VOYAGE

Singapour, un laboratoire à ciel ouvert

À peine plus grande que Montréal et Laval réunies, Singapour lutte depuis longtemps contre un problème de taille : le manque d’espace. Qu’à cela ne tienne  ! Cette île de l’Asie du Sud-Est mise sur l’innovation pour gérer pareille contrainte et transformer son petit territoire en cité-jardin. Survol d’un endroit qui remet en question notre façon de concevoir la ville.

Un aéroport plus grand que nature

Règle générale, les aéroports sont des lieux de transit un brin désagréables et inconfortables. Singapour a fait de l’aéroport Changi une véritable destination en mandatant l’architecte montréalais Moshe Safdie pour réinventer le cœur de cette infrastructure qui accueille 65 millions de visiteurs chaque année. Le créateur derrière Habitat 67 a ainsi imaginé le Jewel, un vaste dôme abritant des jardins intérieurs, un hôtel et une chute de 40 mètres de hauteur, laquelle agit comme système de climatisation de cet espace unique.

Oasis urbaine

Faisant partie intégrante de la stratégie des autorités pour reverdir Singapour, Gardens by the Bay capte l’essence de la ville et reflète ses ambitions. Inauguré en 2012 au coût d’un milliard de dollars, cet espace vert de 101 hectares abrite plus de 1,5 million de végétaux. On peut aussi visiter neuf écosystèmes différents sous une serre d’une superficie équivalente à 75 piscines olympiques. Chaque soir, des arbres géants et futuristes s’illuminent le temps d’un spectacle son et lumière.

Faire le pont entre la jungle et la ville

La fibre innovante de Singapour se manifeste même du côté de ses espaces verts. On s’offrira une balade santé sur Southern Ridges, un parcours de 10 kilomètres qui relie différents parcs du sud de l’île. Le sentier, relativement facile, mène vers Henderson Waves. Comme son nom l’indique, ce pont piétonnier à l’architecture audacieuse reproduit l’ondulation d’une vague sur 274 mètres, permettant au randonneur de marcher au-dessus de la canopée tropicale. C’est l’endroit idéal pour se ressourcer et admirer la nature ambiante.

Un parc dans le ciel

À Singapour, rien n’arrête l’inventivité des architectes pour pallier le manque d’espace. Pour s’en convaincre, on montera dans l’ascenseur du complexe Marina Bay Sands jusqu’au Skypark, une terrasse située à 200 mètres d’altitude qui surmonte un luxueux hôtel composé de trois tours de 55 étages — le tout imaginé une fois de plus par Moshe Safdie. Là-haut, on trouve un poste d’observation, un restaurant, des bars et une longue piscine donnant l’impression de se baigner au-dessus du vide (à noter que l’accès à cette dernière est réservé aux clients de l’hôtel).

Repenser la tour de bureaux

Qui a dit que les gratte-ciel devaient tous se ressembler  ? CapitaGreen, un immeuble de 40 étages installé dans le quartier des affaires, se veut la réponse aux défis environnementaux auxquels les villes sont confrontées. Les vents dominants sont captés par des piliers installés sur le toit, puis redistribués à chaque étage sous forme d’air frais, et des murs de verre double réduisent de 26 % la chaleur extérieure tout en laissant traverser la lumière naturelle. Deux restaurants, l’Artemis et le Grain Trader, permettent d’accéder au toit transformé en forêt.

Dormir la conscience tranquille

L’une des forces de Singapour est que l’on peut désormais dormir entouré d’une végétation luxuriante tout en étant au cœur de l’action. Bienvenue à l’Oasia, un hôtel de 27 étages présenté comme le nouveau standard en matière de construction écoresponsable. Le prestigieux cabinet d’architecture WOHA a conçu une tour circulaire découpée en strates, chacune possédant son jardin tropical et ses espaces publics. La végétation domine par ailleurs l’enveloppe de l’édifice afin de favoriser le retour de la biodiversité dans le quartier.

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