Crime organisé

Pénurie de cocaïne à Montréal

La cocaïne se ferait rare dans la grande région de Montréal ces jours-ci, a appris La Presse de diverses sources.

À tel point que le prix du kilogramme de cocaïne non encore traité par les trafiquants, qui était de 42 000 $ il y a quelques mois, se situerait actuellement à près de 55 000 $, une hausse de plus de 20 %. Le quart de gramme de cocaïne se vendrait toutefois toujours 20 $ dans la rue, ce qui laisse croire que la drogue est davantage « coupée » ces temps-ci comparativement aux périodes où l’offre et la demande sont plus stables.

Selon certaines informations, la pénurie et la hausse des prix s’expliqueraient par le fait que les Hells Angels, qui contrôlent une très grande partie du marché au Québec, ralentissent délibérément la distribution de kilogrammes de cocaïne pour faire augmenter les prix, et ainsi augmenter leurs profits.

Mais selon une source policière, cette pénurie et cette hausse des coûts seraient principalement attribuables au démantèlement, en avril dernier, de plusieurs réseaux de trafic de cocaïne et de méthamphétamine liés aux motards, et à l’arrestation de 70 individus, dont des membres des Hells Angels, dans le cadre de l’enquête Objection menée par l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO), chapeautée par la Sûreté du Québec.

« La police a fait très mal aux Hells Angels. C’étaient parmi leurs réseaux les plus importants et la police les a démantelés de la tête jusqu’aux distributeurs. Les motards doivent donc complètement refaire leurs structures, ce qui prend un certain temps. Dans les semaines suivant Objection, les trafiquants ont écoulé des quantités qui leur restaient, mais ils en ont peut-être moins aujourd’hui », a confié une source policière qui a requis l’anonymat.

PEUT-ÊTRE 2000 KG DE MOINS

Il faut souligner également que d’importantes quantités de cocaïne qui devaient vraisemblablement arriver au Québec ont été saisies ces derniers mois.

En juillet dernier, deux Québécois à bord d’un voilier transportant plus de 1500 kg de cocaïne, évalués à plus de 100 millions, ont été arraisonnés par la marine française au large de l’île Saint-Martin, dans les Antilles. Escortés par les autorités, les contrebandiers ont mis le feu à leur bateau – dont le port d’attache est à Gaspé – , visiblement dans le but de faire disparaître les preuves, mais les marins sont parvenus à éteindre l’incendie, à récupérer la drogue et à arrêter les suspects, qui seront jugés par la justice française.

En décembre dernier, un autre voilier transportant 750 kg de cocaïne valant 37 millions a été intercepté au large de l’État du Maine. Un Québécois a été arrêté et les autorités croient que la drogue était également destinée au Québec.

C’est sans compter d’autres saisies moins importantes menées ces derniers mois et le travail incessant des différents corps de police contre les trafiquants de cocaïne.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

Prédateur sexuel

Laramée de retour en maison de transition

Parce qu’il a fait des « progrès limités » et qu’il reste des « progrès importants à faire pour réduire les risques de récidive de délits violents qui demeurent élevés », la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) renvoie le prédateur sexuel Robert Laramée en maison de transition pour la troisième année de suite.

Outre ses antécédents de violence sexuelle, le nom de Laramée a été évoqué dans l’enquête sur le meurtre de Jolène Riendeau, 10 ans, disparue à Montréal en 1999 et dont les restes ont été retrouvés 12 ans plus tard sous un pont d’étagement menant à l’île des Sœurs. La rumeur sur l’implication de Laramée courait déjà depuis un certain temps lorsque la mère de la fillette, Dolorès Soucy, a asséné un coup de poing derrière la tête de l’accusé, en plein corridor au palais de justice de Montréal, en juin 2012. Robert Laramée n’a toutefois jamais été accusé du meurtre de la fillette.

Laramée, 55 ans, a été condamné à trois ans de pénitencier pour avoir violemment agressé deux anciennes conjointes vulnérables. Il a ensuite été déclaré délinquant sexuel à contrôler et soumis à une ordonnance de surveillance de longue durée – d’une période de dix ans – qui permet à la CLCC de lui imposer des conditions spéciales jusqu’à la fin de cette période.

Laramée a obtenu sa libération conditionnelle en 2016, mais il demeure en maison de transition depuis. L’assignation à résidence est réévaluée tous les ans et cela fait trois fois qu’elle est renouvelée. D’ailleurs, Laramée lui-même dit « être anxieux à l’idée de voir l’assignation à résidence prendre fin », peut-on lire dans la décision de la CLCC.

Sadisme sexuel

Selon le document de sept pages rédigé lundi dernier, l’équipe de gestion de cas de Laramée estime « élevé » le risque de récidive et de violence sexuelle. La décision évoque également des évaluations qui relèvent la présence de sadisme sexuel dans son cas.

La décision révèle que le comportement de Laramée a été problématique à plusieurs égards depuis sa libération conditionnelle en septembre 2016. Dès sa sortie, il a commencé à harceler son agente de libération, en l’attendant le matin et en l’appelant de cinq à huit fois par jour. Au point que sa libération conditionnelle a été suspendue trois mois à peine après sa sortie. Par la suite, Laramée a été obligé de déclarer toutes ses relations, avec femmes ou hommes, et de se soumettre à une évaluation psychiatrique. Il s’est ensuite trouvé un emploi qu’il a perdu après dix jours.

En juillet 2017, il a fait face à une nouvelle suspension en raison d’un comportement harcelant, puis à une autre en février 2018, en raison d’une dispute qu’il a eue avec un co chambreur au sujet d’un vol d’une somme de 7 $.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

JUSTICE

Un an de prison pour un pédophile

Un Montréalais de 58 ans qui a appâté deux fillettes de 9 et 10 ans avec des bonbons dans une intention sexuelle a reçu hier une peine de détention d’un an à la suite d’une suggestion commune des parties. Gerardo Segovia avait plaidé coupable en mars dernier à deux chefs d’accusation de contacts sexuels et de séquestration. Le 22 mai 2017, il a abordé deux enfants près d’un dépanneur de Montréal-Nord en leur offrant 7 $ pour s’acheter des bonbons. Il les a ensuite tirés jusqu’à son appartement et a verrouillé la porte. Il a touché les seins de l’enfant de 10 ans par-dessus ses vêtements, puis les fillettes ont réussi à s’enfuir. Gerardo Segovia sera inscrit au Registre national des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.

— Louis-Samuel Perron, La Presse

IRAK

La mission canadienne pourrait être prolongée

L’armée canadienne élabore divers scénarios pour prolonger sa mission en Irak, alors que l’instabilité politique croissante menace de plonger ce pays dans un nouveau cycle de violences sanglantes. La mission actuelle implique des centaines de soldats des Forces spéciales, des avions de transport et de ravitaillement, un hôpital militaire et des experts dans la lutte contre les engins explosifs. L’opération Impact vient d’entamer sa cinquième année, et elle devrait expirer à la fin du mois de mars. Pourtant, le brigadier-général Colin Keiver, commandant de la Force opérationnelle interarmées en Irak, s’attend à ce que le gouvernement de Bagdad continue, dans un avenir prévisible, à dépendre du Canada et d’autres partenaires internationaux. C’est pourquoi l’état-major canadien élabore des propositions qui seront soumises au cabinet cet automne, a indiqué le brigadier-général Keiver, hier, au cours d’une téléconférence avec les médias.

— La Presse canadienne

ONTARIO

Chrétien condamne l’utilisation de la clause nonobstant par Ford

Trois anciens éminents politiciens, qui ont négocié l’inclusion de la disposition de dérogation dans la Charte des droits et libertés, condamnent la décision du gouvernement de l’Ontario de recourir à cette disposition pour faire adopter une loi jugée inconstitutionnelle par les tribunaux. L’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien, l’ancien premier ministre de la Saskatchewan Roy Romanow et l’ancien procureur général de l’Ontario Roy McMurtry ont publié, hier, une déclaration commune dans laquelle ils affirment que cette disposition ne doit pas être appliquée de cette manière. Selon eux, « la clause a été conçue pour être invoquée par les législatures dans des situations exceptionnelles et uniquement en dernier recours après un examen approfondi ». Les trois ex-politiciens ont exhorté les élus progressistes-conservateurs de l’Ontario à s’opposer au premier ministre Doug Ford. Ce dernier a annoncé lundi qu’il invoquerait la disposition de dérogation pour passer outre la décision d’un juge concernant sa volonté de réduire la taille du conseil municipal de Toronto.

— La Presse canadienne

Affaire d’agression sexuelle

Un nouveau procès militaire est ordonné

Un nouveau procès est ordonné pour un membre des Forces armées acquitté l’an dernier d’une accusation d’agression sexuelle sur une collègue alors qu’ils étaient déployés en Jamaïque en 2015. Un juge militaire a reconnu Simon Cadieux non coupable au terme d’un procès en cour martiale en 2017. Le caporal Cadieux et son unité des forces spéciales avaient organisé un barbecue pour souligner la fin d’un exercice d’entraînement. Selon des témoignages, Simon Cadieux, ivre, serait entré dans une tente réservée aux femmes après la fête. Il aurait réveillé une membre des forces et les deux se seraient embrassés avant que la femme ne réalise qu’il n’était pas celui qu’elle croyait. Le juge militaire et lieutenant-colonel Louis-Vincent d’Auteuil a acquitté Simon Cadieux après avoir conclu que le caporal n’était pas entré dans la tente avec l’intention d’embrasser quelqu’un ou de se livrer à une activité sexuelle.

— La Presse canadienne

Aide étrangère

L’OCDE estime que le Canada doit dépenser davantage

Un important rapport international conclut que l’accent mis par le gouvernement Trudeau sur le « retour » du Canada sur la scène mondiale doit être accompagné d’une augmentation des dépenses en aide étrangère. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), établie à Paris, est arrivée à cette conclusion dans un rapport publié hier par son Comité d’aide au développement (CAD). Le rapport fait partie de l’examen quinquennal rotatif de l’OCDE sur les pays membres et ses conclusions jettent de l’ombre sur les efforts du gouvernement pour obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations Unies dans les années à venir. Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland sont tous deux attendus à la session de l’Assemblée générale de l’ONU qui aura lieu plus tard ce mois-ci, où ils poursuivront la campagne pour obtenir pour deux ans le siège temporaire, à compter de 2021. — La Presse canadienne

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