Analyse

Le moteur qui propulse les Bruins

Les vedettes sont difficiles à dénicher si on ne repêche pas dans le top 5, répète souvent le directeur général du Canadien, Marc Bergevin.

À Boston, les membres du premier trio des Bruins font souffrir leurs adversaires des Maple Leafs de Toronto au premier tour éliminatoire. Ils ont déjà 20 points après deux rencontres. Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak ont été pendant toute la saison le moteur des surprenants Bruins, que peu d’observateurs voyaient amasser 112 points cette saison. 

Pourtant, aucun d’entre eux n’a été repêché tôt.

Nom/rang au repêchage/points en 2017-2018/matchs joués en 2017-2018

Patrice Bergeron : 45e choix en 2003, 63 points, 64 matchs

Brad Marchand : 71e choix en 2006, 85 points, 68 matchs

David Pastrnak : 25e choix en 2014, 80 points, 82 matchs

On pourrait poursuivre ainsi avec d’autres joueurs. Le deuxième centre de l’équipe, David Krejci, est, tout comme Bergeron, un choix de deuxième tour (2004, 63e au total). Ryan Danton (63e), Danton Heinen (116e) et Anders Bjork (146e) ont tous été repêchés après le premier tour.

En défense, Charlie McAvoy est un 14e choix au total en 2016, Brandon Carlo, un choix de deuxième tour en 2015 tandis que Torey Krug n’a jamais été repêché.

Les Maple Leafs rentrent à Toronto le caquet bas. Malgré sa réputation et son talent, Auston Matthews a fait pâle figure devant Bergeron. « Leur gros trio est solide dans les trois zones », a maugréé le défenseur Jake Gardiner aux journalistes après le match de samedi. « Et ils ne font pas de cadeau en zone offensive. »

Matthews est toujours à la recherche d’un premier point et il a une fiche de - 2. L’absence du meilleur centre défensif de l’équipe, Nazem Kadri, suspendu pour trois matchs, n’aide en rien. « Ça ne donnerait rien de s’apitoyer sur son absence, a déclaré l’entraîneur-chef Mike Babcock ce week-end. Nous avons une meilleure équipe que ce que nous démontrons en ce moment. Il faut éliminer les distractions et jouer de la bonne façon. »

Babcock devra trouver le bon trio, et la bonne paire de défenseurs, pour contrer ce formidable trio. Une tâche colossale à accomplir.

APRÈS DEUX MATCHS

Patrice Bergeron : cinq aides

Brad Marchand : un but, cinq aides

David Pastrnak : quatre buts, cinq aides

LE FRÈRE DE L’AUTRE

On doit à Keith Gretzky l’arrivée de Pastrnak, McAvoy, Heinen, Carlo, Bjork et compagnie. Le frère de l’illustre Wayne, arrivé chez les Bruins en 2011, a agi à titre de recruteur en chef entre 2013 et 2016. Gretzky, aujourd'hui employé des Oilers d’Edmonton, comptait sur l’appui de l’un de ses prédécesseurs, Scott Bradley, responsable des acquisitions de Krejci, Bergeron et Marchand avant d’être promu adjoint au DG Don Sweeney.

En 2015, Gretzky détenait trois choix de premier tour. Il a repêché successivement entre le 13e et le 15e rang Jakub Zboril, Jake DeBrusk et Zach Senyshyn. Seul DeBrusk a atteint la Ligue nationale. Mathew Barzal, Kyle Connor, Thomas Chabot et Brock Boeser étaient pourtant toujours disponibles. Il s’agit de l’une des rares taches noires à son dossier.

UN RECORD

Les six points de Pastrnak samedi lui ont permis d’établir un record. Il est devenu, à 21 ans, le plus jeune joueur à obtenir six points dans un match de séries éliminatoires. Wayne Gretzky avait 22 ans lorsqu’il a réussi l’exploit pour la première fois. Pastrnak a aussi égalé le record d’équipe de Phil Esposito et Rick Middleton pour le plus grand nombre de points dans un match éliminatoire. « Six points dans un match de la Coupe Stanley avec un tour du chapeau ? C’est spécial », a dit l’entraîneur-chef Bruce Cassidy, après le match de samedi.

C'est spécial, oui. Mais à en juger par les succès de l’équipe de recruteurs des Bruins, ça semble aussi presque normal. 

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