Intervention au gaz poivre

Le SPVM ouvre une enquête

La police de Montréal a ouvert une enquête sur une intervention de certains de ses agents croquée sur vidéo et abondamment relayée sur les réseaux sociaux, au cours de laquelle du gaz poivre a été projeté au visage d’un automobiliste et des passants, samedi.

Alors que les festivités entourant le Grand Prix du Canada battaient leur plein au centre-ville, peu avant minuit, les policiers avaient dû fermer deux fois la rue Sainte-Catherine, où des gens faisaient crisser leurs pneus et vrombir leurs moteurs, dans des nuages de fumée.

« Les esprits s’étaient échauffés un peu », affirme l’inspecteur Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), selon qui ces comportements avec des « véhicules très puissants » peuvent s’avérer « très dangereux » pour les piétons.

Un automobiliste qui klaxonnait aurait été interpellé par des policiers à vélo à ce moment. Selon le SPVM, il aurait refusé de s’identifier. La vidéo filmée par un citoyen montre soudainement un policier envoyant un jet de gaz poivre au visage de l’automobiliste, qui était arrêté avec sa fenêtre ouverte.

L’homme avance alors un peu son véhicule, et les policiers le sortent de force pour le placer en état d’arrestation. « Pour un klaxon ?! Pour un klaxon ?! », s’écrie-t-il, le visage visiblement en douleur. L’homme noir accuse à un moment les policiers, qui sont tous blancs, de racisme.

Appel à la population

Alors que l’automobiliste est menotté, un policier asperge généreusement de gaz poivre la personne qui filme et qui lui demandait son numéro de matricule, ainsi que d’autres personnes qui s’étaient approchées.

« À ce moment-ci, je ne suis pas en mesure de vous dire si les policiers ont fait un bon usage de la force », a déclaré l’inspecteur Lafrenière.

Une enquête a été ouverte, et le SPVM invite toute personne qui a assisté à la scène à se manifester. « On a encore des pièces du casse-tête qui nous manquent, alors on a besoin de la population », explique le porte-parole.

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