Itinérance

Le maire Coderre veut agir rapidement

La vidéo montrant un policier qui menace un sans-abri de l’attacher à un poteau, qui a soulevé l’indignation populaire, a ajouté un peu plus de pression sur les épaules des politiciens. Les intervenants du milieu et les élus multiplieront les réunions cette semaine. Montréal compte aussi augmenter la part du budget alloué à la lutte à l’itinérance, a annoncé hier le maire Denis Coderre.

Dans les jours qui ont suivi la diffusion de la vidéo, le maire a effectivement contacté le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) pour organiser une rencontre, qui aura lieu demain. Selon lui, l’objectif sera de « définir un échéancier » pour les actions à prendre.

« L’heure n’est plus à la réflexion, mais à l’action, a déclaré Denis Coderre hier matin. On va se donner des responsabilités. Il y a un travail sur le plan communautaire, sur le plan social, sur le plan politique. Il faut que ça aboutisse et qu’il y ait une obligation de résultat. »

La question de la création d’une agence sociale destinée à l’itinérance sera discutée. « M. Coderre nous a parlé d’intervenir rapidement et d’annonces rapides », a souligné Pierre Gaudreau, porte-parole du RAPSIM.

« On a besoin de démontrer une volonté politique. » 

— Denis Coderre, maire de Montréal 

« Les solutions sont là […], les outils sont là, on me dit qu’il y a un problème de ressources. On peut trouver des fonds. […] Je suis prêt à mettre davantage de ressources », a dit le maire. Le détail des chiffres sera connu lors de la présentation du budget de la Ville, en février.

Selon M. Gaudreau, il manque des logements sociaux, des services en santé mentale et des actions pour lutter contre la pauvreté.

« Pas pour le show »

Le maire a insisté sur le fait qu’il ne s’intéresse pas à cette problématique uniquement en raison de l’indignation soulevée par la récente vidéo controversée. « C’est un peu injuste de dire ça, j’en parlais dans la campagne. Oui, il y a des cas ponctuels qui viennent malheureusement nous dire que, peut-être, on n’en fait pas assez… », a-t-il affirmé hier.

Le maire avait effectivement rencontré le RAPSIM lors de sa campagne électorale, et ils avaient convenu de se revoir après les élections. 

« Ce n’est pas juste pour le show, M. Coderre avait fait de l’itinérance une de ses priorités […], mais peut-être que les choses ont déboulé [avec la vidéo] et que ç’a accéléré la rencontre. »

— Pierre Gaudreau, porte-parole du RAPSIM

Cette rencontre, qui survient en début de mandat du maire, revêt un caractère important, puisqu’elle envoie le message que le maire est déterminé à en faire un enjeu prioritaire, selon M. Gaudreau. « Ça met davantage de pressions sur lui, mais il faut aussi mettre de la pression sur le gouvernement du Québec, et on a hâte que la ministre sorte sa politique sur l’itinérance »

Le maire a d’ailleurs prévu une rencontre avec la ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon, cette semaine. Le RAPSIM compte faire front commun avec le maire pour que le prochain plan d’action du gouvernement provincial accorde davantage de fonds à la prévention de l’itinérance.

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