Cannabis

Un administrateur d’Hexo veut poursuivre les usagers d’un forum boursier

Un administrateur du principal fournisseur de la Société québécoise du cannabis (SQDC) veut forcer six entreprises de télécommunications à lui dévoiler l’identité des personnes qui se cachent derrière des pseudonymes pour l’associer à la mafia, sur un forum de discussion pour investisseurs en Bourse.

Vincent Chiara, un magnat de l’immobilier québécois qui siège aussi au conseil d’administration du producteur de cannabis légal Hexo, veut absolument connaître l’identité des personnes qui publient des conseils financiers sous les pseudonymes « Maltik4005 », « QuickKash » et « birdie64 », afin de les poursuivre en diffamation.

Dans une requête déposée à la Cour supérieure, M. Chiara dit avoir été informé que ces trois usagers tenaient des propos diffamatoires à son sujet sur le forum de discussion de Stockhouse, un site spécialisé en informations financières qui invite les investisseurs à discuter de placements boursiers.

Les propos ont été tenus début janvier dans une section du forum consacrée aux discussions sur Hexo.

« Je me concentrerais sur leur financement illégal si je devais les attaquer », écrivait Maltik4005 au sujet de l’entreprise, qui alimente la SQDC en cannabis et dont les actions se négocient à la Bourse de Toronto.

« Vincent Chiara est une façade pour la famille Rizzuto (mafia italienne) et l’enquête actuelle de la GRC et de la police provinciale sur leur financement illégal est la raison clé pour ne pas toucher à Hexo », poursuivait l’internaute, protégé derrière son pseudonyme.

« Il possède l’édifice où Rizzuto opérait une maison de jeu illégale », ajoutait QuickKash, au sujet de M. Chiara.

« Le mot se passe, ils sont à vendre ! Le problème est que personne ne veut danser, l’un des membres du conseil est un membre du clan Rizzuto (mafia), personne ne veut les toucher. Santé Canada le sait, la GRC le sait », a renchéri birdie64 dans son analyse de la situation d’Hexo.

Diffamatoire

« Une simple lecture des publications démontre clairement que les remarques qu’elles contiennent sont diffamatoires et qu’elles associent le plaignant Chiara et donc le plaignant Groupe Mach à une organisation secrète et illégale, la mafia Rizzuto », précise la requête déposée en cour par Vincent Chiara et son entreprise immobilière, le Groupe Mach.

Les demandeurs soulignent que, dans une autre cause, la cour a déjà jugé que des propos similaires tenus sur un autre site web constituaient de la diffamation.

Le site Stockhouse a retiré les propos litigieux des usagers visés par la requête et suspendu temporairement leur accès au forum. Il a aussi transmis les adresses courriel associées aux trois pseudonymes concernés et les adresses IP à partir desquelles ils ont publié leurs messages.

Les avocats de M. Chiara et du Groupe Mach ont donc pu constater que les trois usagers du forum avaient utilisé les connexions de Telus, Cogeco, Vidéotron, Oricom, Ebox et Vianet pour accéder au site. Ils demandent maintenant à la cour de forcer ces six fournisseurs d’accès internet à révéler l’identité réelle des trois usagers.

« Les plaignants sont certains qu’il n’y a aucune autre façon par laquelle ils pourrait identifier les usagers anonymes et ainsi exercer leurs droits dans une éventuelle poursuite pour dommages à la réputation », précise la requête.

Aucune date n’a encore été fixée pour entendre la cause.

Enjeu sérieux

L’enjeu est sérieux pour M. Chiara, qui souligne siéger au conseil de deux sociétés cotées en Bourse : Hexo et Pro Real Estate Investment Trust.

L’homme d’affaires, qui est lui-même avocat, précise aussi que son entreprise immobilière Groupe Mach, avec ses 20 millions de pieds carrés de propriétés commerciales, est aujourd’hui « l’un des plus gros propriétaires d’espaces de bureau au Québec ».

Le Groupe Mach possède l’édifice Sun Life, la tour CIBC, la tour de la place Victoria et, depuis 2016, la Maison de Radio-Canada à Montréal.

Construction d'une prison pour migrants

Les bureaux d'un entrepreneur vandalisés

Une autre entreprise impliquée dans la construction du nouveau centre de détention des services frontaliers, à Laval, a été attaquée par des militants d’extrême gauche, dans les derniers jours.

Après une attaque aux criquets visant la firme d’architectes Lemay, le printemps dernier, la façade du siège social de l’entreprise de construction Loiselle a été couverte de peinture blanche fin janvier. Le bâtiment est situé à Salaberry-de-Valleyfield.

En plus de la peinture projetée sur une large surface, les militants ont écrit les mots « Non à la prison pour migrants » à la bombe aérosol.

« Quand c’est arrivé, on ne savait pas qui avait fait ça, on n’a pas compris », a expliqué Paul Béluse, grand patron de l’entreprise, en entrevue téléphonique. Le lien avec un contrat exécuté pour le compte de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est seulement apparu par après.

« On a juste excavé, on a décontaminé un terrain, comme on le fait habituellement », a continué M. Béluse. « Je ne veux pas de trouble avec ces gens-là. »

Des militants de la même allégeance avaient revendiqué, en mai dernier, le déversement d’une grande quantité de criquets visant le cabinet d’architectes Lemay, à Montréal. Les responsables de l’attaque s’étaient finalement trompés de cible et les insectes avaient abouti dans les locaux d’une firme de génie qui occupe une partie du bâtiment du cabinet d’architectes.

Loiselle et Lemay ont été retenus par Ottawa pour remplacer l’établissement où sont actuellement détenus certains immigrants en situation irrégulière, un projet de 56 millions. Le nouveau bâtiment devrait être inauguré l’an prochain.

« De la provocation »

Dans un appel à l’action diffusé à la fin de l’année dernière, des militants d’extrême gauche appelaient à la « confrontation directe » avec le chantier lui-même, mais aussi avec les entreprises et même les ouvriers impliqués dans la construction.

« L’État expulse de plus en plus de gens et souhaite accroître ses capacités à le faire », dénonçaient-ils dans un communiqué diffusé par la plateforme anarchiste Montréal Contre-Information. La construction d’un nouveau centre de détention, « c’est de la provocation, un acte de confrontation, une atteinte aux personnes sans-papiers, une attaque contre nos communautés ».

Paul Béluse a indiqué avoir porté plainte à la police.

Le système de vidéosurveillance de l’entreprise a filmé l’attaque. « Tu vois deux personnes, il n’y a pas de véhicule », a décrit le patron de Loiselle. Les individus ont utilisé un extincteur sous pression rempli de peinture, une technique dont le b.a.-ba est expliqué sur la plateforme virtuelle Montréal Contre-Information.

Depuis l’acte de vandalisme, Loiselle a fait effacer la peinture. « On pourrait évaluer ça à une semaine de travaux » avec une équipe de deux ou trois ouvriers, a indiqué M. Béluse.

Dans un bref courriel, l’Agence des services frontaliers du Canada a promis de se tenir sur ses gardes, sans toutefois réagir aux attaques contre ses contractants.

« L’ASFC est au courant des propos à caractère menaçant qui sont formulés à son égard et prend cela très au sérieux », a écrit Judith Gadbois-St-Cyr, porte-parole de l’organisation. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités policières et nos partenaires pour assurer la sécurité de nos employés et de nos installations. »

Suicide

« On est dû pour un plan d’action national »

Des organismes œuvrant en prévention du suicide pressent Québec de se doter d’une stratégie nationale en prévention du suicide. « Des mesures sont prises actuellement, mais c’est morcelé. Ça manque de cohérence », affirme le directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), Jérôme Gaudreault.

Directeur général de Suicide-Action Montréal, Luc Vallerand plaide lui aussi pour la même cause. « On est dû pour un plan d’action national spécifiquement sur cette question », dit-il.

Selon un document de la Direction régionale de santé publique de Montréal diffusé hier et utilisant les données les plus récentes sur le suicide, le taux de suicide chez les jeunes de 15 à 24 ans a diminué de plus de moitié en 15 ans, soit de 2001 à 2016. Mais la détresse reste élevée, notamment chez les jeunes filles de 12 à 17 ans, qui présentent de forts taux d’hospitalisation pour tentative de suicide.

Dans un communiqué publié cette semaine, l’AQPS rappelle que, chaque jour, « on compte 3 suicides au Québec et 80 tentatives » et que, donc, le sujet du suicide doit rester prioritaire.

M. Gaudreault rappelle que dans les années 90, alors que le Québec présentait des taux de suicide alarmants, le gouvernement avait adopté une stratégie nationale sur la prévention du suicide. « Dans les années qui ont suivi, on a vu une baisse marquée du taux de suicide », affirme M. Gaudreault. Mais en 2004, le plan d’action national n’a pas été renouvelé. Des mesures ont été incluses dans le Plan d’action national en santé mentale. Pour M. Vallerand, la cause du suicide devrait pouvoir à nouveau bénéficier d’un plan à elle seule.

Pas de portrait à jour

Du côté du Regroupement des endeuillés du suicide, on tient à préciser que les données présentées cette semaine datent de 2016 et qu’il est impossible actuellement d’avoir un portrait à jour du suicide au Québec. « C’est impossible de pouvoir évaluer de façon juste un rendement basé sur des données qui datent de trois ans », dit Marlène Gauthier, instigatrice du Regroupement des endeuillés du suicide.

Au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, on dit être déjà en train de consulter des intervenants afin « d’agir rapidement en adoptant des mesures ciblées en santé mentale et en prévention du suicide ».

Montréal

Fermetures majeures sur l’autoroute 15 et le boulevard Angrignon

Le démantèlement des structures du vieil échangeur Turcot et une reconfiguration routière majeure dans le secteur du boulevard Angrignon vont provoquer des entraves importantes sur le réseau routier dans tout le sud-ouest de Montréal durant la prochaine fin de semaine.

Autoroute 15

L’autoroute 15 sera complètement fermée à la circulation dans l’échangeur Turcot, et ce, dans les deux directions. Les entraves seront en place à compter de 22 h 30, ce soir, jusqu’à 5 h lundi matin.

En direction sud, l’A15 sera fermée à partir de l’autoroute Décarie jusqu’à l’entrée de la rue Atwater, au sud du canal de Lachine, et ce, dans les deux directions.

En direction nord, l’autoroute 15 sera fermée à la circulation dès la sortie du pont Champlain, jusqu’à l’entrée suivante. Les usagers du pont Champlain pourront emprunter la sortie 58 de l’A15 en direction du centre-ville. Le tronçon fermé est situé juste après.

La fermeture la plus importante sur l’A15 Nord interviendra toutefois à partir de la sortie 62 vers le boulevard de La Vérendrye, jusqu’à l’autoroute Décarie, à partir de minuit, ce soir, jusqu’à 5 h lundi matin.

Secteur Angrignon

À l’ouest de l’échangeur Turcot, c’est le réseau local dans l’arrondissement de LaSalle qui sera frappé de nombreuses entraves importantes. La fermeture de l’intersection de la rue Notre-Dame et du boulevard Angrignon entraînera la fermeture complète du boulevard, à partir de la rue Saint-Patrick jusqu’à l’autoroute 20.

La rue Notre-Dame Ouest sera elle aussi fermée à partir du boulevard Monk, dans l’arrondissement du Sud-Ouest, jusqu’à hauteur de l’avenue Dollard, dans l’arrondissement de LaSalle.

Par contre, l’interdiction de circuler ne touchera pas la circulation locale, notamment celle des camions qui doivent desservir les entreprises situées en bordure de la rue Notre-Dame, de part et d’autre de l’intersection Angrignon/Notre-Dame.

Toutes les entraves seront mises en place à partir de 22 h ce soir, jusqu’à lundi matin. Ces entraves permettront la mise en place d’une nouvelle configuration du réseau local, qui sera en vigueur lundi prochain.

Parallèle entre la CAQ et le KKK

Une caricature bloquée au Montreal Gazette

Le caricaturiste du quotidien Montreal Gazette accuse son journal d’avoir censuré une caricature dans laquelle il trace un parallèle entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le mouvement ultraraciste Ku Klux Klan. Terry Mosher, qui dessine sous le nom d’Aislin, a formulé ces allégations tard hier soir sur les réseaux sociaux, en diffusant l’image : un logo de la CAQ dont le « A » est caché derrière la capuche blanche d’un membre du KKK. « Message d’intérêt public : la Gazette ne veut pas imprimer cette caricature sur la CAQ et le KKK », a-t-il écrit. « Qu’en pensez-vous ? L’auriez-vous laissée passer ? » Un courriel envoyé à plusieurs patrons du Montreal Gazette était demeuré sans réponse au moment de mettre en ligne, tard hier soir, tout comme un courriel envoyé à M. Mosher. Ce dernier dessine pour le quotidien montréalais depuis 1972 et a signé certaines des caricatures politiques les plus célèbres de l’histoire politique contemporaine. Il a publié des dizaines de livres et a été fait Officier de l’Ordre du Canada. Cette controverse survient alors que les questions d’identité et d’immigration sont au centre du débat politique sur la scène provinciale. — Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Procès pour meurtre

Michel Cadotte était « perturbé », selon un expert de la défense

Un psychologue qui a témoigné hier pour la défense au procès de Michel Cadotte a soutenu que l’état d’esprit de l’accusé était « perturbé » lorsque sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer est morte. Michel Parisien est le dernier témoin appelé à la barre par la défense au procès pour meurtre au deuxième degré de Jocelyne Lizotte, âgée de 60 ans et atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé, qui vivait dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). M. Cadotte a déclaré lundi au jury qu’il avait étouffé sa femme parce qu’il voulait mettre fin à ses souffrances. Michel Parisien a raconté hier qu’il avait rencontré M. Cadotte à quatre reprises, au printemps dernier, et lui avait fait passer des tests qui ont démontré selon lui un état de détresse qui existait bien avant le 20 février 2017, jour du meurtre. Le témoin expert de la défense a soutenu que M. Cadotte était déchiré entre le désir de s’assurer que sa femme reçoive les meilleurs soins possible et le souhait exprimé par Mme Lizotte de ne jamais vivre dans de telles conditions.

— La Presse canadienne

Nominations partisanes

François Legault se défend d’avoir renié sa parole

Le premier ministre François Legault se défend d’avoir renié sa promesse de mettre fin à la nomination des « petits amis » en disant qu’il connaît Catherine Loubier depuis à peine six mois. Mercredi, le Conseil des ministres a nommé Mme Loubier au poste de déléguée générale du Québec à New York. Elle était jusqu’à tout récemment directrice adjointe du cabinet de M. Legault. Ce dernier l’avait désignée pour préparer la transition d’un éventuel gouvernement caquiste au début du mois de juillet, dans les semaines précédant la campagne électorale. L’année dernière, François Legault avait déclaré : « Les nominations partisanes et les cadeaux aux petits amis, c’est terminé. » Lorsqu’on lui a rappelé ses propos hier, M. Legault s’est défendu d’avoir renié sa parole. « C’est une personne que je ne connaissais même pas il y a six mois. Donc, je ne sais pas c’est quoi, votre définition de petits amis », a-t-il répondu. Mme Loubier est selon lui « la meilleure personne » pour ce poste. Elle a été conseillère politique de Stephen Harper et a travaillé en communication, entre autres, pour Renault-Nissan à Paris. Son conjoint habite New York.

— Tommy Chouinard, La Presse

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