Animaux de compagnie

à chacun son chien

Après mûre réflexion, la décision est prise : il est temps d’adopter un compagnon à quatre pattes. Il y a de nouvelles décisions à prendre : faut-il aller chercher un chien dans un refuge ? Faut-il choisir plutôt un chien de race ? Quelle race choisir ?

UN DOSSIER DE MARIE TISON

De race ou non ?

Le petit chien noir ne sait pas s’il est de race pure, issu de lignées illustres, ou s’il est un joyeux mélange de ceci et de cela. Pour lui, tout ce qui compte, c’est de trouver un maître sympathique qui comblera ses besoins en nourriture, en soins, en exercice et en affection.

Ce sont les humains qui se préoccupent de sa race ou de son absence de race. Or, il y a de nombreux avantages à choisir un chien de race, affirme Linda St-Hilaire, représentante du Québec au conseil d’administration du Club canin canadien. « Il y a de la prévisibilité avec un chien de race, fait-elle valoir. Si j’achète un berger allemand de race, je sais le poids, l’allure, le comportement qu’il devrait avoir. Je connais son niveau d’énergie. Je peux même rencontrer au moins un de ses parents. » Évidemment, il peut y avoir des différences, « comme dans n’importe quelle famille ». « Dans une même portée, il y a de plus grands, de plus petits, de plus calmes, de plus excités. »

Il y a quand même des tendances fortes, et un bon éleveur va faire de gros efforts pour s’assurer que ses chiens aboutissent dans une famille adoptive appropriée. « Beaucoup vont vérifier le style de vie de la personne qui adopte, ils regarderont si elle voyage beaucoup à l’étranger, si elle a un plan B dans un tel cas, indique Mme St-Hilaire. La majorité des éleveurs ne veulent pas que le chien se ramasse la moitié de l’année dans une pension, dans une cage. » Certains éleveurs vérifieront si la famille a une cour clôturée. « Certains refuseront de vendre un chien à une famille avec de jeunes enfants parce qu’ils savent que leur race n’est pas appropriée pour cela », déclare Mme St-Hilaire.

Une bonne bête pour moins cher

Anita Kapuscinska, directrice des communications à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), fait valoir que l’adoption en refuge a aussi ses avantages. Notamment celui de contrer le problème de surpopulation des animaux et de donner une deuxième chance à des animaux qui le méritent.

« Adopter est souvent bien moins cher que se procurer un chien auprès d’un éleveur ou sur internet, affirme-t-elle. Les frais d’adoption à la SPCA comprennent la stérilisation, la micropuce, les premiers vaccins de base et une garantie de santé : si jamais l’animal tombe malade, la famille peut venir à la SPCA pour le faire voir par un vétérinaire et pour voir le type de traitement dont il a besoin. »

Elle soutient surtout que les chiens à la SPCA sont de bonnes bêtes. S’ils ont été abandonnés, ce n’est pas en raison de problèmes de comportement, mais parce qu’il y a eu un changement de style de vie au sein de la famille initiale.

« Chaque animal à la SPCA subit non seulement une évaluation vétérinaire, mais aussi une évaluation comportementale. »

— Anita Kapuscinska, SPCA

« Chaque animal a sa personnalité, peu importent sa race, son ADN, son apparence physique », souligne-t-elle.

Les familles prospectives doivent consulter une conseillère en adoption qui peut les orienter vers le bon animal pour leur situation particulière. « Nous encourageons les gens à visiter les refuges, à être patients, déclare Mme Kapuscinska. Peut-être qu’ils ne trouveront pas immédiatement le chien idéal pour leur style de vie, mais avec un peu de patience, ça viendra. »

TABLEAU EN OPACITÉ

Les chiens les plus populaires au Québec

1- Berger allemand

2- Golden retriever

3- Labrador

4- Caniche

5- Bouvier bernois

6- Berger australien

7- Épagneul cavalier King Charles

8- Berger Shetland

9- Terrier du Yorkshire

10- Braque allemand à poil dur

Source : Club canin canadien

Légendes urbaines et nouveaux problèmes

On dit parfois que les chiens de race sont plus susceptibles de présenter des maladies génétiques. Linda St-Hilaire, du Club canin canadien, tient à réfuter ce qu’elle qualifie de légende urbaine. « Au cours des 20 dernières années, il y a eu énormément de travail qui a été fait pour éradiquer plusieurs maladies génétiques qui affectaient certaines races, soutient-elle. »

« Les éleveurs testent les chiens pour ne reproduire que les animaux sains. »

— Linda St-Hilaire, Club canin canadien

En outre, avec l’avènement de l’internet et des technologies de reproduction assistée, il est facile d’entrer en contact avec les éleveurs d’autres continents pour diversifier le bagage génétique. On parle d’insémination artificielle ou encore du prêt d’un mâle pendant une petite période de temps.

Mme St-Hilaire indique qu’une cinquantaine de membres québécois du Club canin canadien iront assister au World Dog Show, à Amsterdam, en août, histoire de rencontrer des éleveurs et des chiens du monde entier. Pas moins de 33 500 chiens sont déjà inscrits à l’événement. « Je vais aller voir en vrai les chiens que j’ai vus sur l’internet, je vais rencontrer les gens. C’est ce que les bons éleveurs font. »

Elle affirme que les gens qui font des croisements pour créer des designer dogs, comme le « labradoodle » (labrador et caniche), ne testent pas nécessairement ces animaux pour des maladies génétiques.

« Il y a plein de tests à faire pour les yeux, le cœur, le sang, selon les races, mais ils ne se cassent pas la tête avec ça, déplore-t-elle. Ils vendent leurs chiens trois à quatre fois plus cher qu’une lignée pure parce qu’ils sont plus rares. Il y a des gens pour les acheter, mais à long terme, ça peut apporter des problèmes. »

À chacun son chien

Voici des exemples de chiens qui seraient appropriés pour des situations particulières.

L’allergique

« Il y a des races hypoallergènes, mais ce n’est jamais garanti à 100 %, indique Linda St-Hilaire, administratrice du Club canin canadien. Il y a des races comme le caniche qui sont réputées pour cela. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont utilisés à outrance pour toutes sortes de croisements en prétendant que leurs caractéristiques seront automatiquement transférées à leurs petits, ce qui est totalement absurde sur le plan scientifique. » Anita Kapuscinska, directrice des communications de la SPCA, rappelle que les gens qui sont allergiques aux chiens ne sont pas nécessairement allergiques au poil. Ils peuvent être allergiques à la salive de chien. « Nous recommandons aux gens de vérifier avec leur médecin pour voir ce qui cause réellement l’allergie. »

Une famille avec enfants

Selon l’énergie de la famille, le bon vieux golden retriever peut être un bon choix, affirme Linda St-Hilaire. « Les gens n’y pensent pas, mais un chien qui est très bon avec les enfants, c’est le boxer », poursuit-elle. Elle ajoute qu'en règle générale, les animaux de la catégorie des chiens de travail (comme les bergers) sont de bons choix. « Ils recherchent la présence de l’humain, par opposition aux terriers qui sont plus indépendants. » Elle met en garde contre la tentation de choisir de très petits chiens lorsqu’on a de jeunes enfants parfois peu délicats.  Pour sa part, Anita Kapuscinska, de la SPCA, recommande d’emmener toute la famille au refuge lorsque vient le temps d’adopter un chien. « C’est une décision qui affecte toute la maisonnée. »

Un petit appartement

Les chiens de compagnie, ou ceux de la catégorie des chiens jouets, sont de bons choix pour un petit appartement, affirme Linda St-Hilaire, du Club canin canadien. « Les gens vendent leur propriété, s’en vont en condo et font des voyages. Ils se dirigent vers de plus petites races, comme les chihuahuas ou les poméraniens, qu’on ne voyait presque pas il y a quelques années. Ils sont plus faciles à emmener en voyage et ils demandent un peu moins d’exercice qu’un labrador. » Anita Kapuscinska, de la SPCA, recommande d’aller parler aux voisins avant d’adopter un nouveau compagnon à quatre pattes. « Nous allons nous assurer qu’un chien très jappeur ne sera pas placé dans cette famille-là, déclare-t-elle. Nous ne voulons pas créer de problèmes dans le voisinage. »

Un grand sportif

Les border collies et les épagneuls français sont très populaires auprès des grands sportifs, affirme Linda St-Hilaire, administratrice du Club canin canadien. « Beaucoup de gens font du canicross, ils courent avec leur chien, note-t-elle. Ce sont des races de chiens bien adaptées pour cela. » Les sportifs peuvent également regarder du côté du golden retriever ou du bouvier bernois. « Il y a aussi le terrier Jack Russell, que les gens actifs aiment beaucoup. C’est dans un plus petit paquet, mais il a beaucoup d’énergie. » À la SPCA, on considère évidemment les besoins de l’animal en fait d’exercice avant de le confier à quelqu’un. Et vice-versa. « Si la famille est très active, on ne lui suggérera pas d’adopter un chien-patate », lance Anita Kapuscinska en riant.

Et le pitbull ?

Lorsque l’on consulte la liste des races reconnues sur le site du Club canin canadien, on ne retrouve pas le pitbull.

« Ce n’est pas une race comme telle, c’est un croisement de diverses races que les gens appellent pitbull », affirme Linda St-Hilaire, représentante du Québec au Club canin canadien.

Elle déplore la mauvaise réputation de ce type de chiens.

« Ce sont souvent de très bons chiens de famille, ils sont souvent très bons avec les enfants. » 

— Linda St-Hilaire, Club canin canadien

« Mais parce que certains ont été mal entraînés et mal utilisés, c’est ce qu’on retient. »

Elle reconnaît que certaines personnes aiment bien s’afficher avec ces chiens musclés « à l’air macho », comme certaines personnes choisissent de conduire une Mustang plutôt qu’une Golf. « Ça ne veut pas dire que ces personnes utilisent mal les capacités de ce chien. Je pense que 99 % des gens qui ont des chiens de ce type sont des gens responsables. C’est malheureusement le 1 % qu’on retrouve dans les journaux. »

La directrice des communications de la SPCA, Anita Kapuscinska, affirme que l’organisme veille à ce que les chiens qu’elle offre en adoption ne représentent aucun danger pour la population. Les gens qui se cherchent un chien de garde doivent donc aller voir ailleurs. « Si quelqu’un cherche un animal pour se protéger, on va poser des questions supplémentaires. S’il veut un chien de garde pour protéger son terrain, nous allons suggérer autre chose, comme un système d’alarme. »

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