Inspiration

Rebelle et engagé

Le jeune président de 32 ans Simon De Baene a accueilli La Presse dans ses bureaux. Au-delà des trottinettes, hamacs, rampe de skate et fruits à volonté qui font rêver de nombreux travailleurs, Simon De Baene voit GSoft comme une entreprise qui va aider d’autres organisations à révolutionner le monde du travail. Selon lui, il faut repenser le leadership et créer un climat propice à l’expression de la créativité.

Yvon Chouinard

L’Américain et fondateur de Patagonia est d’une autre génération que moi, il est né en 1938, mais je me retrouve beaucoup dans son aspect rebelle et anti-establishment. J’aime le fait qu’il ait le courage d’affronter des personnages comme Donald Trump. J’ai lu son livre Let My People Go Surfing. Patagonia fait des morceaux de vêtements qui semblent anodins, mais malgré ça, cette organisation est capable de transmettre un message qui marque l’imaginaire des gens et qui les amènent à se poser des questions, à se remettre en question, surtout pour les dirigeants qui ont parfois une vision très « fichier Excel », on optimise les profits. Son message est fascinant : le meilleur marketing, c’est de ne pas faire de marketing, c’est d’être authentique à travers ce que tu essaies de faire et de faire les choses auxquelles tu crois. Je porte tous les jours ma casquette Patagonia.

Jason Fried

Le fondateur de l’application Basecamp est un anticonformiste dans la façon de diriger son entreprise. Or, il a fait de Basecamp un des succès technologiques de la dernière décennie. Pour lui, « small is better ». On valorise les organisations qui sont grosses, Basecamp a des milliers de clients, mais l’organisation demeure petite. Il remet en question la mentalité qu’il faut absolument travailler 90 heures semaine, il n’est pas dans l’optimisation à tout prix et valorise ses employés. Ça me rejoint. Jason Fried a aussi toujours voulu garder son indépendance externe. GSoft est un peu ce modèle-là. On n’a pas de financier externe, on n’a pas de dette avec les banques, on a le contrôle de notre destinée. Jason Fried dit qu’on célèbre les entreprises qui bâtissent vite et vendent vite, qu’on oublie de célébrer celles qui traversent les époques. GSoft a cette mentalité-là. On veut exister dans 25 ans.

Steve Jobs

Dernièrement, j’ai réécouté une entrevue de Steve Jobs datant de 1995. L’entrevue réalisée pour la chaîne PBS avait été perdue et retrouvée 18 ans plus tard. Steve Jobs est la personne la plus chiante avec qui travailler, mais je me retrouve beaucoup dans sa façon de penser : « Life is too short for shitty products. » C’est drôle quand il parle de Microsoft et dit : « Ils ont juste mauvais goût. » Ici, on fait des produits connexes à Microsoft, ce sont nos amis, mais je suis capable de comprendre. Et Microsoft s’est beaucoup améliorée depuis. Jobs est tellement obsédé par le produit, le design et l’expérience qu’il a réussi à créer une marque qui fait que quand tu te promènes avec ton Mac, tu as l’impression que tu changes le monde. Les organisations ont tendance à tourner les coins rond. GSoft suit plutôt la direction de Mac avec des produits bien faits.

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