Procréation assistée

La clinique de fertilité OVO licencie le tiers de ses employés

La Clinique de fertilité OVO, l’une des plus importantes au Québec, a renvoyé 40 employés, hier, tout en blâmant les restrictions imposées par le gouvernement au remboursement de la procréation assistée, a appris La Presse.

Les postes supprimés représentent le tiers des employés de l’entreprise : les coupes touchent tant le personnel médical que le personnel administratif.

Joint au téléphone, le grand patron de la clinique a confirmé que le couperet était tombé vers 15 h.

« On a retardé au maximum cette décision en espérant que le gouvernement allait se raisonner et voir tous les effets néfastes de la loi 20, a déploré le Dr François Bissonnette. Mais il faut se rendre à l’évidence : le miracle n’est pas survenu, et on n’a pas d’autre choix. »

Les licenciements représentent une masse salariale de 1,6 million. « Là-dedans, il y a des employés surspécialisés – des embryologistes – qui vont être très difficiles à replacer, a déploré le Dr Bissonnette. Il y a aussi des infirmières spécialisées. »

BAISSE IMPORTANTE DE NOUVEAUX PATIENTS

En novembre dernier, l’Assemblée nationale adoptait le projet de loi 20 qui resserrait de façon importante le remboursement public des traitements de fécondation in vitro. Dorénavant, seuls les couples sans enfant et qui n’ont pas fait le choix d’une stérilisation volontaire auront accès à un crédit d’impôt. Pour les couples dont le revenu est de moins de 50 000 $, le crédit atteindra 80 %. Chez les couples au revenu supérieur à 120 000 $, le crédit atteindra plutôt 20 %.

Depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, OVO a subi une chute importante dans le nombre de nouveaux patients, a indiqué le Dr Bissonnette. « C’est une conséquence directe, a-t-il assuré. Avec les changements législatifs, c’est évident que les gens n’auront pas les moyens de s’offrir les traitements qui sont nécessaires. »

« Contrairement à ce que le ministre a pu dire, je n’ai pas vu un cycle, à date, qui serait couvert dans le nouveau programme, a-t-il ajouté. C’est d’un ridicule consommé. »

Le médecin a d’ailleurs laissé entendre que les activités de la clinique continueraient à péricliter : « C’est sûr qu’il y a des mesures transitoires [destinées aux couples déjà engagés] qui font qu’on maintient encore une activité, mais il est clair que cette activité-là, elle va chuter. »

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