Après la vie

La mort autour du globe

Célébrations fastes, lavage du corps, veillée de plusieurs jours, la relation avec les défunts est souvent beaucoup plus intimiste ailleurs sur la planète qu’en Amérique du Nord. Regard sur des rituels funéraires dans cinq endroits du monde.

Crémation et hymne sacré

Dans la culture hindoue, la crémation a généralement lieu près d’une rivière. « Selon la tradition, le feu sera allumé par le fils aîné du mort, dit Arvind Sharma. Mais de nos jours, les filles le font aussi, s’il n’y a pas de fils. » Un hymne sacré est récité durant la crémation. « C’est une prière pour guider l’âme vers sa destinée. » Les cendres récoltées sont immergées dans l’eau par un proche. Ensuite, la famille immédiate du défunt ne cuisine rien pendant des jours. « La famille élargie et les amis envoient de la nourriture, et le 13e jour après la mort, les proches nourrissent les gens pour commémorer le mort. C’est un événement très sobre. »

Veiller le mort

Pendant neuf jours, période dont l’âme aurait besoin pour aller ailleurs, les proches veillent le mort dans sa maison. « On mange, on boit, on danse, on joue aux dominos et aux cartes, spécialement dans les villages à la campagne, explique Marjorie Villefranche. On essaie aussi de préparer des repas qui plaisaient au défunt. » Une soirée est organisée pour mettre fin à la neuvaine. « La veillée a une tournure spirituello-mystico-culturelle, peu importe la religion », note Roxane Ledan. Lors des funérailles, un dernier hommage est rendu. « On danse ou on joue la musique qu’il aimait, précise Guerda Amazan. Selon la situation socio-économique de la personne, il peut y avoir une fanfare, un rituel vaudou ou non. »

La Catrina

Personnage populaire de la culture mexicaine, la poupée squelettique vêtue de riches habits évoque la fête des Morts, célébrée le 2 novembre. « C’est une journée servant à se rappeler les personnes mortes, explique Yadira Arregoitia. On leur offre des fleurs et de la nourriture. On apporte de la tequila et on célèbre la vie et la mort. » Peu après la mort de quelqu’un, certains Mexicains marchent avec des chandelles à travers la ville et terminent leur trajet dans la maison de la famille du défunt, devant un autel chargé de fleurs et de photos. « Si le décès survient près de la fête des Morts, les photos seront celles de la personne qui vient de mourir et des proches décédés dans le passé. »

La préparation du corps

Chez les sunnites de Beyrouth, le corps est lavé par une personne extérieure à la famille. « À l’hôpital, le cadavre est enroulé dans un tissu blanc, avec un ruban à la tête et aux pieds, pendant qu’une prière musulmane est récitée, souligne Moe Hamandi. Puis, le cercueil est apporté à la mosquée, où seuls les hommes sont présents. » Ensuite, le mort est mené au cimetière. « Le corps est alors déposé dans le sol, les rubans sont retirés et un verset du Coran [la sourate de Ya-Sin] est lu. La tête doit être en direction de la mosquée et le corps sera couvert de sable. Cinq jours plus tard, une pierre tombale est installée. »

Une dernière visite

En Moldavie, le corps est lavé à la maison par quatre parents et habillé dans de nouveaux vêtements. « Si la personne n’était pas mariée, on l’habille en robe pour les filles et en smoking pour les hommes », précise Xavier Labonté, Roumain d’origine. Pendant trois nuits, le défunt reste dans la plus belle chambre de la maison qui sera non chauffée. « Les gens qui l’ont connu viennent alors lui rendre un dernier hommage. Les maîtres de la maison servent du vin à tous les invités pour l’âme du mort. » Trois jours après la mort, un prêtre récite une prière avant que le corps sorte de la maison, les pieds d’abord, avec la famille derrière lui.

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