FORUM FINTECH

Survol d’un univers en mutation

Le secteur financier n’échappe pas aux progrès technologiques qui changent les manières d’accéder aux produits et services offerts et de les utiliser. Les entreprises émergentes en technologies liées à la finance suscitent beaucoup d’intérêt, notamment de la part des grandes institutions financières. Les nouvelles solutions proposées par ces start-up peuvent être perçues comme une menace pour leur modèle d’affaires, mais peuvent aussi représenter des occasions intéressantes pour les institutions qui sauront les intégrer efficacement. Survol.

La métropole compterait une cinquantaine d’entreprises fintechs. Selon les définitions, le groupe CGI – actif dans les services en technologies de l’information et en gestion des processus d’affaires – peut être inclus dans l’appellation généralement utilisée pour faire référence à des jeunes pousses comme Thinking Capital, Mobeewave, etc.

« Mon rêve le plus fou pour le secteur financier est qu’un jour on parvienne à éliminer l’impensable, c’est-à-dire le noir et tous les trafics qui y sont reliés. Ça passe par la suppression de moyens de paiement archaïques comme le cash. Tous les paiements devraient pouvoir se faire de manière simple, électroniquement et, surtout, en laissant des traces. »

— Dominique Fagnoule, premier v.-p. technologies de l’information à la Banque Nationale

 20 %

Au cours des quatre prochaines années, plus de 20 % du volume d’affaires réalisé par l’industrie des services financiers sera menacé par les fintechs, selon une étude publiée un peu plus tôt cette année par PricewaterhouseCoopers.

 

150 milliards

Toujours selon PricewaterhouseCoopers, le financement accordé à des entreprises fintechs en démarrage a plus que doublé l’an passé à 12,2 milliards US. On estime même que d’ici trois à cinq ans, les investissements cumulatifs en fintechs dans le monde pourraient dépasser 150 milliards US.

 

« Notre rêve est de trouver une entreprise avec laquelle créer un grand partenariat pour combiner le savoir-faire considérable en finance chez PSP avec l’énergie et l’approche entrepreneuriale d’une start-up pour créer de meilleures décisions d’investissement à travers des techniques d’intelligence artificielle. »

— Alain Deschênes, premier v.-p. et chef des opérations chez Investissements PSP

 

Le blockchain

Difficile de parler de fintech sans parler du blockchain. Cette technologie est perçue comme une innovation perturbatrice qui a le potentiel de changer profondément la façon dont fonctionne l’industrie mondiale des services financiers. Des transferts monétaires aux transactions de titres en passant par la signature de contrats juridiques, les applications possibles sont multiples. Le blockchain propose de garder la trace des échanges dans un registre virtuel. C’est le système informatique composé de blocs notamment derrière le Bitcoin, cette monnaie « alternative ». Le système s’appuie sur un système décentralisé et distribué de vérification des échanges, ce qui pourrait rendre obsolètes les systèmes actuels basés sur des contreparties centrales. À Montréal, l’entreprise Blockstream travaille de façon discrète sur cette technologie.

L’internet des objets

Les fintechs poussent les banques à s’ajuster à une nouvelle forme de concurrence. Mais les assureurs aussi sont aux aguets. Grâce à des capteurs électroniques installés dans les objets, des quantités massives de données peuvent être transmises aux compagnies d’assurances. L’intelligence artificielle et la capacité des machines à apprendre permettent de traiter ces données de façon inédite, ce qui transforme la façon dont le secteur de l’assurance gère ses risques qui sont désormais individualisés et non plus mutualisés.

 

Les fintechs et la Banque Nationale

En s’entendant pour racheter cette année pour 300 millions US d’actifs appartenant au prêteur « alternatif » Lending Club, la Banque Nationale a ainsi posé un geste lui permettant de se familiariser un peu plus avec les fintechs. Le PDG Louis Vachon avait indiqué à La Presse au printemps qu’il s’agissait de la plus importante transaction jamais réalisée entre une banque canadienne et une fintech. Les actifs achetés auprès de Lending Club sont essentiellement des prêts personnels accordés de façon très rapide à la très petite entreprise, par l’internet, et à des taux relativement élevés.

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