Conditions de vie en CHSLD

Mettre fin au « dumping » d’aînés

Dans un mémoire qu’ils déposeront aujourd’hui à Québec, le Conseil pour la protection des malades (CPM) et la Fédération des comités des usagers et de résidents du Québec (FCURQ) reprochent aux différents gouvernements de « ne pas avoir fait leurs devoirs » en termes de soins aux aînés, « depuis une dizaine d’années maintenant ».

Le rapport, très critique, sera déposé aujourd’hui à la commission parlementaire sur les conditions de vie des aînés en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), qui reprend à Québec. Selon les deux regroupements, la Commission propose « 36 pistes de réflexion » sur des problématiques qui avaient déjà fait l’objet de nombreux rapports au cours des dernières années.

« L’heure n’est plus à la réflexion depuis longtemps déjà, écrivent le CPM et le FCURQ. […] On n’a pas besoin, en effet, d’autres réflexions, d’autres recommandations ou d’autres mesures, comme la Commission se propose d’écrire et de déposer éventuellement. »

Trop de déplacements

De son côté, le Regroupement québécois des résidences privées pour aînés (RQRA) croit que le système actuel de soins de longue durée « ne pourra pas répondre adéquatement au vieillissement accéléré de la population ».

D’entrée de jeu, le RQRA critique sévèrement les nombreux déplacements que doivent subir les aînés en fin de vie. « Il est troublant de constater que les déplacements incessants d’aînés sont maintenant considérés comme “normaux” et s’enchaînent à un rythme effarant entre leur domicile et leur admission en CHSL », écrit le RQRA.

L’association déplore également que certains hôpitaux pratiquent le « dumping d’aînés », c’est-à-dire qu’ils « retournent une personne à une résidence privée après un séjour en milieu hospitalier faute d’endroit plus adéquat où la reloger, même si la résidence n’offre pas les services dont cette personne a besoin parce que son état s’est détérioré ».

Selon le RQRA, les procédures de transfert des aînés doivent être revues et le nombre de déplacements diminués le plus possible.

Le RQRA mentionne qu’avec les fermetures de lits en CHSLD, « les ressources intermédiaires et les résidences privées liées par contrat d’achat de places avec le réseau public ont constaté l’alourdissement de leur clientèle ». L’état de plusieurs clients « justifierait qu’ils soient en CHSLD ».

Les résidences privées hébergeant cette clientèle « doivent donc rehausser leur niveau de soins alors que leur rétribution n’est pas à la hauteur de ces coûts », plaide le RQRA, qui espère que le modèle de service et de financement des soins aux aînés sera revu.

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