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ANDRÉ PRATTE

La Grande Réussite

La Grande Réussite

La Grande Bibliothèque (GB) a franchi vendredi le cap des 25 millions de visites depuis son ouverture il y a neuf ans. En moyenne, l’institution a accueilli 2,8 millions de personnes par année, deux fois plus que ce qu’on prévoyait au départ. La popularité de la GB est d’autant plus frappante qu’à l’époque où le projet a été conçu, les sceptiques étaient nombreux. L’écrivain Claude Jasmin, parmi bien d’autres, avait parlé d’une « bêtise », d’un « éléphant blanc ».

Or, contrairement à d’autres pachydermes de notre histoire (Mirabel, Stade olympique), la Grande Bibliothèque est, à toute heure, grouillante de monde. Les usagers sont de tous âges, de toutes origines. Comment expliquer cette réussite ? L’idée de concentrer au cœur du Quartier latin une imposante collection d’ouvrages généraux, la collection nationale, des centaines de milliers de journaux et revues et des dizaines de milliers de documents audiovisuels s’est avérée porteuse.

De plus, les architectes ont conçu un lieu magnifique par sa simplicité, sa chaleur et par le calme qui y règne malgré l’achalandage important. Le personnel est compétent et serviable. Enfin, la Grande Bibliothèque est beaucoup plus qu’un grand entrepôt de documents, comme aime à l’expliquer son président-directeur général, Guy Berthiaume : « Les bibliothèques du XXIe siècle, ce sont de véritables centres culturels où l’on trouve des expositions, des spectacles, des récitals, des conférences, des lectures publiques, des débats, toute une foule d’activités qui contribuent au bouillonnement artistique et intellectuel de notre société. » Ce rôle de centre culturel, la GB le remplit merveilleusement bien.

Les critiques craignaient que l’investissement de 100 millions pour la construction de la Grande Bibliothèque ne se traduise par l’appauvrissement des bibliothèques de quartier à Montréal et des bibliothèques municipales ailleurs dans la province. Or, c’est le contraire qui est arrivé : la popularité du nouvel équipement a convaincu le gouvernement du Québec et les municipalités d’investir pour que les bibliothèques locales deviennent elles aussi des lieux agréables à fréquenter. À Montréal, des édifices ont été construits ou rénovés, les heures d’ouverture prolongées, le nombre de bibliothécaires accru ; les emprunts ont augmenté de 40 % depuis 2006.

M. Jasmin évoquait avec nostalgie le « pauvre petit local de rien du tout, à l’étage d’un poste de pompiers » qu’il avait fréquenté dans sa jeunesse. Il en faut plus pour attirer les lecteurs du XXIe siècle.

La Grande Bibliothèque doit son succès, notamment, à sa première dirigeante, Lise Bissonnette. Depuis 2009, sous la direction de son successeur, la GB a pris résolument le virage numérique. Plus de 60 000 livres numériques sont aujourd’hui disponibles et le nombre d’emprunts à distance augmente à un rythme exponentiel.

En somme, comme l’a affirmé M. Berthiaume, la Grande Bibliothèque et les Archives nationales du Québec sont « un motif de fierté pour le Québec tout entier ».

La Grande Bibliothèque en chiffres

2005

Année de l’inauguration de la Grande Bibliothèque, à Montréal.

97,9 MILLIONS

Coût de la construction et de l’aménagement de la Grande Bibliothèque.

100 000

Nombre moyen d’emprunts par semaine

+ 273%

Hausse du nombre de documents numériques empruntés entre 2011-2012 et 2012-2013.

78,5 MILLIONS

Contribution annuelle du gouvernement du Québec au fonctionnement de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Sources : archives La Presse, BAnq, Conseil du trésor, Budget des dépenses 2013-2014.