villes intelligentes

Investir dans l'avenir

Tout un savoir-faire est présent ici, au Québec, afin de développer la ville intelligente de demain. Coup d'œil sur deux entreprises qui innovent et qui croissent dans ce domaine.

VARITRON

Un sous-traitant prolifique

Pour marquer son entrée officielle dans le monde des villes intelligentes, Varitron n’y va pas de main morte. Le sous-traitant québécois en microélectronique a récemment formé un consortium avec la française Sterela et s’est porté acquéreur en 2014 d’une entreprise techno du New Hampshire.

Varitron tire déjà des bénéfices de cette association avec Sterela : pour répondre à la demande, la PME vient d’investir 3,5 millions (réaménagement des installations et achat de nouveaux équipements) à son usine de Granby, où 25 emplois seront créés.

Le nom de Varitron ne vous dit probablement rien. Mais les composants et autres appareils électroniques que cette PME fabrique et assemble dans ses installations de Granby et à son siège social à Saint-Hubert sont connus aux quatre coins du monde. Distech Controls, Lumenpulse, TM4 et Trilliant Networks sont des clients de Varitron.

« Notre association avec Sterela va nous ouvrir de nouveaux marchés, explique Martial Vincent, chef de la direction de Varitron. Notre stratégie est la suivante : EMM, une PME québécoise avec qui nous sommes également associés, s’occupera des ventes ; Sterela continuera à développer des produits et Varitron les fabriquera. »

En Europe, Sterela met au point des technologies pour les villes intelligentes : caméras de surveillance sur les autoroutes, pesées routières intégrées dans l’asphalte, caméras qui numérisent par balayage les plaques d’immatriculation, panneaux de signalisation interactifs qui changent selon les conditions météo, bornes pour stationnement intelligent, etc. 

« Toutes ces technologies arriveront bientôt en Amérique du Nord. »

— Martial Vincent, chef de la direction de Varitron

Protectionnisme américain oblige, Varitron n’avait d’autre choix que d’avoir un pied-à-terre chez l’Oncle Sam pour y brasser des affaires et ainsi poursuivre sa croissance. La PME québécoise a donc acquis l’an passé une entreprise manufacturière à Hudson, en banlieue de Boston. Varitron, dont les revenus ont crû de 388 % depuis 2010, compte désormais 325 employés, soit 175 à Saint-Hubert, 75 à Granby et 75 à Hudson.

La PME doit bientôt annoncer une nouvelle alliance, mais cette fois-ci, avec une entreprise italienne très active dans le secteur ferroviaire.

Selon Martial Vincent, les gens n’ont pas idée du talent québécois en matière de microélectronique. « On a un talent fou, lance-t-il. Les produits de nos clients québécois sont présents dans les systèmes d’éclairage extérieurs de plusieurs villes européennes, dans les compteurs intelligents de Londres ou dans les autobus de Shanghai. »

Selon lui, les entreprises technos ont avantage à faire affaire avec des sous-traitants plus près d’elles et non pas à l’autre bout du monde. Le reshoring en est la preuve. Le marché mondial de la sous-traitance en électronique est actuellement de 460 milliards, soutient Martial Vincent. « Les ingénieurs et les manufacturiers doivent travailler côte à côte, dit-il. Les Allemands l’ont compris. »

SIDEKICK INTERACTIVE

De neige et de tourisme

D’un point de vue logistique et technologique, Montréal est la ville la plus avancée au monde pour ce qui est du déneigement des rues l’hiver. Et elle le sera davantage dès 2015-2016. Grâce à une application développée par Sidekick Interactive, il est désormais possible de connaître en temps réel où en sont les opérations de déneigement.

Cette année, en date du 21 janvier 2016, INFO-Neige MTL a fait l’objet de 125 000 téléchargements.

En marge d’un concours lancé par Montréal et auquel 80 équipes s’étaient inscrites pour créer une application sur le déneigement des rues, Sidekick a remporté les honneurs. Son INFO-Neige MTL a été utilisée dans cinq arrondissements lors d’un projet-pilote en 2014-2015. Elle a fait l’objet de 45 000 téléchargements.

L’utilisateur recevait des notifications pour savoir si l’endroit où il était garé ferait bientôt ou pas l’objet de déneigement ou si le déneigement était terminé dans un secteur donné, résume Gregory Cerallo, président et cofondateur de la PME de six employés. Le projet-pilote a connu quelques ratés. « Mais avec les améliorations apportées et les données auxquelles nous aurons accès, le risque d’erreur sera pratiquement nul », dit le jeune chef d’entreprise.

INFO-Neige MTL simplifie la vie de bien des citadins qui, notamment, n’auront plus la mauvaise surprise de voir leur voiture remorquée, sinon déplacée. Cet hiver, 19 arrondissements devraient être desservis par l’application. Bye-bye frustration, bonjour collégialité et convivialité.

Sidekick Interactive était spécialisée à la base dans le développement d’applications pour le secteur touristique et patrimonial. L’oratoire Saint-Joseph a été l’un de ses premiers clients. Depuis qu’elle a remporté l’appel d’offres pour INFO-Neige MTL, la jeune entreprise s’intéresse aux villes intelligentes, une filière en forte croissance.

La PME a récemment créé l’application Parcourir Laval, un guide touristique axé sur le patrimoine de l’île Jésus. On lui doit aussi l’application de Cité historia au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation. La Ville de Saint-Jérôme a fait appel à Sidekick Interactive pour la création d’une application pour son cimetière patrimonial.

La force de cette PME du boulevard Saint-Laurent : son modèle d’affaires. « Nous demeurons propriétaires de la plateforme, dit Gregoy Cerallo. Le client n’a qu’à y mettre les informations qu’il désire et nous paie un forfait annuel. Nous nous occupons de tout le reste, notamment des mises à jour. Or, cela est beaucoup moins cher que le modèle conventionnel où c’est l’entreprise techno qui gère les données du client. »

Pas moins de 60 villes de par le monde seraient susceptibles d’utiliser une application comme INFO-Neige MTL. « Nous avons été approchés par des villes comme Calgary et Boston, explique M. Cerallo. Le hic : elles ne disposent d’aucune donnée sur le déneigement et leurs camions n’ont pas tous des GPS. »

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