Maternité

Du répit pour des parents débordés

On pourrait s’attendre à ce que des parents de triplés de trois mois soient cernés jusqu’au menton et que leur maison soit sens dessus dessous. Or, il n’en est rien. Stéphanie St-Onge et Sébastien Deveaux sont radieux.

Dans leur petit cottage bien ordonné flotte une bonne odeur de café. Seuls les trois sièges d’auto bien alignés à l’entrée trahissent la présence des triplés. Les nouveaux parents ne s’en cachent pas : si tout va comme sur des roulettes, c’est en grande partie grâce au service de relevailles. « Deux personnes, c’est le minimum pour s’occuper de triplés, surtout à l’heure du boire. À trois, on commence à mieux respirer ! Sans les relevailles, on aurait survécu, mais on n’aurait pas profité pleinement de l’arrivée de nos enfants », affirme Sébastien Deveaux, 39 ans, conseiller en informatique.

« Notre situation est particulière, convient sa conjointe Stéphanie St-Onge, 37 ans, directrice d’un centre de la petite enfance. Mais selon moi, les relevailles sont indispensables pour tous les parents. Je le constate en voyant des copines qui ont accouché à peu près en même temps que moi. Elles n’ont qu’un seul bébé et elles sont épuisées. »

Leur assistante périnatale, Caroline Gingras, du centre de ressources périnatales Les Relevailles de Montréal, les visite deux ou trois fois par semaine.

« [Caroline] fait maintenant partie de la famille. »

— Stéphanie St-Onge, mère des triplés

On n’hésite pas à la croire tant la mécanique est bien huilée. Pendant que maman change la couche de Chloé-Éléonore, papa amuse Charles-Henri et Caroline donne le biberon à Félix-Hubert. L’instant d’après, tous les bébés ont changé de bras et on recommence. Une fois les triplés nourris et bien calés dans leur siège à bascule, l’assistante plie quelques vêtements pendant que Stéphanie prend son café et que Sébastien s’en va au travail.

« J’aime pouvoir offrir du répit aux familles, sentir que je peux améliorer un peu leur vie, à ma façon », confie Caroline qui, à 33 ans, a réorienté sa carrière. Graphiste de formation, elle nourrit une passion pour les soins en périnatalité depuis sa première grossesse, elle qui a aujourd’hui trois garçons de 11, 8 et 5 ans. « J’adapte mon travail en fonction des besoins de la famille, poursuit-elle. Un matin, par exemple, Stéphanie peut me demander de faire les biberons. Ou alors, si tout le monde dort à mon arrivée, je vais faire la vaisselle ou passer un coup de balai. »

En quelques mois, de forts liens se sont développés entre les St-Onge–Deveaux et leur assistante. À tel point que chacun parle déjà avec une certaine appréhension du moment où les relevailles cesseront. « J’ai du mal à imaginer le jour où Caro ne sera plus là, remarque Stéphanie. Les petits sont déjà très attachés à elle. Je le vois quand elle passe le pas de la porte. Ils se retournent tous pour la regarder ! Je sais qu’elle les a conquis et qu’ils sont bien avec elle. Pour moi, ça n’a pas de prix. »

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