert Rozon. Il s’est d’ailleurs rendu au poste de police mardi pour faire prendre sa photo et ses empreintes digitales, avant de devoir se présenter en cour pour son procès.

Allégations sous serment

Terrebonne demande des explications à son ex-DG

La Ville de Terrebonne suspend le paiement de l’indemnité de départ prévue à son ancien directeur général, Daniel Sauriol, le temps d’élucider des allégations faites sous serment par un témoin.

Le procureur de Terrebonne, Me Joël Mercier, interrogeait dernièrement une personne dans un dossier qui se trouvera bientôt devant les tribunaux quand celle-ci a fait d’étonnantes allégations visant Daniel Sauriol, qui a annoncé son départ récemment. Ces informations ayant été avancées alors que le témoignage se faisait sous serment, elles ont été prises très au sérieux. « C’est un hasard. On ne s’attendait pas à trouver cela dans ce dossier », confie le maire Marc-André Plante.

Informé de ces allégations mercredi à son retour de vacances, l’élu a convoqué son comité exécutif. Les membres se sont réunis hier matin et ont officiellement demandé à Me Mercier d’éclaircir l’affaire. « Certains faits ont été portés à la connaissance des autorités municipales et, en conséquence, il y a lieu de prévoir que M. Sauriol soit convoqué devant le procureur de la Ville pour répondre à toute question relative à son emploi à titre de directeur de l’urbanisme ou à tout autre titre », peut-on lire dans la résolution.

Ces démarches devant prendre quelques semaines, Terrebonne a décidé de suspendre en attendant le paiement de l’indemnité de départ. Daniel Sauriol a droit à 189 000 $, soit 12 mois de salaire, à la suite de son départ annoncé à la surprise générale le 21 décembre dernier. Il a depuis été remplacé par l’ex-directeur général de Montréal, Alain Marcoux.

Terrebonne n’a pas souhaité commenter les allégations visant son ancien directeur général. « Mais disons que c’est suffisamment grave pour que le maire souhaite convoquer son exécutif dans les 48 heures », a indiqué M. Plante.

Procédure normale

Le maire évoque une procédure normale pour permettre à M. Sauriol de donner sa version des faits. Terrebonne dit avoir procédé de la même façon l’automne dernier avec un autre employé. « On prend toutes les précautions pour vérifier. On veut protéger l’intégrité autant de l’institution que de la personne. Cette décision est bonne pour la Ville et pour M. Sauriol », estime M. Plante.

Les allégations remonteraient à l’époque où Daniel Sauriol était directeur de l’urbanisme, soit il y a quelques années. Travaillant pour Terrebonne depuis 19 ans, il était directeur général depuis deux ans, après un passage comme directeur général adjoint.

Le maire assure que la décision n’a aucun lien avec la diffusion jeudi soir d’un reportage à TVA sur les voyages de l’ex-maire Jean-Marc Robitaille sur le bateau de l’entrepreneur Antonio Accurso. « Il n’y a aucun lien. J’ai été informé des allégations faites sous serment avant de savoir qu’il y aurait un reportage », assure M. Plante.

Terrebonne espère obtenir des éclaircissements d’ici quelques semaines. Le conseil municipal devait en effet voter à sa prochaine rencontre, le 21 janvier, sur une résolution pour entériner le départ de son ancien directeur général et l’indemnité qui lui sera versée.

Médecin pénalisée par son congé de maternité

« Ça n’arrivera plus », dit la ministre McCann

Une directive du ministère de la Santé et des Services sociaux sera lancée sous peu afin d’éviter que d’autres femmes médecins ne soient pénalisées pour avoir pris un congé de maternité, annonce-t-on au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann. La ministre veut ainsi s’assurer qu’un cas comme celui de la Dre Myriam Ouellet, dont faisait état La Presse hier matin, ne se reproduise pas. Omnipraticienne pratiquant dans la région du Bas-Saint-Laurent, la Dre Ouellet s’est vu refuser le droit de prendre en charge un bloc de 100 patients orphelins sous prétexte que son taux d’assiduité n’était pas assez élevé en 2017, année où elle était pourtant en congé de maternité. « Cette situation a été réglée et un mot d’ordre sera donné pour que ça n’arrive plus », confirme l’attaché de presse de la ministre McCann, Alexandre Lahaie. La teneur exacte de la directive n’est pas encore connue. Mais l’objectif serait d’éviter que des cas comme celui de la Dre Ouellet se retrouvent au comité paritaire mis sur pied entre le ministère de la Santé et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Ce comité vise notamment à régler les cas où le calcul du taux d’assiduité des médecins est problématique.

— Ariane Lacoursière, La Presse

POLITIQUE MUNICIPALE

Coalition Montréal compte fermer boutique

Le parti Coalition Montréal a officiellement entrepris des démarches en vue de fermer boutique, a appris La Presse. L’unique élu de la formation à l’hôtel de ville, Marvin Rotrand, a avisé la métropole qu’il siégerait désormais comme indépendant au conseil municipal.

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a confirmé hier que la formation lui avait transmis des documents en vue du retrait de son autorisation d’exercer ses activités. En effet, tous les partis politiques doivent détenir une autorisation afin d’exister et de recueillir des dons, par exemple. Ils ne peuvent toutefois pas y renoncer simplement. Avant de fermer boutique, une formation doit produire certains documents, dont une copie de ses états financiers, avant que le DGEQ y consente.

La présidente de Coalition Montréal, Chantal Jorg, a préféré ne pas commenter pour le moment l’avenir du parti, disant qu’une annonce aurait lieu sous peu.

Le service du greffe de la Ville de Montréal a confirmé pour sa part que Marvin Rotrand, chef intérimaire de la formation, avait avisé par lettre qu’il siégerait désormais comme indépendant. Il n’a pas été possible hier de s’entretenir avec M. Rotrand.

Le parti Coalition Montréal avait été fondé en 2013 par le défunt homme d’affaires Marcel Côté, qui briguait alors la mairie de la métropole. Celui-ci avait convaincu Louise Harel et son parti Vision Montréal d’intégrer sa formation. Coalition Montréal était ainsi l’héritier politique du parti ayant longtemps dirigé Montréal sous Pierre Bourque, de 1994 à 2001.

Marcel Côté avait toutefois fait chou blanc, terminant quatrième aux élections de novembre 2013. C’est plutôt Denis Coderre qui était devenu maire à l’époque. Le parti Coalition Montréal était sorti de cette élection lourdement endetté, situation difficile dont il ne s’est jamais vraiment remis.

Impasse financière

Dans ses plus récents états financiers, la formation indiquait toujours traîner une dette de 315 000 $. Le comptable responsable de vérifier les états financiers du parti affirmait depuis plusieurs années avoir des doutes sur la survie de Coalition Montréal.

L’élu Marvin Rotrand avait pris la tête du parti de façon intérimaire. Déjà en juin 2017, il avait invité ses membres à se prononcer sur l’avenir de la formation. Il disait vouloir garder Coalition Montréal en vie pour donner une autre voix aux Montréalais que celles des deux principaux partis, soit Projet Montréal et Équipe Coderre, devenu depuis Ensemble Montréal. Les membres avaient décidé de tenter de nouveau leur chance aux élections de 2017.

Mais le dernier scrutin n’a pas davantage souri au parti. Son candidat à la mairie, Jean Fortier, s’était retiré de la course en milieu de campagne, si bien que la formation s’était retrouvée orpheline et avait fini par appuyer Valérie Plante. Un seul de la vingtaine de candidats avait été élu sous la bannière de Coalition Montréal, Marvin Rotrand.

L’été dernier, le parti avait lancé un appel à l’aide, disant se trouver dans une impasse financière. De nouvelles règles imposées par Québec interdisent désormais aux formations d’utiliser les subventions pour payer les intérêts sur leur dette. Marvin Rotrand avait alors de nouveau invité les membres à se prononcer sur l’avenir du parti. Le parti n’avait pas présenté de candidat aux deux élections partielles tenues en décembre dernier.

Plaques d’immatriculation personnalisées

Près de 3000 refus en six mois

Même si près de 3000 demandes de plaques d’immatriculation personnalisées ont été refusées par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), dans certains cas parce que les combinaisons choisies étaient obscènes, injurieuses ou incitaient à la violence, plus de 23 000 de ces plaques ont été livrées, ce qui a permis à la société d’État d’engranger des recettes de près de 6 millions, selon des données obtenues par La Presse canadienne. La SAAQ a rejeté toutes les combinaisons contenant le mot FUCK et ses variantes. Les plaques contenant une expression ou un message qui incitent à la vitesse sont également proscrites (ISPEED, 2FAST ou FASTER). Les combinaisons laissant croire que le conducteur est une autorité publique ont aussi été refusées. Ce fut le cas par exemple de POMPIER ou de PARAMEDIC. Pas question non plus d’autoriser les messages qui incitent à la violence, comme SNYPER, mot anglais signifiant « tireur d’élite ». — La Presse canadienne

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