Constat d’échec

Les Alouettes ont poursuivi hier leur « vente de feu ». Avant l’heure de tombée pour les transactions (15 h 59), ils ont envoyé trois autres de leurs meilleurs joueurs ailleurs dans le pays.

Les Alouettes ont échangé hier le centre-arrière Patrick Lavoie et le garde Philip Blake aux Roughriders de la Saskatchewan en retour d’un deuxième choix en 2020 et du receveur Joshua Stanford.

Le directeur général Kavis Reed a ensuite laissé partir le secondeur Chris Ackie en l’échangeant au Rouge et Noir d’Ottawa pour un choix de deuxième tour en 2019. Il y a deux semaines, c’est Tyrell Sutton qui avait pris la direction de la Colombie-Britannique.

Ackie, Blake et Sutton avaient pourtant tous signé des contrats à court terme avec les Alouettes dans la dernière année. Lavoie, lui, avait été obtenu d’Ottawa en retour d’un centre-arrière plus jeune que lui, Jean-Christophe Beaulieu. Tous ces joueurs avaient donc été réembauchés ou obtenus pour le court terme.

C’est donc dire que Reed admet que son plan pour 2018 n’a pas fonctionné. Celui de 2017 n’avait pas fonctionné, lui non plus. Les acquisitions de Darian Durant, de Jovan Olafioye et d’Ernest Jackson ont toutes été des flops.

La mission de Reed pour 2018 était d’améliorer le « contenu canadien », comme on dit dans la LCF. Mais voilà qu’il a accepté de se départir d’Ackie, de Blake, de Lavoie, de Jamaal Westerman et de Ryan Bomben en moins de trois mois. De la suite dans les idées.

Des choix et des économies

Ackie était l’un des joueurs avec le plus de potentiel chez les Alouettes, et l’un des rares jeunes (26 ans) à représenter une valeur sûre.

Blake est capable de jouer à toutes les positions sur une ligne offensive, dont celle de bloqueur à gauche si son équipe est en mauvaise posture.

Comme Sutton, Lavoie est un « vrai de vrai », qui a sacrifié sa santé pour le bien de l’équipe durant presque toute la saison en jouant avec une blessure à la hanche. Belle marque de respect…

En 15 matchs cette saison, Stanford a capté 17 passes avec une faible moyenne de 9,7 verges par attrapé. Âgé de 24 ans, il pourrait peut-être aider l’attaque. Or, les Alouettes possédaient déjà un receveur canadien avec un bon potentiel en George Johnson. Le problème, c’est qu’ils ne l’utilisent pas.

Reed et les Alouettes voulaient renflouer leur banque de choix au repêchage après avoir sacrifié trois sélections de premier tour cet été, dont deux pour mettre la main sur Johnny Manziel. C’est en partie fait.

Un autre facteur dans les récentes transactions de Reed a sûrement été l’argent. Les gradins du stade Percival-Molson continuent de se vider et on peut deviner que la famille Wetenhall en a assez de perdre de l’argent en attendant des victoires qui arrivent au compte-gouttes.

Quel plan ?

Bien sûr, les Alouettes empruntent peut-être une page du cahier de jeux du Canadien en espérant pouvoir réembaucher Sutton, Lavoie ou Ackie, qui pourraient tous obtenir leur autonomie en février. Possible qu’ils choisissent de revenir à Montréal, comme l’a fait Tomas Plekanec. Mais il est également possible qu’ils aient eu leur dose de défaites pour un petit moment.

En septembre 2017, lorsqu’ils ont congédié Jacques Chapdelaine, Reed et les Alouettes nous ont essentiellement dit qu’ils estimaient avoir une meilleure équipe que ne l’indiquait leur fiche, qui était alors de 3-7. Ils ont un dossier de 3-20 depuis ce moment.

Depuis qu’il a été nommé directeur général il y a un peu moins de deux ans, Reed a répété à satiété qu’il avait un plan bien défini en place. Plus que jamais, on peut en douter. Car cette équipe tourne en rond. Et tourner en rond, ce n’est pas une très bonne idée lorsqu’on gagne trois fois par année.

Prochain match : Alouettes c. Argonauts, le samedi 20 octobre (16 h) à Toronto

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