Dix choix jusqu’au bout de la saison

De la Belgique au Brésil, en passant par la Guyane française, Hawaii, les États-Unis et l’Irlande du Nord, le 16e Piknic Électronik propose jusqu’au 30 septembre des artistes venus de partout. Voici notre sélection, concoctée avec les programmateurs Lucas Jacques, Xavier Habouzit et Barbara Philip.

Kim Ann Foxman

12 août

Née à Hawaii, la New-Yorkaise Kim Ann Foxman fait dans le djisme, le beatmaking et sait fort bien chanter. Elle s’était d’abord distinguée en tant que chanteuse de plusieurs DJ dans la Grosse Pomme, on pense aussi à sa participation à Hercules & Love Affair. On raconte qu’elle fonde son art sur des enregistrements classiques de house et d’acid house, musiques actualisées à sa façon. Elle a fondé le label Firehouse Recordings, dont le nom s’inspire de son lieu de travail à Brooklyn : une ancienne caserne de pompiers devenue un studio et un centre de création. Artiste associée au monde de la mode, ses musiques font surfer les marques Adidas, Dior et autres Gucci.

Desert Hearts

19 août

Desert Hearts est une communauté chapeautée par quatre DJ/beatmakers : Mikey Lion, Porky, Marbs et Lee Reynolds sont des pionniers de la scène house dans cette région de l’extrême sud californien. Depuis 2012, ils orchestrent un festival printanier sur le territoire de la réserve amérindienne Los Coyotes, une zone semi-désertique dans la région de San Diego. Pour notre plus grand plaisir, ces quatre artistes et promoteurs de Desert Hearts se déplaceront en bloc au Piknic. Au programme, house, tech-house, baile funk, techno et… beaucoup d’amour, clament les principaux intéressés.

Floorpan, père et fille

26 août

Dr. Kevorkian, Inner Sanctum, The Mathematic Assassins, Missing Channel, Monobox, The Visio, Floorpan, voilà autant de pseudos utilisés par Robert Hood, dont la carrière fut lancée à Detroit, berceau de la techno. Au tournant des années 90, il faisait partie du collectif Underground Resistance aux côtés de Jeff Mills et Mad Mike, autres légendes technoïdes du Michigan. On doit à Robert Hood le label M-Plant, on lui attribue la paternité de la techno minimale et… d’une fille, Lyric, devenue DJ à ses côtés. Cette présentation de Floorpan, père et fille, s’inscrit également dans le contexte du festival MUTEK.

Ouri

26 août

Voilà une révélation de Montréal, ex-résidante de Guyane française : DJ, réalisatrice et multi-instrumentiste (harpe, violoncelle, etc.), cette artiste émergente offre un spectre impressionnant de rythmes, textures et propositions mélodiques. House, bass music, dubstep, jungle ou drum’n’bass sont évoqués dans cette musique souvent associée à Mind Bath, dont la voix de contreténor est mise en valeur dans un EP lancé en novembre dernier, soit quelques mois après qu’Ouri eut lancé Superficial, un premier album sous étiquette Make it Rain. La jeune musicienne a en outre participé au Red Bull Music Academy Bass Camp Montreal. L’excellent Boiler Room signé Ouri, exécuté à Montréal dans le cadre du 10e anniversaire de la plateforme Music Is My Sanctuary, a été visionné près de 60 000 fois depuis janvier.

Poirier

2 septembre

Cofondateur du collectif Qualité de Luxe qui présente régulièrement des soirées afro-house et afro-électro dans l’île, vétéran du djisme et beatmaking montréalais à qui l’on doit les soirées Bounce Le Gros, Karnival et Sud-Ouest, le très prolifique Ghislain Poirier demeure en pleine possession de ses moyens : habitué de l’Igloofest et du Piknic Électronik, omniprésent sur la scène électro montréalaise, il poursuit ses intégrations de musiques africaines ou antillaises, afro-électro, afro-house, dancehall, hip-hop et plus encore. Lancé en 2017, l’EP Be Alright est le plus récent d’une quarantaine d’enregistrements déclinés sous formes d’albums, EP et singles.

Charlotte de Witte

3 septembre

De Belgique, la DJ et beatmaker Charlotte de Witte connaît une ascension fulgurante ; elle est sélectionnée dans les affiches principales de plusieurs festivals et reconnue par les meilleurs programmateurs du monde entier. D’allégeance techno, exclusivement techno en fait, cette artiste émergente depuis 2015 a sa signature propre. Force est de l’observer à travers une quinzaine d’EP, dont le récent The Healer sous étiquette NovaMute. Cette artiste très douée suggère une esthétique industrielle, robotique, carrément hypnotique, entrelardée de voix traitées, textes psalmodiés, épisodes magnifiquement planants, superbes paysages de synthèse.

Or:la

9 septembre

Or:la, Orlagh Dooley de son vrai nom, est un des coups de cœur des programmateurs au Piknic 2018, et pour cause. Originaire de Derry, en Irlande du Nord, cette résidante de Liverpool y organise les soirées Meine Nacht, en plus d’y avoir cofondé le label Deep Sea Frequency et sorti un premier enregistrement en 2017, Kyoto Dance. Artiste brillante, elle fait à la fois dans la UK bass music, la deep house, la tech-house, le breakbeat, le grime, la jungle, le drum’n’bass, le post-dubstep… Inutile d’ajouter que sa palette est riche. Ne vous reste qu’à contempler la qualité et le raffinement de ses intégrations.

Gui Boratto

16 septembre

Originaire de São Paulo, le DJ, compositeur et réalisateur Guilherme Boratto est l’un des Brésiliens les plus renommés sur la planète électro. On le connaît depuis plus d’une décennie, avec la parution de son album Chromophobia paru chez Kompakt en 2007, suivi de Take My Breath Away en 2009, III en 2011, Abaporu en 2014 et du récent Pentagram. On aime les lignes simples et claires de sa facture, on apprécie les chorus fédérateurs de ses propositions techno et house. Ses musiques récentes incluent de nombreux éléments mélodiques qui le rapprochent de la pop instrumentale.

Omar S

23 septembre

Authentique représentant de la techno originelle de Detroit, aussi féru de house, Alexander Omar Smith, dit Omar S, devrait attirer les fins connaisseurs du genre. Typique DJ et beatmaker technoïde du Michigan, cet ex-travailleur de l’automobile (chez Ford, nous indique son profil biographique) est apprécié pour son style à la fois cru et dépouillé. Depuis le milieu de la décennie précédente, on connaît ses enregistrements sous étiquette FXHE ; une pléthore d’EP et de singles, cinq albums dont le plus récent date de 2016 et s’intitule The Best, rien de moins.

Henrik Schwarz

30 septembre

Henrik Schwarz, 46 ans, est un compositeur, DJ et musicien allemand devenu célèbre dans le style deep house. Cela étant dit, son univers et ses associations artistiques dépassent clairement cette catégorie. Ses enregistrements avec le claviériste norvégien Bugge Wesseltoft, le bassiste suédois Dan Berglund, le pianiste suisse Nik Bärtsch ou le compositeur allemand Hauschka mènent à souligner ses hybridations électro-jazz ou expérimentales. De plus, il collabore régulièrement avec le tandem Âme (Frank Wiedemann et Kristian Beyer) et Dixon (Steffen Berkhahn), tous sous la bannière A Critical Mass. Il est également féru de minimalisme électro. C’est dire l’étendue de son spectre créatif… et la pertinence de cette clôture.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.