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Des géants de l’auto s’associent à Transit

Transit, le développeur montréalais de la très populaire application mobile de transport en commun du même nom, a recruté de nouveaux actionnaires. Les constructeurs automobiles Renault, Nissan, Mitsubishi et Jaguar Land Rover sont derrière l’essentiel d’un nouvel investissement de 17,5 millions US annoncé hier.

Plus précisément, ce sont Alliance Ventures, bras d’investissement de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et InMotion Ventures, filiale équivalente de Jaguar Land Rover, qui fournissent la « grande majorité » des nouveaux capitaux, qui représentent environ 23 millions de dollars canadiens. Le reste provient d’investisseurs précédents de Transit.

L’information peut paraître surprenante, puisque Transit est une application née pour fournir de meilleures informations sur les horaires de transport en commun. Elle s’est depuis diversifiée pour intégrer d’autres modes de transport, notamment le covoiturage, l’autopartage et les vélos en libre-service, mais ses fondateurs n’ont jamais caché leur dédain pour la voiture individuelle.

« Tous les constructeurs automobiles se remettent en question, et la plupart ont compris que la vente de véhicules aux particuliers tire à sa fin. »

— Samuel Vermette, cofondateur et président de Transit

« Ils voient la mobilité se déplacer d’un modèle de propriété pour devenir un service. Chaque constructeur a sa propre vision de ce que ce sera dans 10 ans, mais ils placent tous des paris dans plusieurs compagnies. »

La Suisse du transport

Transit ne diffuse pas le nombre d’utilisateurs de son application, disponible dans 175 villes dans le monde, sinon pour dire qu’ils sont « des millions » chaque jour. C’est d’ailleurs ce qui aurait attiré ces nouveaux investisseurs. Née en 2012, l’application n’a toujours pas permis à ses fondateurs d’atteindre la rentabilité.

« Si Nissan, par exemple, voulait lancer un service de voitures autonomes, nous pourrions les aider à avoir de la visibilité au lancement, plaide M. Vermette. Ce qui nous a permis d’obtenir ce financement, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui nous utilisent six fois par jour. »

Dans une entrée de blogue annonçant cette ronde d’investissement, Transit explique qu’elle souhaite devenir « la Suisse de la mobilité », soit l’application neutre qui dirigera ses utilisateurs vers la meilleure solution pour se rendre du point A au point B, peu importe l’identité des différents opérateurs de transport impliqués.

Elle dit s’opposer ainsi à une tendance contraire, où des entreprises tentent de créer elles-mêmes un écosystème fermé. M. Vermette donne notamment l’exemple d’Uber qui, en plus des différentes déclinaisons de son service de taxi, a récemment acquis le système de vélos électriques partagés JUMP et lancé son propre réseau de trottinettes partagées.

Le modèle d’affaires de Transit mise sur la perception d’une ristourne lors de l’inscription et l’utilisation par ses utilisateurs des différents services qu’elle met en valeur. L’entreprise espère lancer « dans quelques semaines », en Ontario, une première intégration avec laquelle il sera possible de se procurer des billets de transport en commun par l’entremise de son application.

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