OPÉRA

L’Égypte ancienne à l’opéra

AIDA, VERDI ET L’ÉGYPTE

Si l’intrigue d’Aida se déroule en Égypte au temps des pharaons, sa genèse est aussi liée à l’histoire du pays. Verdi l’a composé pour les fêtes d’inauguration du canal de Suez, en 1871, sur une commande du khédive (vice-roi) d’Égypte, Ismaïl Pacha. Deux ans auparavant, un autre opéra de Verdi, Rigoletto, avait inauguré l’Opéra du Caire. L’idée d’Aida avait été suggérée au khédive par l’archéologue français Auguste Mariette, l’un des pères de l’égyptologie. Verdi, toutefois, fut d’abord réticent, car il craignait que l’opéra ne soit vu que par des aristocrates, et non par le peuple égyptien. Il changea d’avis en lisant l’ébauche du scénario développé d’après une intrigue inventée par Mariette, qui refusa d’avoir son nom au programme, par crainte d’un échec.

UN SUCCÈS D’HIER À AUJOURD’HUI

Aida a toujours connu un grand succès et a été présenté dans plus de 150 opéras du monde dans la décennie suivant sa création. En 1998, il a été de nouveau présenté en Égypte dans une production monumentale en plein air, devant les pyramides de Gizeh. Selon Operabase, qui compile les statistiques mondiales sur l’opéra, l’opéra se classait au 12e rang des plus joués durant la saison 2014-2015. Parmi les versions offertes en DVD, celle de la production de 2011 du Metropolitan Opera est une valeur sûre, avec ses décors somptueux, ses centaines de figurants et sa distribution de voix impressionnantes, dont la soprano Violeta Urmana (Aïda), le ténor sud-africain Johan Botha (Radamès), mort la semaine dernière, ainsi que l’extraordinaire mezzo Dolora Zajick (Amnéris).

L’INTRIGUE

Aïda, princesse éthiopienne, est prisonnière au palais royal de Memphis. Elle est l’esclave d’Amnéris, fille du pharaon, et entretient une liaison secrète avec Radamès, soldat égyptien qui rêve de prendre la tête de l’armée pour combattre les envahisseurs éthiopiens. Il ignore qu’Aïda est la fille du roi d’Éthiopie, Amonasro. La princesse Amnéris, amoureuse de Radamès, est jalouse d’Aïda. Le pharaon nomme Radamès chef de ses armées. Les Éthiopiens sont vaincus, le père d’Aïda est fait prisonnier et le pharaon accorde la main d’Amnéris à Radamès pour le récompenser. Apprenant qu’Aïda est amoureuse de Radamès, Amonasro se sert d’elle pour obtenir le trajet de l’armée égyptienne. Radamès trahit son pays par amour. Condamné, il est emmuré dans une crypte où Aïda le rejoint dans la mort.

LA PRODUCTION DE L’OPÉRA DE MONTRÉAL

C’est au metteur en scène François Racine que l’on a confié cette production d’Aida. Travaillant avec des décors et des costumes appartenant à l’Opéra de Montréal depuis les années 90, il a abordé l’œuvre dans une perspective plutôt traditionnelle, tout en essayant de rendre le tout plus fluide, en dépit des lignes droites et du côté statique de l’esthétique égyptienne. « Le décor est très symétrique, mais j’ai dit aux choristes et aux figurants que je ne voulais pas de lignes droites. Je veux que ça bouge, pour que ce soit intéressant et crédible pour les spectateurs », dit François Racine. La production comprend une distribution internationale et 60 choristes. L’Orchestre Métropolitain sera dirigé par Paul Nadler.

À la salle Wilfrid-Pelletier ce soir, 19 h 30, et les 20, 22 et 24 septembre

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.