Portrait du mois

Préserver le patrimoine architectural … et l’environnement

Après avoir terminé son baccalauréat en arts visuels et médiatiques, Virgil Tremblay était loin de se douter qu’il s’investirait un jour dans la sauvegarde du patrimoine architectural montréalais. Tout est arrivé par hasard, preuve que celui-ci fait parfois bien les choses.

De la technologie 3D à la redécouverte du passé

C’était il y a environ 10 ans. Virgil Tremblay, alors concepteur de décors et de vitrines 3D, suivait un atelier Valoriste et a fait la connaissance des fondateurs d’Éco-Réno. Cet organisme à but non lucratif récupère les matériaux anciens issus du patrimoine architectural montréalais pour ensuite les revendre. Friand d’histoire et d’architecture, il s’est alors joint à l’équipe et s’est investi à fond dans la mission de l’organisme. Si bien que quelques années plus tard, il a pris les rênes d’Éco-Réno et formé un nouveau conseil d’administration.

« J’ai repris le flambeau, et je trouve que les fondateurs d’Éco-Réno ont été assez avant-gardistes. Encore aujourd’hui, je suis un des seuls à avoir comme mission de sauvegarder le patrimoine architectural montréalais. On peut parfois trouver des matériaux de construction chez les antiquaires, mais c’est beaucoup moins accessible. »

– Virgil Tremblay

Une mission écoresponsable

La vocation de l’organisme montréalais s’inscrit dans une logique environnementale remplie de sens. En détournant les matériaux anciens des sites d’enfouissement, Éco-Réno favorise l’économie circulaire et contribue à la conservation des ressources naturelles, en plus d’offrir une solution écoresponsable et accessible aux propriétaires. Le cycle de vie des matériaux — conçus pour durer dans le temps — est ainsi prolongé. « Les matériaux étaient raffinés à l’époque. La qualité, le détail, la richesse des modèles : on ne retrouve plus ça aujourd’hui. Et c’est ce que les gens recherchent quand ils rénovent », constate Virgil.

Mille et un trésors

Située en plein cœur du quartier Rosemont – La Petite-Patrie, la boutique regorge de matériaux de construction et de rénovation datant du début du 19e siècle. Qu’il s’agisse de portes, de fenêtres, de boiseries, de vitraux, de lavabos, d’articles de quincaillerie ou de luminaires, le vaste inventaire est classé par catégories de produits. L’organisme offre aussi un service de récupération à domicile, ce qui permet de multiplier autant les belles rencontres que les belles trouvailles. Quand il est en boutique, il adore accompagner les clients dans leurs projets. « La clientèle est incroyable ; on parle le même langage ! Les gens sont passionnés et nous parlent de leurs projets. Ils aiment explorer la boutique et prendre des photos pour se donner des idées », raconte-t-il.

L’œil aiguisé

Avec les années, Virgil Tremblay est passé maître dans l’art de retracer l’historique des pièces qu’il récupère. Il peut même reconnaître les distinctions des matériaux typiques d’un quartier. Un défi qu’il aime relever par-dessus tout : dénicher les demandes spéciales de ses clients. « Souvent, je réussis à les trouver en quelques jours seulement. Ça vaut la peine de tenter sa chance », estime Virgil. Par ailleurs, le compte Facebook d’Éco-Réno est alimenté régulièrement pour annoncer les nouveaux arrivages et donner un aperçu de l’inventaire.

Un avenir prometteur

Celui qui se spécialise dans les matériaux du passé ne s’empêche pas d’avoir une vision tournée vers l’avenir. En effet, il souhaite propulser Éco-Réno encore plus loin. Heureusement pour lui, le vent est en train de tourner en sa faveur. Il faut dire que la dimension écoresponsable de l’organisme parle à un nombre grandissant de propriétaires : « Depuis quelques années, je vois beaucoup de gens qui jumellent l’ancien au moderne. Par exemple, on peut intégrer quelques vieilles portes, sans nécessairement avoir des boiseries, dans un décor moderne et épuré. »

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