France

Paris en SIX pâtisseries

Longtemps à l’ombre des grands cuisiniers, les chefs pâtissiers ont pris depuis les années 90 une flamboyante revanche, alliant technicité d’orfèvre et inventivité d’artiste. Le temps d’une balade parisienne, découvrons quelques-unes des délicieuses adresses où bonheur rime avec douceur… pour toute la famille.

Les classiques

Les babas de Stohrer

Fondée en 1730 par Nicolas Stohrer, pâtissier du roi Louis XV, la maison Stohrer demeure une institution située dans le quartier des Halles. Tout y est spectaculaire : du décor grand siècle à la légende du baba au rhum, gâteau emblématique du lieu. Écoutez plutôt : au XVIIIe siècle, le roi Stanislas de Pologne, trouvant un gâteau trop sec, l’arrosa de vin doux de Malaga, inspiré, pense-t-on, des Mille et une nuits. L’apprenant, Nicolas Stohrer remplaça le vin par du rhum antillais, boisson de pirates nouvellement servie à la cour. Joli conte pour une recette moelleuse sur laquelle veille Jeffrey Gagnes, qui dirige aujourd’hui les cuisines. Autres incontournables : le puits d’amour et la galette des Rois… sans oublier le traiteur.

51, rue Montorgueil, 2e arrondissement, Paris

La délicatesse feutrée d’Angelina

Aller à Paris sans prendre le thé chez Angelina, face au jardin des Tuileries, c’est possible, mais c’est dommage… Fondé en 1903 par le confiseur autrichien Antoine Rumpelmayer, ce célèbre salon de thé cultive le secret des après-midi gourmands appréciés par Proust ou Chanel. Le décor Belle-Époque offre un écrin miroitant à la collection de pâtisseries fines créées chaque saison par le chef pâtissier Sébastien Bauer, sans détrôner les incontournables du lieu : le chocolat chaud aux trois cacaos d’Afrique et le mythique mont-blanc, dont le dôme de crème de marrons et de chantilly vaporeuse soutient depuis plus d’un siècle la réputation de la maison.

226, rue de Rivoli, 1er arrondissement, Paris

Ladurée, et le macaron fut !

Quoi de plus à la mode que le macaron ? Son histoire, pourtant, est indissociable du nom Ladurée. En 1871, la femme de Louis Ernest Ladurée transforme sa boulangerie située rue Royale en un salon de thé où les femmes pourraient venir seules, autour d’un petit gâteau, le macaron. Autour de cette invention géniale du petit cousin de M. Ladurée, la créativité des chefs pâtissiers du monde entier s’exerce depuis lors. Depuis 1997, à Paris et dans des dizaines de villes étrangères, Ladurée possède d’innombrables adresses. Mais l’esprit de l’ange pâtissier qui domine le plafond du salon de thé originel, avec sa couleur verte si unique qu’on l’appelle le vert Ladurée, continue de souffler sur la rue Royale.

16, rue Royale, 8e arrondissement, Paris

Les novateurs

La Pâtisserie des rêves… d’enfants

Le célèbre chef Philippe Conticini a ouvert en 2009 cette pâtisserie où la présentation est théâtralisée et où les saveurs poursuivent nos souvenirs d’enfance en les démultipliant. Réactualisés, les classiques brioche, tarte au citron meringuée, mille-feuille, éclair et religieuse se mutent aussitôt en souvenirs. Quant au paris-brest, il réinvente le mot plaisir.

93, rue du Bac, 7e arrondissement, Paris

Infiniment Hermé

Oh là là, il en a créé, des gâteaux inoubliables, le grand chef pâtissier et chocolatier Pierre Hermé ! Héritier de quatre générations de boulangers pâtissiers alsaciens, ayant commencé sa carrière auprès du mythique Gaston Lenôtre, il a depuis réinventé le macaron, sublimé la rose d’Ispahan, créé la série des Infiniment (vanille, citron, mandarine, etc.), redéfini le goût du chocolat, et fondé beaucoup de boutiques dans le monde. Voici sa première adresse parisienne, à Saint-Germain.

72, rue Bonaparte, 6e arrondissement, Paris

La folie sucrée de Cédric Grolet

Il est dingue ! Meilleur chef pâtissier de restaurant du monde en 2017, Cédric Grolet a fait tourner les têtes, pourtant déjà habituées aux pâtissiers de génie, avec ses fruits fourrés et recréés, son gâteau Rubik’s, son fabuleux saint-honoré haute couture, ses tartes ultragoûteuses et tous les desserts que sa brigade et lui servent à la table et au salon de thé de l’hôtel Meurice. Depuis qu’il a ouvert sa pâtisserie, les files d’attente s’allongent, oui, mais quand on aime, on ne compte pas.

6, rue de Castiglione, 1er arrondissement, Paris

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