LARRY TREMBLAY

DANY BOUDREAULTCOMÉDIEN

On verra Dany Boudreault dans l’adaptation scénique du Déclin de l’empire américain au printemps. Il était aussi de la reprise de The Dragonfly of Chicoutimi de Larry Tremblay en 2010.

« Quand on joue Larry, c’est porter un uniforme d’un autre pays qui nous donne un autre corps et une autre voix. Ses textes possèdent plusieurs couches. C’est jouissif pour un acteur. Ses textes possèdent une grande intelligence des mots et du monde d’aujourd’hui. Ils arrivent à créer un pont entre l’inconscient et l’universel. C’est ludique aussi. Il y a énormément d’humour dans les textes de Larry parce qu’il crée de la friction entre les différents niveaux de réalité. On rit et on ne sait pas pourquoi. Parce que c’est insolite, étrange. C’est à mon avis ce qui fait que Claude Poissant et Larry Tremblay se sont rencontrés et influencés l’un l’autre dans leur pratique. Larry est un grand conteur aussi, comme on peut le voir dans L’orangeraie. »

— Propos recueillis par Mario Cloutier, La Presse

ALICÉ DÉONÉDITRICE

Alice Déon dirige la maison d’édition française La Table Ronde depuis 2007. C’est elle qui a publié en France le roman L’orangeraie, l’an dernier.

« Des écrits de Larry, je connais à vrai dire surtout L’orangeraie, qui m’a frappée par sa clarté et l’impartialité avec laquelle il a réussi à traiter d’un sujet très sensible. Une efficacité sans doute amenée par l’expérience de l’écriture théâtrale de Larry. Rien n’y est gratuit, les effets de surprise sont placés juste où il faut, et on s’attache évidemment aux personnages, mais toujours avec cette légère distance qu’il y a au théâtre entre la scène et les spectateurs. Distance qui empêche d’“être” totalement ces personnages ou alors de les “être”, mais tous à la fois. C’est réussi de manière exemplaire dans L’orangeraie. »

ANTOINE TANGUAYÉDITEUR

Le roman L’impureté et le récit La hache de Larry Tremblay viennent de paraître chez Alto. Le directeur de la maison, Antoine Tanguay, a aussi publié du même auteur : L’orangeraie et Le Christ obèse.

« Dans sa carrière, il a démontré une grande polyvalence. Il est imprévisible dans le bon sens du terme. On ne sait jamais là où il nous emmène, mais, et là est sa force, on sait qu’on est toujours chez lui. On est à la limite du malaise, souvent. Il vient chercher cette petite chose qui résonne et qu’il expose avec une habileté égale, que ce soit au théâtre ou dans un roman. Sa curiosité d’esprit, sa vivacité et la justesse de son regard en font un écrivain précieux. Il est capable de se placer dans une position idéale pour la réflexion, la narration, tout en laissant au lecteur ou au spectateur le soin de tirer ses propres leçons de ses textes. Ça dénote une grande maturité. Larry, c’est l’homme aux voix multiples. »

CLAUDE POISSANTMETTEUR EN SCÈNE

« C’est l’auteur que j’ai le plus mis en scène, six fois, en fait. Quand on m’a approché pour faire un collage de ses textes à Limoges en 1995, avec notamment Le déclic du destin, j’ai découvert un homme qui savait bien écrire, qui avait une réflexion sur mon métier et pour qui la transmission est toujours un échange. Toute son œuvre est vue depuis l’œil candide d’un enfant, mais aussi depuis celui, désillusionné, de l’homme. Il navigue entre la désillusion et la joie infinie. L’œuvre est profonde, mais non lourde, parfois légère. Il se permet d’aller dans des zones immenses de manière marginale. Il va faire un discours sur l’Amérique boulimique dans Abraham Lincoln va au théâtre dans une veine philosophique et clownesque ou encore sur le Québec de Dragonfly avec tous ses travers. Il sait s’amuser de tout sans cynisme ni mépris. Il y a une citation de lui qui m’a toujours accompagné : “La joie n’est pas un débordement, c’est la plénitude de l’être.” »

RAÚL URIBE METTEUR EN SCÈNE MEXICAIN

« J’ai connu la pièce de Larry Le ventriloque grâce à la traduction qu’en a faite Boris Schoemann au Mexique. J’ai eu l’idée de la reprendre, mais dans un monologue. La pièce me plaît parce qu’elle est comme une boîte chinoise, une œuvre dans une œuvre. Le spectateur ne sait jamais dans quel niveau de réalité il se situe, contrairement à la dramaturgie traditionnelle. Ça me rappelle Macbeth – “la vie est un conte raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur qui ne veut rien dire”. C’est ma première adaptation de Larry Tremblay. Le jour de la première, il a pris la peine de m’écrire un message de bonne chance. C’est peu commun chez les auteurs célèbres. Son humilité et son affection sont dignes de mention. »

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