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Histoire de famille

Votre famille a dû surmonter un défi hors du commun, une épreuve difficile ou un changement inattendu ? L’équipe de Pause veut vous entendre et raconter votre histoire.

Briohny Smyth

De vedette pop à yogini vedette

Briohny Smyth n’est pas née pour vivre dans l’anonymat. À 13 ans, la jeune star de la pop asiatique décrochait un disque platine. Puis en 2011, une vidéo la montrant en train d’exécuter une routine de yoga de haut niveau en a fait une professeure très demandée. Avis à ceux et celles qui souhaitent peaufiner leurs inversions et leurs équilibres sur les mains : Briohny sera à Wanderlust Tremblant, du 23 au 26 août.

Certes, dans ses cours au pied des pentes, l’accent sera mis sur sa spécialité, soit des pratiques d’asanas (postures) fortes, énergisantes, amusantes. Avec des titres comme Ride the Waves of Flow, Fit Flow Fly, Twist & Shout, From Upside Down to Right Side Up : Transitions, on peut s’attendre à des cours assez exigeants. Après tout, c’est avec une superbe vidéo qui montre sa maîtrise des postures les plus physiques du yoga que Briohny Smyth s’est fait connaître.

« Lorsque j’enseigne les équilibres sur les mains, je commence toujours par des notions de base. C’est une progression, nous explique la yogini en entrevue téléphonique. Puis les gens sont parfois très agréablement surpris de voir qu’avec le bon alignement, un peu de force musculaire et bien du courage, on peut presque tout faire. Ces postures ont été salvatrices pour moi. Elles m’ont permis de surmonter bien des peurs dans la vie. »

Cauchemar

Une de ces frousses, elle l’a eue à la sortie de la vidéo tournée par le studio où elle enseignait, Equinox. Ce qui devait être une ode à la force et à la beauté d’une jeune mère au sommet de sa forme a tourné au cauchemar lorsqu’une portion de la « communauté » de yoga a dénoncé les côtés racoleur, sexy, voire irréaliste de la vidéo. « J’ai lu des choses tellement méchantes. Il y avait évidemment des commentaires positifs, mais l’être humain a cette fâcheuse tendance à s’attarder au négatif », se rappelle-t-elle.

Peu de gens savaient, à l’époque, que Briohny avait passé sa jeunesse à combattre l’anorexie et la boulimie. Cette vidéo était une source de fierté pour celle qui avait surmonté bien des difficultés et se sentait enfin bien dans sa peau.

Dans les nombreux articles que nous avons lus à son sujet, elle répète souvent que la découverte du yoga, en 1999 (elle avait 17 ans), lui a littéralement sauvé la vie. L’anxiété qui la rongeait depuis toujours s’est tranquillement dissipée. Puis, comme bien des gens doués et un peu excessifs, Briohny a fini par pousser sa pratique très loin.

Sept ans après la vidéo, qui a amassé plus de 12 millions de vues sur YouTube, Instagram est un défilé de jeunes yoginis légèrement vêtues posant dans des postures impossibles. Mme Smyth ne se soucie donc plus de cet ébranlant épisode, surtout que sa carrière est florissante comme jamais.

« En 2011, j’étais une jeune professeure de yoga qui luttait pour faire sa place dans cet univers. Mon ex-conjoint [Dice Iida-Klein] était beaucoup plus connu et demandé. Aujourd’hui, ça va bien pour moi, mais je suis vraiment désolée de voir que ce n’est pas le cas de la majorité des profs de yoga. Il y a 10 ans, quand j’ai commencé, on gagnait à peu près 40 $ par cours donné. Aujourd’hui, ça tourne autour de 30 $ par cours. Les conditions se détériorent », regrette la trentenaire.

Un juste milieu

Très à l’aise sur scène et devant un public, l’ex-chanteuse pop a longtemps assimilé ses cours et ateliers à des performances. « C’était facile pour moi de parler à des grands groupes de yogis, je n’avais jamais le trac. Mais quand j’ai commencé à donner des cours plus approfondies, j’ai constaté que ça m’empêchait de connecter réellement avec mes élèves. J’avais toujours une façade qui me gardait à distance. »

C’est alors qu’elle a commencé à se laisser toucher davantage par la présence de chaque individu qui allait la voir. « Puis, ça a fini par me rendre malade ! Se donner comme ça, ça peut être vraiment drainant. » Bref, il y a un juste milieu à trouver, lorsqu’on devient professeure de yoga « vedette » et qu’on est sollicitée par tous les éclopés de la terre.

« Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus en possession de mes moyens et je suis fière de la conscience et de la sensibilité que j’ai réussi à développer. Je me suis davantage tournée vers le pranayama [respiration] et la méditation. »

— Briohny Smyth

« Avec une adolescente et un jeune bambin à la maison, je n’ai jamais été aussi occupée, alors c’est beau si je réussis à passer 15-20 minutes par jour sur mon tapis, avec une seule pratique complète par semaine, ajoute Mme Smyth. Mais l’essentiel, c’est d’y revenir un peu tous les jours. Si on ne le pratique pas, on ne peut pas l’enseigner. »

Yoga en blanc

Samedi prochain, les tapis jaunes du Lolë White Tour coloreront les quais du Vieux-Montréal, pour la septième fois. Des centaines de personnes vêtues de blanc, en hommage à la paix, se réuniront sur la place Jacques-Cartier pour pratiquer avec Sylvie Tremblay, fondatrice et directrice du Centre Yoga Sangha, et Adam Mahmoud, professeur international de yoga et de méditation et artiste de feu. Les matinaux pourront participer à une séance de « Réveil actif », à 7 h, avec Nadia Bonenfant et DJ Serious Black. Pour voir la programmation complète de cette journée bien yogique, on consulte le site de la tournée.

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