Mexique

« N’est-ce pas un changement que je sois ici pour vous informer ? »

— Le nouveau président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, qui a réitéré hier sa promesse de mettre fin à des décennies de secret, de sécurité renforcée et de luxe qui ont caractérisé les mandats de ses prédécesseurs. (Agence France-Presse)

Haïti

88 arrestations lors d’une opération antigangs

La police nationale d’Haïti (PNH) a arrêté 88 personnes lors d’une opération lancée dimanche au cœur de la capitale Port-au-Prince, théâtre depuis des mois d’affrontements entre gangs, a rapporté hier le porte-parole de l’institution. « L’opération vise à éclater le réseau de gangs qui opèrent dans la zone du centre-ville », a expliqué Gary Desrosiers, porte-parole de la PNH lors d’une conférence de presse. Parmi les 88 personnes arrêtées figurent trois chefs de gangs connus des forces de l’ordre. La police a saisi 27 machettes, une vingtaine de talkies-walkies, deux grenades lacrymogènes, quantité de chargeurs et de munitions correspondant aux cinq armes à feu saisies, parmi lesquelles un fusil automatique appartenant à la PNH. Le porte-parole de la police n’était pas en mesure hier de préciser la date ou les circonstances de la perte du fusil Galil retrouvé entre les mains d’un chef de gang. Trente-quatre policiers internationaux de la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth, déployée dans le pays depuis octobre 2017) ont apporté leur soutien à cette opération menée par les membres de la PNH.

— Agence France-Presse

Pays-Bas

Un tribunal refuse de rajeunir un homme de 20 ans

Un tribunal néerlandais a refusé hier de modifier l’âge légal d’un homme de 69 ans qui avait demandé à la justice de le rajeunir de deux décennies, dénonçant être « victime de discriminations ». Se décrivant comme un « jeune Dieu », Emile Ratelband souhaitait que sa date de naissance soit modifiée dans son passeport, passant du 11 mars 1949 au 11 mars 1969. Le tribunal d’Arnhem, dans le sud-est des Pays-Bas, a cependant refusé cette demande insolite. « La cour reconnaît la tendance dans la société à ce que les gens se sentent de plus en plus longtemps en forme et en bonne santé, mais ne voit pas cela comme un argument valide pour modifier la date de naissance de quelqu’un », a indiqué le tribunal dans un communiqué. Selon le médecin de M. Ratelband, l’âge biologique du sexagénaire se situe entre 40 et 45 ans, avait affirmé le père de famille célibataire au début de novembre. « Je me sens abusé, lésé et discriminé par mon âge », aussi bien sur le marché de l’emploi qu’en amour, avait déclaré à l’AFP M. Ratelband, coach personnel « spécialisé dans le développement de la conscience de soi ».

— Agence France-Presse

Yémen

Riyad autorise l’évacuation de houthis blessés

Le médiateur de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, est arrivé hier dans la capitale Sanaa contrôlée par les rebelles houthis qui ont pu évacuer 50 de leurs combattants blessés dans le cadre de « mesures de confiance » avant des pourparlers de paix prévus en Suède. Le Koweït a annoncé hier soir que la délégation des rebelles yéménites devant participer aux pourparlers quitterait Sanaa ce matin pour Stockholm. Vers 15 h, heure locale, 50 rebelles houthis blessés ont été évacués à bord d’un avion affrété par l’ONU vers Mascate, capitale du sultanat d’Oman, où l’agence officielle Ona a annoncé leur arrivée dans la soirée. Ce transfert des blessés à Oman est « en soutien aux efforts de l’ONU visant à préparer le terrain pour les pourparlers prévus en Suède », a indiqué l’agence officielle omanaise sur Twitter. Également via Twitter, M. Griffiths a « remercié sincèrement toutes les parties ayant rendu ce geste humanitaire possible ». Cette initiative vise à accélérer la tenue de pourparlers pour mettre fin à plus de trois ans de guerre entre le camp progouvernemental, appuyé notamment par l’Arabie saoudite, et les houthis, soutenus par l’Iran, selon des experts.— Agence France-Presse

« Bébés OGM »

L’OMS crée un groupe d’études sur la manipulation génétique

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, hier, la mise en place d’un groupe d’études sur la manipulation génétique après l’annonce par un scientifique chinois de la naissance de deux jumelles génétiquement modifiées, une première dans le monde. Une telle manipulation « ne peut avoir lieu sans des directives claires », a commenté le responsable de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant la presse à Genève. « L’OMS réunit des experts, et nous travaillons avec les États membres […] pour discuter des critères et des directives pouvant répondre aux problèmes éthiques et de sécurité au sein de la société », a-t-il ajouté. Un chercheur chinois, He Jiankui, a annoncé dans une vidéo diffusée la semaine dernière sur YouTube la naissance de deux jumelles dont l’ADN a été modifié pour les rendre résistantes au virus du sida. Leur père est infecté par le VIH. La condamnation a été générale dans la communauté scientifique et a suscité une dénonciation des autorités de Pékin, qui ont exigé la suspension des « activités scientifiques des personnes impliquées ». Le groupe d’études de l’OMS est en voie d’être créé, a expliqué M. Tedros. — Agence France-Presse

Meurtre de Jamal Khashoggi

La cheffe de la CIA sera entendue par des parlementaires

Le directrice de la CIA Gina Haspel va être entendue aujourd’hui par des parlementaires sur ce que sait l’agence de renseignement concernant le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, a indiqué hier un sénateur américain. Le républicain Bob Corker, chef de la puissante Commission des affaires étrangères, n’a pas voulu entrer dans les détails de cette réunion, précisant simplement qu’elle aurait lieu à 11 au Sénat et que seul « un petit groupe » de parlementaires y participerait. Mme Haspel n’avait pas répondu à l’invitation des sénateurs, qui avaient entendu à huis clos, le 28 novembre, les ministres de la Défense Jim Mattis et des Affaires étrangères Mike Pompeo sur les informations dont dispose l’administration de Donald Trump au sujet de l’assassinat de Jamal Khashoggi, début octobre, au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. L’absence de la cheffe de la CIA avait outré de nombreux sénateurs, y compris au sein des rangs républicains. Journaliste critique du pouvoir saoudien, Jamal Khashoggi vivait depuis 2017 aux États-Unis, où il était collaborateur pour le Washington Post.

— Agence France-Presse

Hongrie

L’université de Soros forcée de quitter Budapest

Épilogue d’un long bras de fer en Hongrie avec le gouvernement de Viktor Orban, l’Université d’Europe centrale (CEU), fondée par le milliardaire George Soros et dirigée par l’ancien chef du Parti libéral du Canada Michael Ignatieff, a annoncé hier le déménagement de l’essentiel de ses activités de Budapest à Vienne.

« La CEU est forcée de quitter Budapest », a estimé cet établissement anglophone créé en 1991 et entré depuis deux ans dans le collimateur du dirigeant national-souverainiste, qui a fait du financier américain George Soros sa bête noire, l’accusant notamment d’être favorable à l’immigration.

Ce déménagement, prévu pour commencer en septembre, concernera les cursus internationaux qui ont fait la réputation de l’université, laquelle a formé plus de 10 000 étudiants étrangers depuis son établissement dans la capitale hongroise.

Il intervient après 20 mois de contentieux avec le gouvernement, à la suite du vote en avril 2017 d’une loi obligeant les universités étrangères implantées en Hongrie à disposer d’un campus et de cursus dans leur pays d’origine.

L’université, qui assure avoir effectué ces derniers mois les démarches nécessaires aux États-Unis, a dénoncé une mesure politique des autorités hongroises, qui ne lui ont pas permis de poursuivre ses principales activités malgré ses efforts.

« L’éviction arbitraire d’une université réputée constitue une violation flagrante de la liberté académique », estime la CEU, jugeant « sans précédent » qu’un établissement américain soit « forcé de quitter un pays allié au sein de l’OTAN ».

Contentieux avec l’Europe

L’avenir de cette université était l’un des principaux sujets de contentieux entre Budapest et les institutions européennes, qui s’inquiètent d’une remise en cause des libertés de l’enseignement dans un pays dont le dirigeant est régulièrement mis en cause pour ses atteintes à l’État de droit.

Fondée peu après la chute du communisme pour promouvoir la démocratie libérale, cette université s’affiche comme étant un des meilleurs établissements internationaux européens en sciences humaines et sociales et comme un lieu de débat favorisant l’ouverture et le progressisme.

George Soros, un spéculateur philanthrope de 88 ans, est la cible régulière partout sur la planète de dirigeants autoritaires qui l’accusent de comploter contre leur pays par le biais d’ONG qu’il finance.

— Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.