Tragédie de L'Isle-Verte

D’Amour plaidait pour des normes moins sévères dans les résidences

SAINT-FÉLICIEN

 — Depuis l’incendie à L’Isle-Verte, les libéraux disent vouloir renforcer les normes de sécurité dans les résidences privées pour personnes âgées. Mais il y a quelques mois, leur député local, Jean D’Amour, demandait le contraire pour les petites résidences privées, critiquant même le statu quo. 

La loi 16, adoptée par le gouvernement libéral en 2011, exigeait notamment la présence physique d’un employé la nuit. 

« Je crois que cette loi va trop loin et qu’elle n’a pas été assez bien analysée. » 

— Jean D’Amour en entrevue avec Le Saint-Laurent Portage, l’automne dernier

Il avait même écrit au ministre de la Santé, Réjean Hébert. La présence d’employés de nuit était déjà obligatoire pour les résidences de plus de 50 unités. C’était le cas de la Résidence du Havre, qui en comptait 52. Selon sa fiche, deux employés, dont une infirmière auxiliaire, devaient s’y trouver au moment de l’incendie.

Hausse des loyers anticipée

La loi 12 exigeait que les plus petites résidences privées aient un employé de nuit. Mais le coût serait prohibitif pour les petites résidences, expliquait M. D’Amour. Il acheminait les demandes de la Fédération des organismes sans but lucratif (OSBL) d’habitation du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. 

Par exemple, pour les Habitations des Cônes de Saint-Modeste, la facture s’élèverait à 77 896 $, ce qui se traduirait par une hausse de loyer de 650 $ pour les résidants autonomes et semi-autonomes. Le député libéral craignait que les loyers ne deviennent hors de prix ou que les résidences ferment, ce qui aurait poussé les personnes âgées à finir leur vie loin de leur région.

M. D’Amour ne demandait pas qu’on aide financièrement ces résidences pour implanter ces mesures. Il voulait plutôt qu’on allège cette norme pour les résidences de moins de 35 unités. Elles devraient, selon lui, pouvoir utiliser une « surveillance passive » ou des moyens de « surveillance électronique ».

Joint hier, M. D’Amour a tenu à rappeler qu’il transmettait une demande des OSBL, que le ministre Hébert « partageait sa préoccupation » et que la modification n’aurait pas touché la Résidence du Havre de L’Isle-Verte, qui comptait plus de 50 unités.

Le ministre Hébert a même repris cette idée dans son projet de règlement déposé entre Noël et le jour de l’An.

Mais la tragédie à L’Isle-Verte l’incite aujourd’hui à « nuancer sa position ». « On pourrait plutôt offrir une contribution financière pour aider [les OSBL de 35 unités et moins] à assurer la présence d’un employé la nuit », propose-t-il.

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