Hamilton reprend l’avantage

Lewis Hamilton a remporté hier sa troisième victoire de la saison, sa troisième de suite en Espagne, et il a repris l’avantage sur son coéquipier Valtteri Bottas, deuxième, au classement des pilotes. Les Mercedes ont encore survolé la concurrence, même si la sortie de piste forcée de Lance Stroll à une vingtaine de tours de l’arrivée a entraîné un resserrement de la course.

DE BOUT EN BOUT

Lewis Hamilton avait marqué le pas tout au long des essais et des qualifications, cette semaine au Grand Prix d’Espagne, face à son coéquipier Valtteri Bottas. Le quintuple champion du monde a toutefois encore montré qu’il ne fallait jamais le tenir pour battu. Un départ parfait et une stratégie sans faille lui ont permis de mener le Grand Prix de bout en bout. « J’ai toujours été plus performant en course cette saison et cela a encore été le cas [hier] », a expliqué Hamilton, qui a aussi récolté le point du meilleur tour en course pour la première fois de la saison.

« Nous avons effectué quelques ajustements sur la grille de départ et la voiture était parfaitement équilibrée. Cela a été serré au départ, mais j’étais à l’intérieur et Valtteri n’a pas pris de risque inutile. Je crois que nous nous comportons l’un envers l’autre de façon respectueuse et égale, ce qui n’est pas le cas dans toutes les équipes. [Les dirigeants de] l’équipe nous ont parlé, nous nous sommes parlé un peu, et je crois que nous formons la meilleure paire du plateau. »

Bottas, qui se retrouve à sept points d’Hamilton au classement des pilotes, a exprimé certains regrets : « Mon embrayage n’a pas bien fonctionné au départ et mon lancement a été laborieux. Je me suis retrouvé coincé entre Lewis et [Sebastian] Vettel à l’entrée du premier virage, et la course était jouée par la suite. »

« Le résultat est fantastique pour l’équipe, avec un cinquième doublé en autant de courses, mais j’ai hâte de savoir ce qui s’est passé au départ… »

— Valtteri Bottas

VERSTAPPEN CONFIRME

Les courses se suivent et Max Verstappen continue de faire mentir ceux qui croyaient qu’il ne serait pas dans le coup cette saison au volant d’une Red Bull équipée du moteur Honda. Très constant depuis le milieu de la dernière saison, avec 14 tops 5 d’affilée, dont 9 podiums, le Néerlandais a toujours été aux avant-postes de ce Grand Prix d’Espagne, et c’est très logiquement qu’il a pris l’avantage sur les Ferrari, même si elles étaient probablement intrinsèquement plus rapides.

« Les premiers virages ont été mouvementés, mais j’ai réussi à prendre le troisième rang et nous avons ensuite opté pour une stratégie agressive [deux arrêts et une longue séquence sur des pneus tendres] qui s’est avérée la bonne, a expliqué Verstappen. Les Mercedes sont présentement hors de portée, mais tout le monde travaille pour combler l’écart. Elles auront encore l’avantage à Monaco, mais ce circuit laisse une belle place au pilotage, et nous aurons une carte à jouer. »

FERRARI CONTINUE DE DÉCEVOIR

Le Grand Prix d’Espagne a vite pris une mauvaise tournure pour Ferrari, malgré un excellent départ de Sebastian Vettel. À la hauteur du meneur, mais coincé à l’extérieur dans le premier virage, l’Allemand a vite glissé au quatrième rang et il n’a jamais été en mesure de revenir par la suite. Gêné par une stratégie douteuse et des ravitaillements approximatifs, Charles Leclerc a lui aussi été décevant.

Le directeur général de la Scuderia, Mattia Binotto, l’a d’ailleurs reconnu : « Encore une course qui se termine bien en dessous de nos attentes. Nous avons pourtant introduit des innovations, aussi bien du côté de l’aérodynamique que du moteur, et elles ont donné les résultats escomptés, mais elles se sont montrées encore insuffisantes. Nous allons devoir bien étudier les données de ce Grand Prix, penser à ce qui n’a pas fonctionné. Pour l’instant, nous n’avons pas de réponse précise. Il y a beaucoup de travail devant nous avant le prochain Grand Prix [à Monaco]. »

CHAUD EN MILIEU DE PELOTON

C’est devenu une constante cette saison : derrière les trois grandes équipes, la lutte est vive et très indécise entre six des sept autres formations. Hier, ce sont les Haas qui ont pris un petit avantage, mais la lutte entre les deux pilotes de l’équipe a sans doute coûté quelques points. Romain Grosjean avait eu le dessus pendant la première partie du Grand Prix, mais l’intervention de la voiture de sécurité a ramené tous ses concurrents, son coéquipier Kevin Magnussen le premier, à ses trousses. Les deux voitures noires se sont touchées, Magnussen a pris la septième place et Grosjean a glissé en 10e position après avoir été doublé par deux autres animateurs de la course, l’Espagnol Carlos Sainz (McLaren) et le Russe Daniil Kvyat (Toro Rosso). Ce dernier et son coéquipier Alex Albon auraient pu faire mieux n’eût été un gros cafouillage dans les puits, causé par un problème de radio, qui leur a chacun coûté plus de 10 secondes.

COURSE ENNUYANTE ET SORTIE DE PISTE !

Le Québécois Lance Stroll n’était pas dans le coup, hier, au Grand Prix d’Espagne, mais il aurait pu au moins rallier l’arrivée s’il n’avait pas eu un accrochage avec le Britannique Lando Norris au 45e tour. Les deux pilotes luttaient pour la 14e place quand Norris a tenté un dépassement par l’extérieur au bout de la ligne de départ. Stroll a gardé sa position dans le virage à droite, puis dans le gauche qui suivait, mais la McLaren de Norris était encore engagée à gauche. Quand Stroll a tenté de virer, la roue avant de la voiture de son rival a projeté la Racing Point hors de la piste, et les deux pilotes ont dû abandonner.

« Je n’ai pas vu la reprise, mais il n’y avait pas de place pour deux voitures », a estimé Stroll avant de rencontrer les commissaires de course. Norris a pour sa part jugé que Stroll s’était comporté comme « s’il n’était pas là ! » « Ma voiture était bien engagée, il aurait dû me laisser la place pour virer. » Les commissaires ont finalement décidé qu’il s’agissait d’un incident de course et qu’aucun des deux pilotes ne serait sanctionné.

L’accident a toutefois ajouté une « couche » à un week-end très difficile pour Racing Point, le Mexicain Sergio Perez terminant à une lointaine 15e place.

« L’équipe doit vite oublier ce Grand Prix. Nous devons tous nous concentrer afin de rebondir à Monaco sur un circuit qui pourrait mieux nous convenir. »

— Lance Stroll

Le directeur de l’équipe, Otmar Szafnauer, a convenu qu’il était illusoire d’espérer des points ce week-end sur le circuit de Catalunya. « Après la qualification, nous avions une pente à remonter et nous savions que ce serait difficile. Les pilotes ont roulé ensemble une bonne partie du Grand Prix, jusqu’à la sortie de piste forcée de Lance, mais nous n’avions pas la vitesse pour rattraper les pilotes devant nous. Nous allons maintenant profiter des essais prévus cette semaine à Barcelone pour mieux comprendre la voiture et tenter d’être plus compétitifs à Monaco. »

Prochaine épreuve : Grand Prix de Monaco, 26 mai, circuit urbain de Monte-Carlo

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