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OPINION

Livre numérique : le Québec n'est pas en retard

Livre numérique : le Québec n’est pas en retard

C’est un lieu commun, une évidence, une affirmation qui ne demande aucune démonstration : le Québec accuse un retard désastreux dans le dossier du livre numérique. Eh bien, c’est faux !

Examinons les faits.

Il existe trois agrégateurs de livres numériques au Québec : De Marque (développé avec l’Association nationale des éditions de livres), ADP (groupe Québecor) et Prologue. L’agrégateur De Marque contient 11 525 publications provenant de 141 éditeurs ; 278 649 exemplaires numériques ont été vendus tandis que 321 919 ont été empruntés en bibliothèque. De son côté, ADP annonce 8 046 livres numériques pour 75 éditeurs.

À quelques exceptions (certes notables, comme Leméac), les éditeurs québécois rendent disponibles simultanément (ou à peu près) les versions imprimées et numériques de leurs ouvrages.

Les librairies indépendantes se sont collectivement dotées au fil des ans de deux sites transactionnels offrant non seulement les livres numériques québécois, mais aussi de plus en plus de livres francophones : Livres québécois et Rue des libraires. Sans compter que les librairies peuvent personnaliser cette plateforme, comme le fait par exemple la librairie Monet.

Les deux grandes chaînes de librairies québécoises, Archambault et Renaud-Bray, ont elles aussi chacune un site transactionnel offrant les livres numériques.

Le club Québec Loisirs a créé (ou s’est associé) la librairie Numico pour répondre à la demande.

Bien évidemment, les livres numériques québécois sont disponibles chez les grands acteurs internationaux que sont Apple, Amazon et Kobo, ainsi que dans une grande variété de librairies à travers le monde, en France, en Belgique, en Italie, au Japon, etc.

Plusieurs éditeurs se sont eux aussi dotés de sites internet transactionnels.

Après plusieurs mois de négociations, les bibliothèques publiques québécoises proposent à leurs abonnés l’emprunt chronodégradable – le livre s’efface à l’expiration du prêt – avec un succès que personne n’avait espéré grâce à la plateforme pretnumerique.ca. D’ailleurs, se tenait la semaine dernière le congrès mondial annuel des bibliothécaires durant lequel cette solution originale a été présentée au reste du monde.

De nouveaux acteurs 100 % numériques comme Numeriklivres sont apparus, amenant un vent de nouveauté dans le milieu.

Et, bien sûr, tout ce beau monde a intégré les réseaux sociaux dans leurs stratégies de promotion, à commencer par les libraires.

Reste-t-il du travail à faire ? Oh que oui ! Améliorer l’accessibilité, harmoniser les prix, favoriser l’interopérabilité ou faire de l’éducation populaire, pour ne nommer que quelques chantiers. Le marché du livre numérique n’en est qu’à ses premiers pas et il reste beaucoup d’accompagnement et de développement à faire.

Mais, de grâce, arrêtons de dire que le Québec est en retard et soyons fiers de nos accomplissements !