ANALYSE

Aggravation du solde commercial du Québec

Alors que le Canada dans son ensemble a profité de la reprise des exploitations des sables bitumineux pour améliorer son solde commercial avec l’étranger, celui du Québec s’est détérioré en juillet. Selon l’Institut de la statistique du Québec (IST), la valeur des exportations a diminué davantage que celle des importations. En définitive, cela donne un déficit dans le commerce international de marchandises de 774 millions. Il s’agit d’une détérioration de 56 millions, par rapport à juin. Exprimées en volumes, les exportations ont diminué de 3,4 % tandis que les importations ont reculé de 1,9 %.Selon les calculs de Marc Pinsonneault, de la Banque Nationale, les volumes d’exportations de juillet sont plus faibles que la moyenne mensuelle du deuxième trimestre, elle-même plus modeste que celle du premier trimestre. — La Presse

La Fed télégraphie une hausse prochaine

La Réserve fédérale américaine a choisi hier de camper encore une fois sur le statu quo, mais elle a clairement signalé qu’elle entend toujours donner un tour de vis cette année.

« Le Comité [de politique monétaire] considère que les arguments favorables à l’augmentation du taux des Fed Funds [le taux directeur] se renforcent, mais a choisi, pour l’heure, d’attendre plus d’indications qui convergent vers ses objectifs », lit-on dans le communiqué faisant part de son choix de gagner encore du temps.

Il semble toutefois en rester moins en banque. Trois des dix membres du Comité de politique monétaire ont voté contre cet attentisme, ayant préféré « une augmentation cette fois-ci de la fourchette d’évolution du taux directeur ». Depuis décembre, cette fourchette est fixée à de 0,25 % à 0,50 %.

Les trois dissidents sont présidents de Réserves régionales (Boston, Cleveland et Kansas City). À l’opposé, les cinq membres du bureau des gouverneurs, dont sa présidente Janet Yellen, ont voté pour le statu quo. C’est la première fois en cinq ans que trois membres exercent leur dissension dans le même sens.

Le communiqué se distingue de celui de juillet par quelques observations plus positives sur la situation économique. Ainsi, « le marché du travail continue de se renforcer et la croissance de l’activité économique reprend de la vigueur après son rythme modeste observé au premier semestre ».

On remarque aussi que « les risques à court terme pesant sur l’activité économique paraissent à peu près équilibrés ». En juillet on jugeait qu’ils « avaient diminué ».

Tout cela est de nature à activer les conjectures au cours des prochains jours sur la date du prochain relèvement : 2 novembre ou 14 décembre. Gageons sur la seconde puisque la première tomberait à six jours de l’élection présidentielle.

Cela dit, les résultats électoraux du 8 novembre pourraient venir brouiller les cartes. Attendons.

Pour la suite des choses, la Fed a aussi signalé clairement qu’elle procédera très lentement. La médiane des projections du taux directeur des 17 membres du Comité (10 votants et sept non-votants) indique deux hausses seulement en 2017, contre trois dans la projection de juin. Elle en suggère trois pour 2018 et autant en 2019. Par le passé, cette médiane a diminué à plusieurs reprises et il pourrait en aller de même encore.

Pour 2016, il y en a aussi trois qui veulent le maintien du statu quo. Cela suggère que la décision de hausser le taux directeur plus tard cette année, si elle est prise, ne sera sans doute pas unanime.

Somme toute, le taux directeur devrait à long terme se situer à 2,9 %. En juin, c’était plutôt 3,0 %. Le taux à long terme est associé au taux neutre, c’est-à-dire celui qui ne ralentit ni ne stimule l’économie lorsqu’elle tourne à son plein potentiel.

L’estimation du plein potentiel a été diminuée une nouvelle fois. La Fed le jauge à seulement 1,8 %, désormais. En juin, c’était encore 2 %. Avant la Grande Récession, il oscillait entre 3,0 % et 3,5 %.

À titre de comparaison, celui du Canada est estimé à 1,5 % par notre banque centrale.

La faiblesse des investissements des entreprises reste un des derniers éléments qui ne s’est pas amélioré dans l’appréciation de l’économie faite par la Fed.

Son nouveau scénario économique prend acte de la faible activité économique en première moitié d’année. La croissance de 2016 est projetée à 1,8 %, contre 2 % en juin. Pour 2017 et 2018, on campe encore sur 2 %.

Le taux de chômage restera sous sa valeur à long terme de 4,8 % au moins jusqu’en 2019. Le communiqué précise d’ailleurs que le Comité s’attend à ce que le marché du travail s’améliore « encore quelque peu ». Il juge donc que les États-Unis sont bien près du plein emploi.

L’inflation, mesurée par l’indice des dépenses personnelles de consommation, devrait atteindre sa cible en 2018, mais augmenter à 1,9 % à la fin de 2017. Ici encore, on est bien près de la cible de 2 % à moyen terme.

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