SANTÉ PUBLIQUE

Un Montréalais
sur trois souffre de maladies chroniques

Montréal compte 19 % de fumeurs, 16 % de gens obèses, 21 % de citoyens qui ne font pas assez d’activité physique et 59 % de personnes qui ne consomment pas assez de fruits et de légumes, révèle la plus grande enquête menée à ce jour sur la santé des Montréalais par la Direction de la santé publique.

Ces habitudes de vie ont un impact sur la santé des citoyens : au moins un Montréalais sur trois est atteint de maladies chroniques, comme l’hypertension, l’asthme, le diabète ou la maladie cardiaque.

Dans la métropole, c’est sur le territoire de la Pointe-de-l’Île, dans l’Est, que les maladies chroniques touchent le plus de citoyens. Le directeur de la santé publique à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, le Dr Richard Massé, indique que différents facteurs expliquent ce résultat, notamment le taux élevé de citoyens démunis, sans emploi et peu scolarisés dans le secteur.

« La maladie chronique est responsable de 70 % des décès chez les adultes montréalais. »

— Extrait du rapport de la Direction de la santé publique
sur la santé des Montréalais

L’enquête de la Direction de la santé publique (DSP) a été réalisée auprès de 11 000 Montréalais de 15 ans et plus au cours de l’année 2012.

« On a voulu dresser un portrait de santé local, pour voir où exactement se trouvent les gens plus vulnérables et ajuster l’offre de soins en conséquence », note le Dr Massé.

PLUS CORPULENTS DANS L’EST

Les faits saillants de l’enquête de la DSP, appelée TOPO, révèlent notamment que les gens qui habitent le territoire de la Pointe-de-l’Île sont les plus corpulents de la métropole. On y compte 21 % de personnes obèses, contre 10 % sur le territoire du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne, dans le centre de la ville.

« Sur notre territoire, les citoyens les plus vulnérables ont un accès difficile aux fruits et aux légumes. On va s’y pencher », souligne Claude Riendeau, directeur local de santé publique du CSSS de la Pointe-de-l’Île.

Au CSSS du Cœur-de-l’Île, on cherchera à mieux comprendre pourquoi 32 % des citoyens sont stressés – c’est le taux le plus élevé de la métropole. « On a aussi un fort taux de fumeurs et de buveurs excessifs », affirme Marie-Claude Fournier, adjointe à la direction de la santé publique du CSSS du Cœur-de-l’Île.

« Ces données vont influencer notre façon d’organiser nos stratégies. »

— Marie-Claude Fournier, adjointe à la direction de la santé publique
du CSSS du Cœur-de-l’Île

Sur le territoire du CSSS du Sud-Ouest–Verdun, 25 % des personnes sondées fument, soit bien plus que dans l’Ouest-de-l’Île (13 %). « On a encore du chemin à faire pour atteindre les taux de 15 à 16 % de Vancouver et Toronto », précise le Dr Massé.

Finalement, environ 35 % des Montréalais n’ont pas de médecin de famille, contre 12 % dans le reste du Québec. La situation est particulièrement préoccupante chez les nouveaux arrivants, où les deux tiers des citoyens n’ont pas de médecin de famille.

Au cours des prochains mois, d’autres données de l’enquête TOPO seront dévoilées. L’état de santé des jeunes de la 6e année du primaire à Montréal sera notamment analysé.

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