AIM investit 150 millions à Montréal-est

La Compagnie américaine de fer et métaux (AIM) investira 175 millions de dollars au Québec. Le gros de cette somme, soit 150 millions, ira à l’agrandissement de son immense complexe de récupération de métaux à Montréal-Est. Le durcissement des règles environnementales en Chine n’est pas étranger à cette décision. L’entreprise du milliardaire Herbert Black créera près de 300 emplois, principalement dans l’est de l’île.

Fondée en 1936 par le père de M. Black, AIM (American Iron & Metal) est en expansion malgré la concurrence féroce que lui livre la société Total Métal Récuperation (TMR), une guerre de la ferraille dont nous avons déjà traité dans nos écrans. À Laval, AIM et TMR exploitent côte à côte deux mégabroyeurs de métaux. Par le jeu de la concurrence, les deux protagonistes ont fait monter le prix de la ferraille, ce qui a mis leur marge bénéficiaire sous pression.

« Avec la concurrence de TMR, je perds peut-être de l’argent à Laval, mais j’en fais partout ailleurs et j’en fais dans mes autres divisions en démolition, en soudure, explique au téléphone le président d’AIM, qui a un broyeur de métal à Colton, en Californie, et à Fort Lauderdale, en Floride. C’est pour cette raison que je suis en mesure d’investir. »

Construction de deux bâtiments

À Montréal-Est, deux bâtiments seront construits dans le but d’améliorer le processus de récupération des métaux. Le premier logera de l’équipement servant à couper les gaines de plastique ou de caoutchouc des fils pour aller récupérer le cuivre et autres métaux non ferreux.

Auparavant, les fils électriques étaient envoyés en Chine où des employés faisaient le tri à la main. Avec le resserrement des règles environnementales dans l’empire du Milieu, ce genre d’exportation devenait à risque.

Le second bâtiment hébergera un système de classement des métaux en utilisant des liquides.

« Avec l’investissement, j’augmente la qualité des résidus de métal non ferreux. J’obtiens ainsi plus d’argent pour le métal. L’investissement devrait être rentable et va créer de l’emploi. »

— Herbert Black, propriétaire d’AIM

AIM cherche à pourvoir 125 emplois dès maintenant. Quand les investissements des prochains mois seront complétés, 85 postes additionnels seront créés dans la division de récupération des métaux et 70 emplois dans la division Kenny U-Pull, une enseigne qui se spécialise dans la vente au détail à bas prix de pièces d’autos en libre-service. Avec des revenus annuels de 1,4 milliard, AIM emploie actuellement 1700 personnes au Québec, 3000 dans le monde.

Des emplois et des taxes

Voilà de bien bonnes nouvelles pour la Ville de Montréal-Est, qui se remet tant bien que mal du départ de la raffinerie Shell en 2010. « AIM, c’est notre plus gros citoyen corporatif, explique le maire Robert Coutu dans un entretien. M. Black est en mode croissance. Il acquiert des terrains. Ç’a été long. Il a patienté. C’est correct. On a un investissement, des emplois et des taxes supplémentaires. On est bien contents. »

Le processus a été plus long que prévu parce qu’en parallèle aux démarches menant à l’obtention des autorisations avec la Ville, AIM a vu l’agglomération de Montréal mettre en marche son plan d’action pour l’agrandissement du parc-nature du Bois-d’Anjou, qui n’est pas encore aménagé.

Or, une partie du terrain d’AIM est visée par le règlement 72 modifié concernant les parcs régionaux. Les parties concernées – l’agglomération de Montréal, Montréal-Est et AIM – se sont donc entendues sur un échange de terrains qui permet l’agrandissement d’AIM et le déplacement de l’emprise du boulevard Bourget, tout en laissant disponible la partie la plus intéressante de la propriété d’AIM pour un agrandissement éventuel du parc-nature.

Nombreux investissements

Par ailleurs, AIM déboursera 85 millions pour acquérir 800 wagons de train, rendus nécessaires pour alimenter son usine. D’autres investissements sont prévus sur le site de Montréal-Est. Un immeuble sera bâti sur la propriété lavalloise d’AIM. Deux ou trois nouveaux Kenny U-Pull ouvriront au Québec. Deux parcs à ferraille s’ajouteront en Abitibi-Témiscamingue, l’un à Rouyn-Noranda, l’autre à Val-d’Or.

Des investissements de 93,5 millions se feront aussi à Hamilton, en Ontario, où le complexe d’AIM, dirigé par Ron Black, frère de Herb Black, dessert des moulins sidérurgiques autour des Grands Lacs. Il est notamment question d’installer un mégabroyeur de métal comme on en trouve un à Laval.

— Avec William Leclerc, La Presse

Liste des principaux investissements d’AIM au Québec en 2018-2019

32 millions pour le processus de récupération des métaux dans les fils (chopping line)

17 millions pour le processus de séparation des métaux dans l’eau (media plant)

85 millions pour l’achat de 800 wagons de train

De 19,5 à 23,5 millions pour l’ouverture de deux ou trois nouveaux Kenny U-Pull au Québec, un à Ottawa et l’agrandissement du site de Montréal-Est

7,7 millions pour la construction d’un immeuble à Laval pour la division démolition Delsan

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