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Iain Chisholm est la preuve vivante que les essais cliniques sont nécessaires. Le trentenaire, expert en sinistres à Calgary, est en meilleure santé qu’il ne l’a été au cours des 20 années qui ont suivi son diagnostic de la maladie de Crohn.

Sauvé par un biomédicament

Cette maladie – qui peut être traitée, mais non guérie – provoque une inflammation chronique dans le tractus gastro-intestinal. Enfant, Iain souffrait de douleurs abdominales sévères, de diarrhée, de fatigue, de perte de poids et de malnutrition – des symptômes typiques. Depuis que la maladie de Crohn a été identifiée, en 1932, des recherches se poursuivent pour en déterminer les causes et développer des traitements plus efficaces.

Une maladie invalidante

Pour Iain, le diagnostic est tombé alors qu’il avait 11 ans. « Je me sentais déjà très mal depuis plusieurs mois », relate-t-il. Il était si maigre que toutes ses côtes étaient visibles et il devait aller aux toilettes 20 fois par jour, ou plus. « J’ai passé plusieurs mois à l’hôpital et une partie de mon intestin a été enlevée – une expérience assez effrayante pour un enfant. » Par la suite, à cause de nausées constantes, des sondes gastriques et du besoin d’être près de la salle de bain en tout temps, Ian a dû être scolarisé à la maison jusqu’à l’âge de 15 ans.

Malheureusement, la chirurgie intestinale n’a pas résolu ses problèmes de santé : Iain avait toujours des douleurs constantes à l’abdomen. Puis, au cours de son adolescence, il a été traité avec un biomédicament qui venait d’être commercialisé. (Les médicaments biologiques contiennent une substance active provenant d’organismes vivants. On les utilise pour traiter des affections inflammatoires auto-immunes comme la maladie de Crohn.)

Des médicaments salvateurs

Les biomédicaments sont efficaces dans le traitement de la maladie de Crohn modérée à sévère, car ils agissent sur le système immunitaire pour bloquer l’activité de certaines protéines responsables de l’inflammation – lesquelles peuvent varier d’un patient à l’autre. La recherche et les essais cliniques contribuent grandement à approfondir les traitements déjà disponibles. Cependant, les progrès de ceux-ci dépendent de l’investissement continu dans la recherche pharmaceutique et des politiques gouvernementales qui encouragent l’accès des patients à ces traitements.

« Ce premier médicament a été mon introduction aux produits biologiques, qui n’étaient pas très connus à l’époque, explique Iain. Mais depuis lors, j’ai vu le développement d’une tonne de médicaments et participé à plusieurs essais cliniques. »

Un essai clinique déterminant

En cours de route, Iain a eu cinq autres chirurgies de résection et une iléostomie, une procédure où une section de l’intestin grêle est déviée vers une ouverture artificielle dans la paroi abdominale pour faire passer les excréments dans une poche stérile.

Puis, il y a environ cinq ans, il a pris part à un essai clinique pour un nouveau biomédicament qui a fait une énorme différence.

« L’effet a été formidable dès la première fois, raconte-t-il. Pendant toute la durée de l’essai, ma maladie de Crohn était sous contrôle. Comme c’était un essai, on me donnait une faible dose, d’un placebo ou du médicament actif, et je savais qu’on me le donnait parce que mon corps y réagissait bien. »

Un retour à la vie active

Iain a vu son quotidien changer. « La douleur et l’inconfort que je subissais depuis des années n’étaient plus là. Je n’avais aucune idée du soulagement que cela représenterait pour mon corps et mon esprit, mais quand le poids sur mes épaules s’est envolé, j’ai été capable de redécouvrir ce qu’était de mener une vie normale. »

Il est toujours traité avec un biomédicament et sa santé reste stable.

Iain est maintenant capable d’assumer un travail stressant, et de se tenir en forme avec un entraîneur au gym plusieurs fois par semaine.

Gratitude

« J’essaie de garder mon corps aussi sain que possible. Mon travail m’aide à rester actif. Je dois évidemment faire attention à ce que je mange, mais à part ça, je vais bien et je suis reconnaissant pour l’essai clinique qui m’a permis de trouver le bon médicament pour moi. »

Iain est en rémission depuis près de quatre ans et son iléostomie a été inversée en mars 2017 parce qu’il n’avait plus de symptômes. « Les essais cliniques sont nécessaires pour comprendre ce qui va fonctionner pour chaque individu. Je suis la preuve vivante des avantages de la médecine innovante et des essais cliniques ; sans eux, je ne serais pas capable de fonctionner comme je le fais maintenant. »

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