Épicerie en ligne

Provigo offrira la livraison en une heure l’an prochain

Les clients de Provigo pourront faire leur épicerie sur internet et recevoir la marchandise à domicile en 60 minutes l’an prochain. Ce service, qui a été déployé au Canada anglais depuis novembre 2017, sera introduit progressivement au Québec dans les prochains mois.

C’est ce qu’a indiqué Richard Dufresne, président et chef de la direction financière de George Weston, qui prenait la parole hier midi devant le Cercle canadien de Montréal, dans un hôtel du Vieux-Montréal. Weston, entreprise qui a l’âge vénérable de 136 ans, est propriétaire de Loblaw, qui détient les enseignes Provigo, Maxi et Pharmaprix, représentant 400 magasins et employant 30 000 personnes au Québec.

Pour le service de commande en ligne et de livraison à domicile, le partenaire de Loblaw est la société de San Francisco Instacart, que M. Dufresne qualifie d’Uber de l’épicerie. Des travailleurs à leur compte se chargent de remplir la commande et de la livrer au client au moyen de leur propre véhicule. Le service est offert en 60 minutes ou plus, à la demande du client. Le partenariat avec Instacart devrait se rendre au Québec dans les prochains mois, a-t-il annoncé.

En parallèle, Loblaw offre la cueillette en magasin (PC Express) dans 600 supermarchés au pays, dont 145 au Québec. Environ 1000 personnes travaillent à ce que M. Dufresne appelle la stratégie numérique du groupe.

« Le consommateur apprécie la rapidité du service de l’épicerie en ligne », a-t-il insisté pendant son allocution. Selon un sondage cité par M. Dufresne, 80 % des Canadiens ne savent pas encore à 16 h ce qu’ils vont manger pour souper.

En excellente position

Récemment, Loblaw a offert le service de commande en ligne et de cueillette en magasin en deux heures dans certains magasins, plutôt que les quatre heures usuelles. Loblaw a constaté une augmentation de volume de 30 %.

Le patron considère que son groupe, avec ses 1000 épiceries et 1300 pharmacies, est en excellente position. « Nous sommes le seul détaillant qui peut affirmer avoir un magasin situé à moins de 10 minutes de tous les Canadiens », a dit M. Dufresne, diplômé de l'Université Laval en actuariat et titulaire d’un MBA de Western.

« Nous sommes d’avis que le détaillant qui offrira le service le plus rapide va gagner en attirant le consommateur et en le fidélisant. »

— Richard Dufresne

À l’heure actuelle, environ 1 % des Canadiens tout au plus font régulièrement leur épicerie en ligne, mais le chiffre est en croissance rapide. Au Royaume-Uni et au Japon, où le concept est implanté depuis 20 ans, le taux de pénétration demeure bas, autour de 7 %.

D’après l’analyse de M. Dufresne et son équipe, les centres de distribution géants en périphérie comme celui qu’Amazon fait construire à Ottawa ne sont pas conçus pour la distribution alimentaire. « Le modèle Amazon est basé sur un système d’entrepôts très similaires qui peut, ensemble, offrir un assortiment étendu de produits. Si vous commandez trois produits sur Amazon, il est possible de les recevoir en trois temps. C’est plus compliqué avec les produits frais. Pour un joueur comme Amazon, ceci implique d’établir un réseau de distribution distinct pour les produits alimentaires. »

D’ailleurs, le géant internet a annoncé la construction de 3000 Amazon Go, sans caissier, d’ici 2021.

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