Chine

Des experts appellent à la libération de Michael Kovrig

Quinze spécialistes chevronnés de la politique étrangère ont appelé hier à la libération d’un Canadien détenu en Chine, qui aurait été arrêté vraisemblablement en guise de représailles à l’arrestation d’une dirigeante du géant chinois de la technologie Huawei. Les experts et dirigeants de groupes de réflexion américains ont diffusé une déclaration commune, dans laquelle ils expriment leur inquiétude face à l’arrestation de Michael Kovrig, un spécialiste de l’Asie qui travaille au sein du groupe de réflexion International Crisis Group. Les signataires rappellent que les groupes de recherche indépendants sont importants pour atténuer les conflits alors que les tensions s’enflamment entre la Chine et l’Occident. Selon eux, l’arrestation de M. Kovrig a eu un «  effet de refroidissement  » sur tous ceux qui veulent améliorer les relations entre les États-Unis et la Chine. Celle-ci a arrêté Michael Kovrig et un autre Canadien, Michael Spavor, le 10 décembre, apparemment pour faire pression sur le Canada afin qu’il libère la dirigeante Meng Wanzhou. — Associated Press

réseau 5g de Huawei

Les États-Unis menacent l’Allemagne

Les États-Unis ont averti l’Allemagne qu’ils pourraient cesser de partager des informations sensibles avec leurs alliés si ces derniers laissaient des entreprises « peu dignes de confiance » fournir les équipements du réseau cellulaire 5G. Selon des informations publiées hier par le Wall Street Journal, l’ambassadeur des États-Unis à Berlin, Richard Grenell, a envoyé une lettre en ce sens au ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, dans laquelle il cible directement le géant chinois des technologies Huawei. Washington tente depuis plusieurs mois de dissuader ses alliés de confier à l’entreprise le mandat d’installer la prochaine génération de réseau cellulaire, en affirmant que cela faciliterait la tâche au gouvernement chinois pour faire de l’espionnage électronique. — La Presse

États-Unis

1,5 tonne

Quelque 1,45 tonne de cocaïne a été saisie par les autorités dans le port de New York, du jamais vu depuis 25 ans, ont annoncé hier les autorités américaines, pour qui c'est le signe d'un retour en vogue de la poudre blanche. La marchandise, d'une valeur au détail estimée à 77 millions de dollars, a été découverte, le 28 février, sous la forme de 60 colis rangés dans un conteneur dans le port de New York/Newark, le principal terminal de la région. Selon les éléments de l'enquête, les trafiquants ont forcé le conteneur et placé la drogue dans une cargaison autorisée, acheminée à partir du port colombien de Buenaventura, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Aucune interpellation n'a eu lieu depuis la saisie, a indiqué l'agence américaine de lutte contre la drogue. — Agence France-Presse

Yémen

12 enfants et 10 femmes tués dans des bombardements

Douze enfants et dix femmes ont été tués au cours des deux derniers jours au Yémen dans des bombardements qui ont touché des habitations de civils dans la province de Hajjah, au nord-ouest de la capitale Sanaa, a annoncé hier l’ONU dans un communiqué. En outre, ces frappes sur le district de Kouchar ont fait une trentaine de blessés, dont 14 enfants âgés de 1 an à 18 ans. Certains ont été transférés vers des hôpitaux de Sanaa. Le bureau des Nations unies responsable des Affaires humanitaires ne précise pas l’auteur de ces bombardements, mais les rebelles houthis ont accusé dans leurs médias la coalition militaire emmenée par l’Arabie saoudite qui intervient dans la guerre au Yémen en soutien aux forces progouvernementales. Certaines zones de la province de Hajjah sont sous le contrôle des forces gouvernementales yéménites, tandis que d’autres, comme le district de Kouchar, sont aux mains des rebelles.

— Agence France-Presse

Assassinats au Musée juif de Bruxelles

La prison à vie pour Mehdi Nemmouche

« Lâche », « dangereux » et sans la moindre « compassion » : Mehdi Nemmouche a été condamné hier aux assises de Bruxelles à la réclusion à perpétuité pour les quatre « assassinats terroristes » commis en 2014 au musée juif de la capitale belge. Ce verdict, uniquement susceptible d’un pourvoi en cassation sous 15 jours, prononcé après huit heures de délibérations, est conforme aux réquisitions de l’avocat général, Yves Moreau, qui avait dénoncé le caractère « psychopathe » du djihadiste français lors de son réquisitoire. Dans ses motivations, la cour d’assises a souligné l’« absence absolue de regrets vis-à-vis des victimes dont il n’a jamais parlé et dont il n’a pas hésité à salir la mémoire ». Elle a insisté sur « l’antisémitisme marqué » de l’auteur de la tuerie du 24 mai 2014, et sur la « dangerosité » d’un homme « égocentrique et narcissique ». L’intéressé, qui n’a donné aucune explication en neuf semaines d’audience, a écouté le verdict impassible. Il avait conclu son procès par une ultime provocation en lançant, sourire en coin : « la vie continue ». — Agence France-Presse

Portugal et Espagne

Querelle à propos de Magellan

Des historiens portugais ont réagi avec ironie à la thèse défendue par l’Académie royale d’histoire espagnole selon laquelle l’expédition du Portugais Fernand de Magellan, qui a accompli le premier tour du monde il y a 500 ans, était une entreprise « exclusivement espagnole ».

Les gouvernements socialistes au Portugal et en Espagne ont décidé de célébrer en commun les 500 ans de l’expédition. Mais le projet n’a pas plu au quotidien conservateur espagnol ABC, qui accuse la diplomatie portugaise de manquer de respect à l’égard de l’Espagne.

Dans une chronique publiée hier dans le quotidien Publico, l’historien portugais Rui Tavares fustige l’Académie d’histoire, qu’il appelle « la surréelle académie de la droite espagnole » pour avoir publié, à la demande d’ABC, un rapport qui conclut « au caractère pleinement et exclusivement espagnol » de la première circumnavigation.

Magellan, navigateur portugais qui a mené cette expédition pour le compte du roi d’Espagne Charles Quint, est mort aux Philippines pendant le voyage, et c’est l’Espagnol Juan Sebastian Elcano qui a terminé son périple.

Le rapport publié ce week-end par l’académie espagnole ignore la présence à bord de marins français, italiens et grecs et du chroniqueur vénitien Antonio Pigafetta, qui fit le récit de ce voyage, lance Rui Tavares, ancien eurodéputé et fondateur du parti Livre, une petite formation de gauche.

« Si cela continue comme ça, nous verrons bientôt les savants académiciens […] expliquer pourquoi le Real Madrid perd davantage depuis que Cristiano Ronaldo l’a quitté. Étant donné que le Real Madrid est une entreprise "exclusivement espagnole", cela ne devrait pas arriver », ironise-t-il.

Cette polémique « relève davantage de la politique intérieure espagnole que des rapports entre l’Espagne et le Portugal », relativise la présidente de l’Académie portugaise d’histoire, Manuela Mendonça, en refusant les conclusions de sa congénère espagnole.

« Dire que c’est un exploit entièrement espagnol est une exagération. C’est un projet mené par un Portugais, qui a appris l’art de la navigation au Portugal et pour le compte du Portugal », dit-elle à l’AFP.

— Agence France-Presse

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