Hockey Le bulletin du Canadien

Voilà maintenant un mois que la saison de la LNH est commencée. Un mois au cours duquel le Canadien a fait mentir bien des observateurs qui lui prédisaient une traversée du désert. Comment s’est traduit ce départ sur le plan individuel ? Aux fins de l’exercice, nous allons seulement évaluer les patineurs qui ont joué au moins sept matchs, soit plus de la moitié du calendrier.

Attaquants

Max Domi : 8,5/10

7 buts, 6 passes, 13 points en 13 matchs, 17 min 23 s par match

La révélation du Canadien jusqu’ici. On connaissait son talent, sans quoi Domi n’aurait pas été repêché au 12e rang en 2013. On connaissait aussi son énergie, qu’il puise quelque part dans sa génétique. Ces deux qualités se sont mises en place rapidement. Sa combativité en fait un joueur redoutable en échec-avant, tandis que son coup de patin lui a permis de marquer des buts, chose qu’il ne faisait plus en Arizona. Un seul bémol : l’indiscipline, qui lui a valu une suspension en matchs préparatoires, et quelques punitions de trop.

Phillip Danault : 8,5/10

1 but, 6 passes, 7 points en 13 matchs, 17 min 2 s par match

Si le Tricolore déjoue les pronostics jusqu’ici, c’est notamment grâce à une ligne de centre meilleure que prévu. On savait déjà que Danault serait opposé aux meilleurs éléments adverses. On ignorait qu’il allait être à ce point efficace contre eux. Dans ces circonstances, il produit à un rythme très correct, et la lourdeur des affectations n’empêche pas son ailier Brendan Gallagher d’empiler les buts. Ses succès aux mises au jeu lui valent un boni à sa note.

Brendan Gallagher : 8,5/10

9 buts, 1 passe, 10 points en 13 matchs, 17 min 12 s par match

Il n’a pas mis de temps à prouver que sa récolte de 31 buts la saison dernière était son nouveau standard. Voilà qu’il produit à un rythme annualisé (sur 82 matchs) de 57 buts. Il va perdre du rythme en cours de route, mais s’il continue à jouer avec son énergie habituelle, s’il continue à provoquer des punitions à l’adversaire, il demeurera tout aussi important pour cette équipe.

Jonathan Drouin : 7,5/10

3 buts, 5 passes, 8 points en 13 matchs, 18 min 1 s par match

Après un lent départ, Drouin a trouvé son élan aux côtés de Max Domi. Deux aspects de son jeu ressortent en particulier. D’une part, son intensité qu’on ne lui connaissait pas lui a permis de provoquer six punitions jusqu’ici. Dans toute la saison 2017-2018, il en avait seulement provoqué 13... D’autre part, il devient peu à peu le véritable général de l’avantage numérique. Ça signifie cependant qu’il n’a que trois points à forces égales (dont un but sur un tir de pénalité). La prochaine étape est d’éviter de disparaître certains soirs.

Artturi Lehkonen : 7,5/10

1 but, 7 passe, 8 points en 13 matchs, 16 min 36 s par match

Il n’a peut-être pas marqué depuis qu’il a inscrit le tout premier but de la saison du Canadien, mais les points sont au rendez-vous, ce qui constitue une amélioration par rapport à l’an passé. Statistique intéressante : tous ses points ont été inscrits à forces égales. Il amorce la saison en meilleure santé que l’an dernier, ce qui explique en grande partie sa progression.

Tomas Tatar : 7,5/10

3 buts, 8 passes, 11 points en 13 matchs, 16 min 56 s par match

Après un départ sur les chapeaux de roue, Tatar a quelque peu ralenti, mais il demeure légitimement un attaquant des deux premiers trios. Ses indicateurs de possession de rondelle le placent parmi les meilleurs attaquants de la LNH à ce chapitre. Un remplaçant très adéquat pour Max Pacioretty jusqu’ici, même s’il ne gobe pas autant de minutes que l’ancien capitaine du CH.

Paul Byron : 7/10

4 buts, 3 passes, 7 points en 11 matchs, 14 min 53 s par match

La recette demeure la même pour le petit ailier : de la vitesse à revendre, ce qui lui permet d’obtenir des chances de marquer et de forcer l’adversaire à sortir le crochet. Il est tranquille offensivement après avoir amorcé la campagne avec quatre points en deux matchs, mais il importe de rappeler qu’il a surtout joué avec un centre de 18 ans qui s’initie à la LNH et au hockey nord-américain.

Joel Armia : 7/10

3 buts, 3 passes, 6 points en 13 matchs, 17 min 14 s par match

Armia est l’unique attaquant de plus de 200 lb au sein du « top 9 » du Canadien, et il utilise bien sa grosse charpente jusqu’ici. Il mène les attaquants du Canadien pour les mises en échec, une statistique qui traduit bien son efficacité en échec-avant. Il est aussi premier dans l’équipe pour les revirements provoqués puisqu’il travaille généralement bien le long des rampes. Malgré de bonnes mains, son potentiel offensif semble limité et il n’a pas prouvé qu’il est un choix judicieux en avantage numérique.

Jesperi Kotkaniemi : 6,5/10

2 buts, 4 passes, 6 points en 12 matchs, 14 min 13 s par match

Aucun doute, le jeune Finlandais excède jusqu’ici les attentes si on se reporte au camp de développement, puis au tournoi des recrues. Malgré quelques sorties difficiles, il demeure une bien meilleure option que Matthew Peca ou Tomas Plekanec au centre du troisième trio. Reste à voir si le fait d’avoir brisé la glace jeudi contre Washington lui inspirera confiance.

Charles Hudon : 6,5/10

2 buts, 1 passe, 3 points en 10 matchs, 11 min 22 s par match

Le quatrième trio tarde peut-être à se trouver une identité, mais Charles Hudon est le seul membre de l’unité à générer des chances de marquer avec régularité. Ça ne l’a toutefois pas empêché de faire partie de la rotation de joueurs qui sautent un tour de temps en temps pour permettre à tout le monde (sauf Nikita Scherbak) de jouer. Son jeu aux côtés de Max Domi depuis deux matchs laisse croire qu’il est capable de tirer profit de meilleures occasions, mais rappelle aussi qu’il a des lacunes défensives à corriger.

Matthew Peca : 5,5/10

0 but, 3 passes, 3 points en 12 matchs, 10 min 6 s par match

Ses performances au camp laissaient croire que le Canadien avait peut-être trouvé un trésor caché, un joueur qui allait générer de l’attaque malgré des minutes plus limitées. Il a toutefois perdu de sa superbe au fil des matchs. Même au cercle des mises au jeu, où il était réputé pour exceller, les résultats se font attendre. Pas le départ attendu, mais il a encore le temps de se racheter.

Nicolas Deslauriers : 5,5/10

0 but, 0 passe, 0 point en 7 matchs, 9 min 31 s par match

Il est toujours aussi hargneux que l’an passé, mais n’a pas encore retrouvé son coup de patin qui lui permettait, l’an dernier, de bien exploiter cette énergie. Les mises en échec sont donc encore au rendez-vous, mais offensivement, on est loin de la campagne 2017-2018. Un autre cas qui rappelle à quel point une blessure au camp d’entraînement peut ralentir un joueur.

Andrew Shaw : 5/10

1 but, 1 passe, 2 points en 9 matchs, 11 min 45 s par match

Il n’a pas disputé de match préparatoire et ça s’est vu dans le premier mois de la saison. Déjà qu’il n’a jamais été le meilleur patineur, l’écart avec ses rivaux est encore plus grand depuis le début du calendrier. Depuis son arrivée à Montréal, il a toutefois prouvé qu’il peut être utile une fois qu’il trouve son rythme. Encore faut-il qu’il évite l’infirmerie pour y parvenir.

Défenseurs

Jeff Petry : 8/10

1 but, 9 passes, 10 points en 13 matchs, 23 min 39 s par match

Petry avait connu de bons moments l’an dernier en l’absence de Shea Weber. Après un départ hésitant cette saison, il a retrouvé ses élans de l’hiver dernier, si bien qu’il anime de nouveau l’attaque montréalaise. Il semble aussi un brin plus méchant que par le passé, même si on ne le confondra jamais avec Scott Stevens. Petry demeure vulnérable à des erreurs ici et là, mais il aide nettement plus son équipe qu’il ne lui nuit.

Mike Reilly : 7,5/10

1 but, 2 passe, 3 points en 13 matchs, 21 min 30 s par match

Les points ne sont pas encore au rendez-vous, mais il organise un nombre incalculable d’attaques pour le Canadien par son aisance à transporter la rondelle. À moins qu’il ne soit victime d’une combustion spontanée d’ici là, il devrait obtenir une audition à la gauche de Shea Weber quand le nouveau capitaine du Canadien sera guéri.

Jordie Benn : 7,5/10

1 but, 0 passe, 1 point en 13 matchs, 17 min 31 s par match

À l’ouverture du camp, on le voyait à risque d’être soumis au ballottage. Au début de la saison, il était employé au sein du troisième duo. Le voici au sein du top 4, et malgré l’absence de Weber, difficile de dire qu’il est là par défaut. Depuis le début du calendrier, il joue comme le défenseur que Marc Bergevin a protégé au repêchage d’expansion. Reste à voir s’il pourra aussi convaincre son DG de lui accorder un nouveau contrat.

Xavier Ouellet : 7/10

0 but, 3 passes, 3 points en 13 matchs, 17 min 12 s par match

Comme Benn, il a pleinement profité de ses chances. Ouellet était loin d’être assuré d’un poste au camp, et voilà qu’il a participé aux 13 matchs de son équipe. Il accomplit du boulot honnête au sein du troisième duo, tout en présentant de très bons indicateurs de possession de rondelle.

Noah Juulsen : 7/10

0 but, 1 passe, 1 point en 11 matchs, 18 min 40 s par match

C’était drôlement bien parti pour le numéro 58, mais la réalité l’a rattrapé lors des derniers matchs. Juulsen connaît les hauts et les bas typiques d’une recrue, mais on lui voit les qualités d’un excellent défenseur de deuxième duo, qui pourrait couvrir les arrières d’un partenaire plus aventurier.

Victor Mete : 6,5/10

0 but, 1 passe, 1 point en 11 matchs, 16 min 5 s par match

Après avoir connu un excellent camp, il a perdu un peu de rythme en saison. Cela dit, on serait curieux de voir qu’il ferait avec davantage de temps d’utilisation et – pourquoi pas? – un peu d’avantage numérique?

N’a pas assez joué pour être évalué : Karl Alzner

GARDIENS

Carey Price : 7,5/10

5-3-2, moyenne de 2,59, efficacité de ,907

Sans être aussi miraculeux qu’en 2014-2015, on revoit jusqu’ici un Carey Price sûr de ses moyens, bien positionné, et très « carré » devant les rondelles, comme on dit dans le jargon. Il a signé un jeu blanc contre la puissante attaque des Bruins. On peut débattre à savoir s’il a « volé » ce match, mais il n’a certainement pas coûté de victoire à l’équipe comme l’an passé.

Antti Niemi : 7/10

Fiche de 2-1-0, moyenne de 3,26, efficacité de ,898

Le début de saison de Niemi est difficile à évaluer. Il a d’abord été jeté dans la gueule du loup contre les Penguins, en raison d’un virus à Carey Price. À son deuxième départ, le Canadien a pris une avance de 6-1 contre Detroit après 40 minutes, ce qui a un peu faussé les données de la troisième période. Puis, à Buffalo, il a été victime de ce qui a possiblement été la pire performance du CH cette saison, malgré le pointage serré. À revoir dans un mois.

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