SAINT-HYACINTHE

Les deux adolescents seront évalués à l’Institut Pinel

Les deux adolescents accusés d’avoir élaboré un plan sordide pour tuer trois camarades de classe seront soumis à une évaluation psychiatrique à l’Institut Philippe-Pinel, avant leur enquête sur remise en liberté, reportée en octobre. Cette proposition commune des avocats a été acceptée par la juge de la Chambre de la jeunesse de Saint-Hyacinthe, où les jeunes accusés ont comparu hier.

Celui âgé de 16 ans s’est d’abord amené dans la petite salle où la vingtaine de chaises étaient toutes occupées. Grand, maigre, les cheveux noirs avec une longue frange cachant une partie de son visage, il portait une chemise de denim noire et un jeans. En entrant, il a regardé, stoïque, les gens assis dans la salle : des médias, pour la plupart, des enquêteurs, puis ses parents et ceux de son présumé complice de 14 ans. Escorté par deux constables, il n’était pas menotté, mais a gardé les bras derrière le dos durant toute sa comparution.

Ensuite, le plus jeune est entré. Dans un chandail en coton ouaté trop grand pour lui, mesurant à peine 5 pieds, le garçon était calme. Il était difficile de croire que l’adolescent, à l’apparence particulièrement juvénile, faisait face, avec son présumé complice, à 18 chefs d’accusation. Complot pour meurtre, complot pour commettre un acte criminel, harcèlement criminel, voies de fait et possession d’une arme : les deux jeunes ont été arrêtés mercredi dernier alors qu’ils prévoyaient, selon Cogeco Nouvelles, assassiner trois camarades de classe, y compris la copine du plus jeune, qu’ils voulaient droguer et violer d’abord. C’est la mère du plus jeune, ayant surpris une conversation Facebook, qui les a dénoncés.

« Ils sont quand même sereins, comparativement à ce qu’on pourrait penser considérant la gravité des accusations. Ils comprennent tout ça », a rapporté l’avocat de l’un des deux accusés, MFrancis Savaria.

Les accusés devaient savoir, hier, s’ils seraient remis en liberté ou non durant les procédures judiciaires. Or, avec leur consentement, et l’accord de la Couronne, leurs avocats ont demandé que leur état mental soit d’abord évalué.

« Étant donné la gravité des accusations portées contre les deux individus, on veut vérifier le risque de dangerosité. Ça nous servira à évaluer quel genre d’individu on a devant nous pour voir si on peut les remettre ou non en liberté. »

— MFrancis Savaria, l’avocat de l’un des deux accusés

La défense pourrait décider de renoncer à une demande de remise en liberté selon le rapport et la preuve.

« Le dossier est reporté au 18 octobre, ça va nous permettre de lire la preuve plus profondément », a ajouté MAlex Lemay, avocate de l’autre accusé.

La procureure de la Couronne, MVéronique Champagne, a d’ailleurs souligné à la juge que d’autres éléments de preuve pourraient s’ajouter d’ici les 10 prochains jours et que des accusations supplémentaires étaient possibles.

Les accusés restent donc sous garde au moins jusqu’au 18 octobre et les raisons qui les auraient poussés à mettre en place un plan sordide pour tuer trois autres adolescents demeurent à ce jour un mystère.

UN JEUNE TOURMENTÉ ET SOLITAIRE

Le plus vieux était un solitaire, « qui ne parlait pas fort » et « qui fumait beaucoup de pot », selon deux anciens camarades de classe croisés sur l’heure du midi, à la polyvalente Hyacinthe-Delorme. Plus loin, à l’extrémité du terrain de l’école, un autre groupe de jeunes filles affirmait bien le connaître.

« On le connaît, mais dans le fond, il était vraiment mystérieux », dit l’une d’elles, d’entrée de jeu. L’adolescente, maintenant en 3secondaire, a entretenu une idylle amoureuse avec lui durant quelques mois il y a un peu plus d’un an. Elle raconte, mal à l’aise, qu’il lui avait confié être « atteint d’un trouble de personnalité ».

« Un jour, il m’avait avoué qu’il faisait mal à des gens sans le vouloir », a-t-elle avancé avant de dire que personnellement, elle n’avait jamais connu d’épisode de violence avec lui.

« Je me souviens qu’un de ses amis lui avait dit d’aller consulter un psychologue, parce qu’on se disait que ce n’était pas normal, s’est-elle souvenue. Il me semble qu’il y était allé. »

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