TÉMOIGNAGE

Une équipe phénoménale

J’ai côtoyé, jour après jour à l’Hôpital général juif, un personnel médical dévoué et chaleureux

Je m’appelle Lucie et je viens de passer les 13 derniers mois aux soins intensifs et au neuvième étage du pavillon K (le K-9) de l’Hôpital général juif pour accompagner mon conjoint, Gaston, gravement malade. De longs mois au cours desquels cet hôpital est devenu mon deuxième chez-moi.

On entend beaucoup parler des urgences qui débordent, des listes d’attente interminables, du manque de médecins de famille, etc. Mais pendant ces longs mois, j’ai vu une autre facette de notre système de santé. J’ai côtoyé, jour après jour, des équipes médicales et des infirmières dévouées dont le travail auprès de mon conjoint a été phénoménal et qui, en plus, avec grand cœur, m’ont accordé l’attention et l’empathie dont j’avais moi-même besoin pour traverser cette période, la plus difficile de ma vie. 

Sans leur soutien et leur amour, je ne sais pas comment j’aurais pu passer au travers de tout ça. Aujourd’hui, c’est à tous ces gens extraordinaires que je veux rendre hommage.

Le cas de Gaston était complexe. Une opération suivie d’une péritonite et d’une septicémie (infection généralisée) laissant elle-même de graves séquelles. Des semaines aux soins intensifs, des mois au K-9. Parfois quelques progrès, une certaine stabilisation, de l’espoir. Pour replonger presque aussitôt. Un nouveau foyer d’infection, un nouvel abcès, une nouvelle bactérie plus résistante, une allergie à un nouvel antibiotique… Des mois et des mois de montagnes russes, aussi bien dans l’état de Gaston que dans mes émotions et mes propres forces.

Tout au long de ce difficile parcours, j’ai vu s’affairer auprès de mon conjoint des gens compétents et dévoués qui avaient à cœur sa guérison et son bien-être. Toujours patients, attentifs, souriants, encourageants et plein de compassion.

Malgré leur charge de travail énorme, je les ai vus courir, inquiets, pour leurs patients qui n’allaient pas bien. Et en plus, toutes ces équipes d’infirmières, de préposées, de stomothérapeutes, de physiothérapeutes, de médecins, de nutritionnistes – et j’en passe – ont trouvé le temps de me consoler, de m’encourager, de me soutenir, de m’offrir leurs câlins !

Malgré tous les soins, Gaston est mort aux soins intensifs le 3 mai dernier, à l’âge de 69 ans, entouré de ses proches et accompagné jusqu’aux derniers moments par cette équipe extraordinaire, tellement humaine.

Je salue particulièrement le Dr Simon Bergman, chirurgien, qui a été mon principal soutien pendant toute cette épreuve. Toujours chaleureux et positif malgré les nombreuses complications, cherchant des solutions et se donnant toujours la peine de bien choisir les mots pour ne pas nous décourager tout en nous faisant comprendre que ça ne va pas trop bien… Les bons mots, c’est tellement important quand on vit des moments aussi difficiles !

Je salue aussi toute l’équipe d’infectiologues, notamment le Dr Marty Teltscher, qui a travaillé tellement fort et sans relâche pour trouver les bons antibiotiques et combattre les nombreuses bactéries et infections que Gaston avait contractées.

Enfin, je salue toute l’équipe des soins intensifs et tout le personnel du K-9.

Je me suis attachée à vous. D’une certaine façon, vous êtes devenus ma deuxième famille et, aussi paradoxal soit-il, vous me manquerez. Je ne vous oublierai jamais.

À vous tous, j’exprime ma plus profonde gratitude.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.