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L’Impact fera-t-il les séries ?

Pas inquiet pour deux sous quant à une participation aux séries, Ambroise Oyongo a carrément prédit, hier, que l’Impact « irait plus loin » que la saison dernière. Le temps dira si le latéral camerounais avait vu juste, mais pour l’instant, lui et ses coéquipiers peinent à prendre de l’altitude dans une course aux séries qui ne vole pourtant pas très haut. Alors, l’Impact peut-il conserver sa mince avance au classement et éviter de tout perdre lors des cinq prochains matchs ?

OUI

PARCE QUE L’ASSOCIATION DE L’EST EST TRÈS FAIBLE

Malgré son passage à vide, l’Impact n’a donc pas bougé de sa cinquième place au classement. Il doit ce statu quo à la faiblesse de l’Association de l’Est derrière le trio de tête composé du Toronto FC et des deux équipes de New York. Sur un échantillon de six matchs, le Revolution de la Nouvelle-Angleterre est l’adversaire lui ayant grappillé le plus de points (+ 5), mais DC United ou Orlando City SC (+ 2) ont manqué de belles occasions de revenir à la hauteur montréalaise. Même l’Union de Philadelphie, quatrième, accuse le coup depuis trois semaines. Avec une moyenne actuelle de 1,31 point par match, l’Impact n’aurait pas participé aux séries en 2015, et encore moins les saisons précédentes sous l’ancien format de qualification.

PARCE QUE LA SOLIDARITÉ EST ENCORE DE MISE DANS LE VESTIAIRE

Il est forcément facile de faire le parallèle avec la saison 2013, au terme de laquelle l’Impact, en perte de vitesse, avait conservé sa place en séries sur le fil. Mais un retour sur la dernière saison permet aussi de déterminer que les joueurs et le personnel d’entraîneurs poussent encore dans la même direction. « L’an dernier, nous avions perdu quelques matchs, dont le Championnat canadien à Vancouver, et nous avions touché le fond après une défaite à Toronto, a rappelé Evan Bush. Il y avait des tensions dans le vestiaire entre les joueurs et le personnel... Je ne sens pas ça, cette année. Nous avons un groupe solide et nous savons ce dont nous sommes capables. Commencer à montrer certains éléments du doigt n’aiderait pas. »

PARCE QUE LES CHIFFRES LE DISENT

Autant l’indice mis au point par Sports Illustrated que l’algorithme du site sportsclubstats.com accordent de très bonnes chances à l’Impact de faire les séries. Même en ne récoltant que quatre points d’ici la fin de la saison, la probabilité de voir l’équipe de Mauro Biello se qualifier dépasse les 70 %, selon Sportsclubstats. La logique sportive et les mathématiques ne font pas toujours bon ménage, mais l’Impact peut aussi se rassurer en regardant le calendrier de ses adversaires. L’Union a une fin de saison particulièrement corsée, tandis que DC United et Orlando s’affrontent à deux reprises. Or, selon les chiffres de la Ligue, près du tiers des matchs se terminent avec un résultat nul. Évidemment, la meilleure façon de donner raison à ces prédictions est de retrouver une certaine constance après quatre mois marqués uniquement par des coups d’éclat isolés. « Avec tout le talent et les joueurs qu’on a, si on reste [ensemble], qu’on écoute nos leaders et qu’on se donne à fond durant tout le match, on va aller plus loin que l’année dernière », a prédit Oyongo.

NON

PARCE QUE L’ATTAQUE EST EN PANNE ET QUE LA DÉSORGANISATION DÉFENSIVE RÈGNE

Mis à part la victoire à Toronto, où le niveau d’émotion était très élevé, le onze montréalais est trop souvent retombé dans les mêmes travers. En attaque, il a été l’auteur d’une incroyable maladresse devant le but adverse. Lors de ses six derniers matchs, l’Impact n’a ainsi cadré que 25 de ses 103 tentatives. En d’autres termes, il marque un but tous les 20,6 tirs, contre 5,6 pour ses différents adversaires. Du côté de la défense, le match contre le Revolution a encore montré des lacunes sur le plan collectif. Il est facile de voir les erreurs de marquage, dans la surface, mais c’est tout le pressing collectif qui est grippé. Les lacunes montréalaises se sont surtout vérifiées à domicile au cours des dernières semaines. D’ailleurs, l’Impact est la seule équipe de la MLS à ne pas présenter un différentiel de buts positif sur son terrain.

PARCE QUE TROP DE DOUTES SUBSISTENT SUR L’ALIGNEMENT

Lucas Ontivero, trop prévisible offensivement et inexistant défensivement, a certainement brûlé sa dernière cartouche, samedi, contre le Revolution. L’absence d’un véritable numéro 10 a encore poussé Biello à déloger Piatti de son côté gauche, où il peut pourtant faire tellement de dommages. Malgré différents essais, Patrice Bernier n’a pas le profil pour remplir ce rôle, mais il peut encore rendre de fiers services dans un rôle de relayeur. Biello devrait alors trancher entre une modification du schéma tactique ou séparer un duo – Hernan Bernadello et Marco Donadel – qu’il affectionne particulièrement. Pour ne rien arranger, l’Impact devra retoucher son quatuor défensif après la blessure aux ischio-jambiers subie par Donny Toia, samedi. Davantage que sa perte, c’est le glissement d’Hassoun Camara de l’axe vers le côté droit, et donc la fin de son association avec Laurent Ciman, qui est dommageable. Victor Cabrera a, du coup, retrouvé sa place en charnière centrale. « J’ai confiance en cette ligne de défense. Victor a très bien fait dans le passé et, en entrant, il a apporté quelque chose, a assuré Biello. Hassoun a bien fait sur le côté. »

PARCE QUE LES LEADERS SOUFFLENT LE CHAUD ET LE FROID

Piatti, qui a pourtant le don d’être décisif lors des grands moments, n’a marqué que quatre buts depuis la mi-saison et s’est montré particulièrement maladroit contre le Revolution. Depuis le 17e match, Drogba a marqué à cinq reprises, dont deux buts sur coups de pied arrêtés. Derrière eux, seul Matteo Mancosu a pu prendre une partie du fardeau offensif. En défense, finalement, Ciman cherche encore à retrouver le niveau qui avait fait de lui le défenseur de l’année en 2015. Face aux attentes, les leaders doivent en donner davantage dans la dernière ligne droite. Pour Biello, tirent-ils suffisamment l’équipe vers le haut ? « Un leader, c’est quelqu’un qui est prêt à apprendre. Ce n’est pas parce que tu joues depuis 20 ans que tu es un leader, a indiqué Biello sans entrer dans le détail. Si tu fais les bons choix sur le terrain et si tu te comportes bien à l’extérieur, les autres vont suivre. Un Michael Salazar peut être un leader […] Cette saison, ce n’est pas tout le monde qui a été à 100 %, mais ça, c’est mon travail. Mon travail d’entraîneur n’est pas de les faire progresser, mais de faire en sorte que les qualités individuelles et collectives ressortent. Je contrôle cet environnement et, eux, contrôlent les résultats. On travaille fort et, à la fin, on va réussir. »

LE VERDICT

L’an dernier, l’arrivée de Drogba et le départ de Frank Klopas avaient permis à l’Impact de trouver le souffle nécessaire pour entrer dans les séries par la grande porte. Cette année, le joueur désigné ivoirien et la grande majorité de ses coéquipiers n’ont pas évolué au niveau espéré. Biello, de son côté, cherche encore toutes les conditions gagnantes qui assureront à l’Impact une place au-dessus de la ligne rouge. Nous prévoyons qu’il y arrivera, mais seulement par défaut, au cœur d’une association en manque de compétitivité.

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