Chronique

Une Voix plus jolie, mais ralentie

Nouveau look rafraîchi, même Éric Lapointe au regard de braise, La voix 7 a décollé hier soir à TVA avec un coffre rempli de gadgets scintillants, qui n’ont pas nécessairement servi aux candidats de cette première ronde d’auditions à l’aveugle.

Visuellement, le populaire télé-crochet a rajeuni de plusieurs années avec son graphisme épuré, l’ajout de la fonction « blocage » (utilisée une seule fois), les scènes de coulisses repensées et l’animateur Charles Lafortune qui nous informe des moments forts à venir.

Par contre, certaines babioles ont ralenti la progression de l’émission. Comme quand Alex Nevsky a entonné sa pièce Les coloriés, alors qu’Éric Lapointe a pris les commandes d’une caméra. Cet intermède n’a strictement servi à rien, sinon qu’à dévier la trajectoire du concours télévisé.

Toute l’attention portée à la candidate Briana Victoria, 18 ans, de Gatineau, a été dérangeante. 

Son père qui débarque du Mexique, sa grand-mère qu’elle n’avait pas vue depuis 16 ans et Lara Fabian qui lui demande de refaire House of the Rising Sun, c’était beaucoup de fla-fla pour une participante inconnue du public. On sentait, hélas !, les gros efforts déployés par la production pour que Briana ravisse le cœur des téléspectateurs. C’était trop forcé.

Aucun autre chanteur n’a eu droit à ce traitement royal. Mory Hatem, 26 ans, a dû se contenter de parler avec son frère à Beyrouth avec un iPad mini.

Le coup de grâce de la bébelle a été asséné à la toute fin quand le vétéran Corey Hart, très nerveux, a passé une fausse audition à l’aveugle. Était-ce nécessaire ? Ç’aurait été extrêmement gênant si personne n’avait enfoncé le bouton rouge. Les quatre l’ont fait et TVA a rappelé à ses téléspectateurs – plogue, plogue – que Corey Hart se produirait au Centre Vidéotron de Québec le 6 juin. La date au Centre Bell de Montréal (le 15 juin) n’a jamais été mentionnée ni même montrée à l’écran.

Au total, seulement dix futures stars ont foulé la scène des studios Mel’s pendant les 2 h 20 min qu’a duré cet épisode. Dix prestations de 90 secondes en 2 h 20 min, c’est trop peu. Et sur les dix concurrents, sept ont été repêchés.

Dieu merci, les quatre coachs ont été sages dans leurs analyses des prestations. 

Nous avons eu droit à une voix « qui casse et répare en même temps », un « tank », des bottes qui prennent en feu et des cordes vocales en velours. Rien d’exagéré en comparaison avec les saisons précédentes.

Lara Fabian a été fort pertinente quand elle a enseigné à Émilie Durand-Grenier, 26 ans, comment attaquer les consonnes dans une chanson. Ce type d’intervention, on en prendrait davantage.

Très souvent, le champion ou la gagnante de La voix se cache dans le premier épisode, comme Yama Laurent à l’hiver 2018. A-t-on vu hier passer une future star des palmarès ? Je ne pense pas. Tony Crow, 20 ans, de Boisbriand, a hurlé sa vie. Jacob Guay, 19 ans, de Sainte-Julie, a fait bonne impression, mais rien pour crier au génie. Ce fut une soirée correcte, sans coup de cœur magistral.

En ouverture, les quatre coachs ont interprété avec fougue l’hymne de l’édition 2019 de La voix, soit La danse du smatte de Daniel Lavoie. C’était amusant de revoir les gagnants des anciens chapitres. Ils y étaient tous sauf Valérie Carpentier, la lauréate de 2013. Où se cachait-elle ? Aurait-il fallu appeler son alter ego Rosie à la rescousse ?

Ce remaniement de La voix a été chapeauté par l’ancien réalisateur d’En direct de l’univers, Jean-François Blais, que TVA a installé dans le poste de commande occupé pendant six ans par Stéphane Laporte. Les changements cosmétiques ont été bien visibles et la cadence a été diminuée pour greffer tous ces nouveaux accessoires.

Personnellement, je préfère voir une plus grande quantité d’auditions que d’assister à un cours de sifflage 101 entre Marc Dupré et Lara Fabian. De toute façon, la meilleure siffleuse au Québec, ça demeure Marjo, et personne ne va lui ravir ce titre convoité !

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