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L’ange investisseur

Depuis deux mois, des personnalités publiques québécoises qui s’intéressent aux placements font leurs suggestions chaque vendredi. Cette semaine, Martin-Luc Archambault, PDG et fondateur de Wajam, ange investisseur et membre du conseil d’administration d’Anges Québec.

À 33 ans, Martin-Luc Archambault a déjà fondé plusieurs entreprises et agit comme mentor auprès d’autres jeunes entrepreneurs. Bref, c’est quelqu’un qui ne perd pas de temps. Pas étonnant qu’il ait découvert les marchés boursiers à la sortie de l’école secondaire.

« Je transigeais des “penny stocks” à la Bourse avec l’argent que j’obtenais en faisant des sites web et en vendant de la publicité sur le web. J’appelais directement les PDG au téléphone. C’était juste avant la bulle techno », se rappelle Martin-Luc Archambault, aujourd’hui PDG et cofondateur de Wajam, une entreprise en démarrage de recherche sociale.

À l’université, ce n’est pas tant l’éclatement de la bulle techno qui lui fait ralentir ses élans en Bourse que… son projet d’étudier une session en échange en Espagne. « Au lieu d’aller à mes cours à HEC Montréal, je transigeais mes titres en Bourse », dit-il. Résultat : il parvient à passer ses cours, mais il se rend compte qu’il doit améliorer ses notes s’il veut faire un échange à l’étranger. « Je me suis alors calmé en Bourse », dit-il.

De retour d’Europe, sa fibre entrepreneuriale prend le dessus. Il fonde CTD, une entreprise de publicité en ligne, la revend, devient millionnaire à 25 ans, puis met sur pied avec ses anciens partenaires un accélérateur d’entreprises, Bolidea. Il a investi dans une vingtaine d’entreprises en démarrage à Montréal, Vancouver et San Francisco, dont Wajam (une entreprise de recherche sociale qu’il dirige), Frank & Oak (qui livre des vêtements sur le web) et PasswordBox (un gestionnaire de mots de passe).

INVESTISSEMENTS PRIVÉS

« Je me sens plus impliqué dans les projets privés que je soutiens, je parle au PDG toutes les semaines, je peux donner des conseils, tandis qu’en Bourse, je ne fais qu’investir, dit-il. Pour la plupart des gens, la Bourse est risquée, mais moi, c’est plutôt le contraire : ce sont mes investissements privés qui sont les plus risqués. Parmi les 20 entreprises que j’ai soutenues en placements privés, il y en a pas mal dont la valeur finale a été de zéro. Mais si j’investis dans le prochain Twitter, je vais faire plus d’argent. »

En plus de ses placements privés, il est un investisseur accrédité sur les marchés secondaires comme SecondMarket.com. « Avec des amis, nous avons essayé d’acheter des actions de Facebook pour un total d’un million de dollars, dit-il. La journée où nous allions conclure la transaction avec notre vendeur, Goldman Sachs a annoncé avoir acquis des actions de Facebook à un prix beaucoup plus élevé, et le vendeur ne voulait plus nous vendre au prix dont nous discutions. Nous aurions fait un bon coup… »

Il consacre moins de temps et d’énergies à ses placements en Bourse. « Je laisse mon courtier gérer mes placements en Bourse, j’essaie de ne pas trop m’impliquer », dit-il. Ce qui ne l’empêche pas de suivre assidûment ses titres préférés, comme Tesla et Google.

« J’ai eu la première Tesla au Québec, dit-il. J’ai eu tous les modèles de voiture sport, mais c’est mon meilleur achat à vie. La clientèle est fidèle car quand tu achètes une Tesla, tu ne veux plus te contenter de moins. Et Tesla n’a pas de réseau de concessionnaires, donc la marge de profit est plus grande sur les voitures. »

Et Google ? « Sa marque est tellement forte, dit-il. Pour changer de moteur de recherche, il faudrait que Bing [de Microsoft] soit nettement meilleur. Il y a eu des tests dans lesquels Bing obtient de meilleurs résultats que Google, mais il faut souvent un avantage disproportionné pour que les gens changent de moteur de recherche, et ce n’est pas le cas de Bing par rapport à Google. »

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