Courrier La voie d’accès au mont Royal

La fosse aux lions

Et moi qui pensais que la religion de l’automobile était un culte de banlieue. La conversion sera longue. Je soulignerai au passage que les premiers disciples ont souvent terminé leur chemin dans la fosse aux lions…

— Philippe A. Guilbeault, Laval

Courrier La voie d’accès au mont Royal

Aucun malentendu

En réponse à l’éditorial de François Cardinal, « Le malentendu », publié dimanche.

Pas de malentendu. Seulement une partie des 57 % des électeurs qui n’ont pas voté, ou bien ceux qui n’ont pas voté pour Projet Montréal. On verra bien ce que Projet Montréal fera des résultats des « consultations » publiques. Quant à moi, j’habite l’est de l’île. Ce n’est pas demain la veille que ce parti va se soucier de cette partie de la ville. Même chose pour l’autre extrémité.

— Philippe Lemieux

Voter sans connaître le programme

Vous savez très bien qu’une grande majorité de Montréalais n’a pas voté pour Valérie Plante, mais contre Denis Coderre. Et parmi ceux qui ont voté pour Valérie Plante, plusieurs ont voté pour son image, sans connaître son programme.

— Jean Chouzenoux

Merci !

Je crois fermement que les électeurs qui ont choisi Projet Montréal en toute connaissance de cause devront exprimer haut et fort leur satisfaction lorsque chacune de ces nouvelles mesures d’apaisement de la circulation sera mise de l’avant. Si les voitures prennent encore beaucoup trop de place à Montréal, il ne faut pas laisser les automobilistes prendre toute la place dans les médias et sur la place publique. Madame la mairesse de la mobilité, merci !

— Brigitte Lefebvre, propriétaire de voiture, cycliste, marcheuse, coureuse

Pas tous d'accord avec le programme politique

Les gouvernements qui se font élire ont beau penser que leurs citoyens sont en accord avec tout leur programme politique, il n’en est rien. La technologie d’aujourd’hui permet de connaître l’opinion des citoyens sur chacun des éléments du programme. Y a t-il intérêt de la part des partis politiques de le faire ?

— Alain Brochu, Québec

La majorité silencieuse

Je ne suis pas convaincue que l’agressivité de la réaction à la fermeture de la voie Camillien-Houde soit représentative de ce que pense la majorité des citoyens de Montréal, et encore moins de ceux qui ont voté pour Valérie Plante. On entend ceux qui crient le plus fort, mais la majorité est parfois silencieuse, comme on le constate lors de certaines élections qui trompent les sondages. Je me retiens donc de sauter à la conclusion qu’il y ait un malentendu.

— Myriam Gauthier

Peut-être que les électeurs avaient compris

Et s’il n’y avait pas de malentendu ? Peut-être que les 51 % des électeurs montréalais qui ont voté en faveur de Valérie Plante comme mairesse de Montréal ainsi que les électeurs qui ont élu des conseillers de Projet Montréal comprenaient très bien les propos de Mme Plante quand elle parlait de mobilité. Peut-être que ces électeurs souhaitent que la priorité soit accordée à des transports en commun efficaces plutôt qu’à une circulation automobile dense et qu’ils sont tout simplement silencieux en ce moment au sujet de la voie Camillien-Houde, puisqu’ils avaient compris les intentions de l’administration qu’ils ont choisi.

— Andrée Meilleur

Prévenir l'exode des Montréalais

Une omelette ne se fait pas sans casser des œufs, et les citoyens de Montréal méritent un environnement plus convivial, plus écologique, plus sain et plus sécuritaire avec des dirigeants qui ont le courage de contrer le dictat polluant de la circulation automobile. Ces mesures rendront les places phares de Montréal plus attrayantes et préviendront aussi l’exode des Montréalais vers les banlieues tout en restaurant l’intérêt des banlieusards qui, comme moi actuellement, évitent la ville à tout prix. Les Montréalais ne sont quand même pas des imbéciles, et la plupart auront compris qu’avec le REM, les nouveaux autobus, les pistes cyclables, le prolongement de la ligne bleue du métro et une possible ligne rose, l’administration Plante parlait d’amélioration de la mobilité « sans »automobile.

— Alain Dupuis

Des abstentions inacceptables

Je crois qu’il n’y avait aucun malentendu. Si mes calculs sont bons, 899 354 personnes n’ont pas voté pour Valérie Plante alors que 243 594 l’ont fait. C’est donc 900 000 personnes qui ne sont pas nécessairement d’accord avec ses décisions. Un peu normal de retrouver de la grogne, non ? Si les gens votaient au lieu de se plaindre, nous n’aurions pas ce genre de problèmes : 658 000 abstentions, c’est impardonnable !

— François Bégin

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Une question de mise en valeur de la nature

« Fait-il bon de vieillir à Montréal ? » C’est la question posée à Valérie Plante dans une lettre de citoyennes montréalaises adressée à la mairesse de Montréal parue dans un quotidien montréalais au début du mois. 

Il s’agit d’une missive qui traite d’un sujet clé, à savoir est-ce que l’abolition du transit automobile dans le parc du Mont-Royal se fera au détriment des personnes âgées ? Car pour ces personnes, traverser à pied la zone tampon reliant le pôle d’accueil de la maison Smith à celui du lac aux Castors ne sera pas toujours de tout repos. Pour éviter cet inconvénient, ces citoyennes recommandent de ne pas interdire le transit automobile dans le parc, sauf aux heures de pointe, et d’y réduire la vitesse. 

Si ces solutions ne sont pas possibles, elles préconisent que « les limites des accès est et ouest se côtoient, de sorte que le lac aux Castors soient facilement accessible aux automobilistes qui viennent de part et d’autre du parc ». 

C’est cette dernière approche qui s’avère, à mon avis, la plus souhaitable, mais à la condition d’être réalisée d’une façon exemplaire.

En premier lieu, il n’y a pas avantage à réduire la circulation automobile dans le parc pour l’accroître en périphérie de la montagne en obligeant les citoyens venant de l’est de contourner celle-ci pour accéder au lac aux Castors et ceux venant de l’ouest de faire de même pour parvenir à la maison Smith. En second lieu, réduire la vitesse automobile et interdire le transit aux heures de pointe ne constituent pas des mesures réalistes à moins qu’il y ait une surveillance policière en permanence, ce qui ne rendra pas le lieu très accueillant.

Mettre la nature en valeur

Pour résoudre adéquatement ces problèmes, il faut s’inspirer des valeurs patrimoniales fondamentales de ce parc. Comme le recommandait son concepteur Frederick Law Olmsted aux autorités municipales de l’époque, la meilleure façon de développer le potentiel de ce site consiste à mettre en valeur la nature et de l’embellir. Dans ce sens, à l’exception des autobus, le transit automobile n’a pas sa place dans ce parc et il est temps que la voie Camillien-Houde soit dépouillée de son aspect de bretelle d’autoroute pour prendre celui d’un chemin pittoresque. C’est à cette condition que les automobilistes respecteront les limites de vitesse. Ensuite, il faut que la « zone tampon » comprenant d’un côté la maison Smith et, de l’autre, le lac aux Castors, soit réaménagée de façon à maintenir entre ces deux pôles un lien d’accessibilité pour les automobilistes, tout en recourant à la nature pour en atténuer les impacts.

La mairesse Valérie Plante a une occasion propice de renverser une situation qui, depuis des décennies, érode le caractère originel de ce parc, que ce soit à cause d’équipements tels des bancs ou des aménagements qui cadrent peu avec l’esprit du lieu, comme c’est le cas notamment du belvédère Kondiaronk, inauguré en 1992. Et la meilleure façon d’y parvenir sera de confier ce projet de transformation de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance, ainsi que le réaménagement des pôles de la maison Smith et du lac aux Castors, à une firme d’architectes paysagistes reconnue pour l’excellence de ses réalisations. Cette recommandation peut paraître exigeante, mais elle s’impose parce que ce parc est unique en son genre au Canada et il mérite de le rester.

— Jean-Claude Marsan, urbaniste émérite

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