Cet écran a été partagé à partir de La Presse+ Édition du 9 juin 2013, section ACTUALITÉS, écran 4

MÉDIAS

Les risques de la e-réputation

Les risques de la e-réputation

On nous répète depuis des années qu’il faut faire attention aux traces qu’on laisse sur les réseaux sociaux. Et de plus en plus, les grandes entreprises et les firmes de recrutement consultent les profils d’éventuels candidats avant de les rencontrer en entrevue.

Une étude récente de la firme On Device Research – firme spécialisée dans la recherche en ligne – vient rappeler à quel point il faut être prudent lorsqu’on dévoile des pans de sa vie privée sur Facebook, YouTube, Twitter et LinkedIn. On apprend dans cette recherche réalisée auprès de 6000 jeunes âgés de 16 à 34 ans que 10 % d’entre eux estiment avoir perdu une occasion d’embauche à cause de photos ou commentaires déplacés dans les réseaux sociaux ou encore, parce qu’ils avaient « aimé » des trucs discutables.

Les jeunes gens interviewés résident au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Nigeria, en Inde, au Brésil et en Chine. Ils semblent plus soucieux de l’image qu’ils projettent auprès de leurs amis qu’auprès d’éventuels employeurs. La majorité des répondants affirme avoir déjà modifié son profil afin de projeter une meilleure image dans son cercle d’amis. Paradoxalement, ils ne croient pas que les réseaux sociaux puissent nuire à leur carrière. Et rien n’indique qu’ils cesseront d’utiliser les réseaux sociaux afin de protéger leur vie privée.

Snapchat gagne en popularité

Par contre, les jeunes vont peut-être privilégier des réseaux sociaux qui sont moins risqués pour leur réputation. C’est le cas de Snapchat, un réseau d’échange de photos et de courtes vidéos qui gagne en popularité chez les jeunes depuis un an. Les photos et les vidéos s’affichent 10 secondes maximum puis disparaissent. Elles peuvent rester emmagasinées sur les serveurs de Snapchat jusqu’à un mois avant qu’on ne les efface pour de bon (récemment, à la suite de plaintes d’utilisateurs, les créateurs de Snapchat ont dû s’expliquer sur leur blogue à propos de la durée de sauvegarde des images). Et lorsqu’un de vos amis fait une capture d’écran pour sauvegarder une image que vous lui avez envoyée, vous recevez un petit message qui vous en avise.

Créé il y a deux ans par Evan Speigel et Bobby Murphy, deux jeunes diplômés de l’Université Stanford aujourd’hui âgés de 22 et 24 ans, Snapchat est désormais plus populaire qu’Instagram : il génère environ 150 millions de photos ou courtes vidéos chaque jour (le double qu’en février dernier), alors qu’Instagram en génère 40 millions. Plusieurs médias américains ont consacré de longs reportages sur Snapchat au cours de la dernière année, insistant sur le fait que c’est le réseau social idéal pour s’envoyer des sextos (des textos à caractère sexuel). Les créateurs de l’application s’en défendent bien, mais du même souffle, ils expliquent que ce sont bel et bien les sextos qui les ont inspirés. En entrevue, ils ont raconté avoir eu l’idée de cette application à la suite du scandale d’Anthony Weiner, ce politicien américain aujourd’hui candidat à la mairie de New York qui avait envoyé plusieurs photos osées de lui à des jeunes femmes par l’entremise de Twitter. Il aurait évité tout un scandale si Snapchat avait existé à l’époque...

L’avenir est-il aux applications éphémères ? Chose certaine, elles représentent une solution à la protection de la e-réputation. Une façon de permettre aux gens de dire ce qu’ils pensent et d’échanger des photos rigolotes avec leurs amis sans trop se soucier des empreintes qu’ils laissent derrière eux.

Le marathon de Boston

« La chasse à l’homme dans les rues de Watertown à la suite de l’attentat terroriste au marathon de Boston illustre bien ce moment où un journaliste traditionnel peut faire son travail de manière plus efficace sur Twitter que sur n’importe quel médium », écrit le journaliste Seth Mnookin dans le dernier numéro du Nieman Reports. Le programmeur Hong Qu, qui cosigne l’article, ajoute que « cette chasse à l’homme a été un point tournant pour le journalisme et pour les citoyens ordinaires, qui ont pu participer à la couverture de l’événement sans carte de presse ». À lire.

http://www.nieman.harvard.edu/reports.aspx

Der Spiegel en arrache

Véritable référence dans le paysage journalistique international, Der Spiegel traverse, comme bien des médias écrits à travers le monde, des moments difficiles. Fondé en 1947, il vient de fusionner ses deux salles de rédaction à la suite du départ de ses deux rédacteurs en chef, qui ne s’entendaient plus sur la direction à prendre pour assurer l’avenir de la publication, qui demeure tout de même au premier rang des magazines les plus lus en Allemagne. Beaucoup de pression donc pour le nouveau patron, Wolfgang Büchner, nommé récemment et qui devra faire traverser la crise au Spiegel.