Politique

Les échos des collines

Chaque samedi, nos correspondants parlementaires de Québec et d’Ottawa nous livrent un coup d’œil décontracté sur l’actualité de la dernière semaine. — La Presse

« Caltor ! »

Le vocabulaire du journal des débats parlementaires de la Chambre des communes ne cesse de s’enrichir de québécismes – et le député néo-démocrate Pierre Nantel est l’un de ceux qui y contribuent régulièrement. Cette semaine, il s’est enflammé en posant une question sur les compressions à TVA. « J’ai honte de ce Parlement qui laisse notre culture, notre démocratie et nos emplois en pâture au Big Brother américain […] Pourquoi ? Caltor ! », s’est-il exclamé. À l’issue de la période des questions, la députée libérale Linda Lapointe a fait un rappel au règlement pour lui demander de retirer ces propos. Une demande à laquelle Pierre Nantel n’a pas voulu accéder, y allant de cet argument : « Monsieur le Président, j’aimerais bien savoir en quoi j’ai pu manquer de respect. J’ai émis une interjection, “caltor”, mais ça aurait aussi pu être “épine de rose” ou “citron”. » Difficile de dire si le président de la Chambre, le Néo-Écossais Geoff Regan, était en mesure de statuer sur le caractère parlementaire du mot « caltor ».

Des excuses sincères

La longue session parlementaire du printemps tire à sa fin et, comme c’est souvent le cas à cette période de l’année, les députés ont la mèche courte. Même le premier ministre montre des signes d’irritation. Il a dû faire amende honorable au Salon bleu, jeudi, après avoir traité l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette de « goon ». Comme vous pouvez le voir, il a présenté des excuses très sincères au député libéral.

Un silence bien bref

Moment (très) inusité au Parlement : la députée solidaire du centre-ville de Québec, Catherine Dorion, a offert un moment de silence en pleine période des questions, hier. Alors qu’elle questionnait la ministre des Communications, Nathalie Roy, sur la crise des médias, elle a précisé qu’elle faisait une pause volontaire, en silence, pour laisser le temps à sa vis-à-vis de « ramasser ses idées ». Une intervention au ton « méprisant », a répliqué la caquiste, précisant qu’elle n’avait « pas besoin de son silence pour réfléchir ». À son tour, elle a ensuite décoché un tir en lui reprochant de faire la morale alors que la jeune élue publie fréquemment des vidéos sur les plateformes qu’elle dénonce. « S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! », a rapidement tonné le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, alors que les députés réagissaient de plus belle.

Bon appétit, Monsieur le Ministre !

Le leader parlementaire, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et ministre responsable de la laïcité, Simon Jolin-Barrette, est ultra sollicité en cette fin de session parlementaire. Alors que le gouvernement Legault tente de faire adopter d’ici vendredi ses projets de loi sur l’immigration et la laïcité, le ministre ne compte plus les heures passées à l’une ou l’autre des études détaillées. Mais à un moment donné, il faut manger. M. Jolin-Barrette a été surpris (et a bien ri) quand la caméra s’est tournée vers lui, en commission, alors qu’il mangeait sa banane. Bon appétit !

Une invasion de fonctionnaires !

Le ministre des Finances Bill Morneau s’est présenté cette semaine au comité des finances du Sénat avec une armée de fonctionnaires alors qu’il s’apprêtait à témoigner pour défendre son projet de loi visant à mettre en œuvre son budget. Pas moins de 70 fonctionnaires l’ont accompagné le jour de son témoignage. L’invasion de fonctionnaires était telle qu’il a fallu en diriger un certain nombre vers une salle adjacente pour les accueillir. La délégation du ministère des Finances a alimenté bien des conversations de corridors au parlement alors que les travaux parlementaires tirent à leur fin.

La déclaration de la semaine

« J’aime l’idée de dire adieu. Les dernières semaines et les derniers mois ont été une expérience assez étrange pour moi. C’est un peu comme si j’étais à mes propres funérailles. Les gens m’accostent pour me dire ce qu’ils pensent de moi, le bon et le mauvais, et j’entends des propos que, selon moi, nous n’échangeons pas assez souvent entre nous. »

— Le député britanno-colombien Nathan Cullen, du Nouveau Parti démocratique, dans son discours d’adieu à la Chambre des communes, mercredi. Reconnu comme l’un des meilleurs parlementaires, M. Cullen a annoncé qu’il quittait la politique fédérale après avoir siégé 15 ans aux Communes.

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