saint-martin

Un Québécois meurt en tentant de protéger sa fille

Des vacances ont tourné au drame pour un Québécois, mort de ses blessures après avoir reçu une balle à Saint-Martin mercredi dernier.

Sylvain Valade, 48 ans, aurait tenté de protéger sa fille lors d’un vol à main armée sur un chemin de l’île de la mer des Caraïbes. Il a succombé à ses blessures dans la nuit de vendredi.

« Les images tournent sans cesse dans ma tête, et le bruit du coup de feu me hante », a écrit sa fille Yanie Valade sur Facebook. La jeune femme a publié des photos de leurs vacances prises avant le drame, sur lesquelles son père apparaît tout sourire à ses côtés. « Mon papa d’amour, tu es parti en héros, tu m’as sauvé la vie et tu m’as protégée jusqu’à ton dernier souffle, comme tu l’as toujours fait », a-t-elle souligné.

La jeune femme – sous le choc, a précisé une amie – se trouvait en Floride hier, où son père a été transporté pour être soigné.

« Aujourd’hui, j’ai perdu une partie de moi, l’homme de ma vie, le meilleur père qu’on puisse avoir. Je compte sur toi pour me donner la force et le courage de continuer. »

— Yanie Valade sur Facebook

Un suspect recherché

L’évènement est survenu mercredi soir vers 23 h sur Beacon Hill, dans les environs du Drift Wood Beach Bar, a précisé la police de la partie néerlandaise de l’île, dans un communiqué transmis sur Facebook. M. Valade, un résidant de Sainte-Agathe-des-Monts, a d’abord été traité sur place avant d’être transporté aux États-Unis, vu la gravité de son état. Affaires mondiales Canada a précisé que des agents consulaires canadiens étaient en contact avec les autorités locales en Floride pour recueillir de l’information supplémentaire et prêter une assistance consulaire si nécessaire.

La police de Saint-Martin, qui a demandé l’aide de la communauté de l’île, indique que « l’enquête progresse, mais [que] les informations ne rentrent pas assez vite ». Le suspect se serait enfui à bord d’un « petit » véhicule. Des témoins qui auraient quitté l’endroit environ au même moment à bord de trois voitures ont été appelés à communiquer avec les autorités. « C’est assurément dans l’intérêt premier de Saint-Martin que nous faisons le maximum pour amener les personnes responsables de cet acte de violence insensé devant la justice », a ajouté le service policier.

Les ministres du Tourisme et de la Justice de Saint-Martin ont eux aussi condamné cet acte de violence dans un communiqué et indiquent que l’affaire était une grande priorité.

Grand Prix de Montréal

Des milliers de curieux sur la rue Crescent

Le constant vrombissement des voitures de luxe ne mentait pas : les festivités de la fin de semaine du Grand Prix battaient leur plein, hier, au centre-ville de Montréal. Comme chaque année depuis 20 ans, le Festival Grand Prix sur Crescent – qui a commencé jeudi et pris fin hier soir – a attiré des milliers de curieux. Retour sur la journée d’hier.

Le motif à damier blanc et noir était à l’honneur, cette fin de semaine. Des vitrines de magasins aux bannières des bars et restaurants, le centre-ville a adopté le thème de la F1. 

Le Grand Prix du Canada est l’un des événements annonçant chaque année le début des beaux jours. Et c’est sous un soleil radieux que touristes et Montréalais ont afflué par centaines rue Crescent, piétonnisée pour l’occasion entre la rue Sainte-Catherine et le boulevard De Maisonneuve.

Hier, dernier jour des 72 heures de festivités, le tableau était à peu près le même que chaque année. Rue Crescent, impossible de pratiquer la marche rapide, alors qu’un flot continu de visiteurs s’entassait devant des kiosques de vente et des exhibitions de voitures de course. 

Sur le boulevard De Maisonneuve, une scène accueillait des artistes musicaux toute la journée. Vis-à-vis, rue Sainte-Catherine, les passants s’arrêtaient pour voir défiler des voitures tape-à-l’œil, dont les propriétaires faisaient rugir le moteur sous les « hourras ». 

D’abord, les voitures

Des barrières délimitaient une zone à l’angle des rues Sainte-Catherine et Crescent, afin que les curieux puissent observer en sécurité la procession de bolides. Parmi eux, Riaz Sounbarjée et son fils, Shaan, étaient venus de Mont-Saint-Hilaire pour goûter à la folie du Grand Prix. « C’est la première fois qu’on vient ici, a raconté M. Sounbarjee. On veut vivre l’ambiance. » 

Ils ont déjà assisté au Grand Prix sur le circuit Gilles-Villeneuve, mais ne sont pas de fervents admirateurs de F1. « Je veux surtout voir les voitures », a résumé Shaan.

Non loin du cœur de la fête, la Dodge Challenger SRT8 2009 orange modifiée de Pierre Paquette attirait autant les regards (et les flashs) que la monoplace de Formule 1 sur son socle, rue Crescent. Après un coup de chiffon sur sa carrosserie pour retirer les traces de doigts des badauds, M. Paquette a raconté être ici « pour créer une attraction ». 

« Je me gare, les gens viennent, ça attire pas mal de monde », a-t-il dit.

Plaisir pour tous

Pas besoin d’adorer les courses de voitures pour avoir du plaisir ce week-end. Le Portugais Celso Blacido, croisé dans la rue, a même perdu tout intérêt pour la F1, qu’il trouve maintenant « trop commerciale ». 

« Mais j’adore les voitures, je trouve ça excitant d’être ici », a raconté celui qui vivait hier sa première expérience. Sa conjointe, Catherine Duchesne, est montréalaise et n’en était pas à sa première visite au Festival Grand Prix sur Crescent. Elle était surtout là « par curiosité », a-t-elle dit.

Entre la boutique officielle de la F1 et les différents édicules où l’on proposait bière, jouets, coupes de cheveux, accessoires et nourriture, les curieux étaient bombardés de tous côtés par des appels à la dépense. 

En 2015, le ministère du Tourisme estimait à 42,4 millions les retombées économiques totales de la fin de semaine du Grand Prix. Plus de 85 % sont générés par des visiteurs de l’extérieur du Québec. « Il y a toujours énormément de monde et je remarque surtout qu’il y a de plus en plus de gens de toutes sortes d’origines », a témoigné Oscar Pichette Villalon, vendeur au kiosque de la F1, rue Crescent.

Actualités

Des sinistrés de Sainte-Marthe réclament une rencontre avec Legault

« Non inondables », « aide adaptée », ont scandé plusieurs dizaines de personnes hier après-midi à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, devant le bureau temporaire du ministère de la Sécurité publique installé dans la ville. Dans une « marche des sinistrés », les participants ont demandé une rencontre avec le premier ministre François Legault.

« Le programme du gouvernement ne prend pas en compte la particularité de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où ce n’était pas une inondation naturelle », a expliqué au téléphone Jean-François Deschênes, membre de l’une des six familles organisatrices de la marche d’hier.

Les sinistrés estiment que le gouvernement devrait offrir des sommes plus élevées que celles offertes pour les autres zones inondées, en raison de la rupture de la digue le 27 avril dernier. Quelque 6000 personnes avaient alors été évacuées d’urgence.

Le programme d’indemnisation du gouvernement prévoit notamment une somme pour quitter un secteur si les sinistrés réclament au total 100 000 $ en dommages ou 50 % du coût à neuf au fil des années.

Une demande d’action collective intentée pour les résidants de Sainte-Marthe-sur-le-Lac réclame des dommages compensatoires de 350 000 $ pour chaque sinistré, en plus de 50 000 $ en dommages punitifs.

« On veut que le gouvernement donne un choix viable de rester ou partir », a précisé au téléphone Caroline Calvé. Ses deux enfants, âgés de 8 et 9 ans, sont les plus grands perdants chez elle, a-t-elle confié : ils avaient leurs chambres et leur salle de jeux au sous-sol, inondé par cinq pieds d’eau. La famille est toujours relogée chez des parents à Saint-Eustache.

La femme de 37 ans veut déménager. « Mes enfants ne veulent pas retourner dormir dans un sous-sol, ils ont extrêmement peur », dit-elle.

Des citoyens ont rencontré le sous-ministre Jean Séguin, chargé du dossier de l’inondation à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, au terme de la marche. Il n’a pas été possible pour La Presse de lui parler hier.

« Ne pas sombrer dans l’oubli »

La députée de Québec solidaire Émilise Lessard-Therrien était sur place hier pour parler aux citoyens. « Je les avais rencontrés à Québec [où les sinistrés ont rencontré les politiciens il y a une dizaine de jours], c’était assez touchant, a-t-elle dit au téléphone. Ils méritent de ne pas sombrer dans l’oubli. »

Les participants à la marche espéraient une nouvelle visite du premier ministre dans leur municipalité.

« Quand le ministre Legault est venu dans les jours qui ont suivi le sinistre, on était dans les mesures d’urgence, a souligné au téléphone Myriam Sabourin, coorganisatrice. On cherchait du dentifrice et des vêtements de rechange. Là, on est rendus à réfléchir à l’avenir, à se poser des questions fondamentales. »

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.