PME Innovation Engagement Labs

Mesurer les médias sociaux

« Peu importe ce que l’on veut faire dans le monde des réseaux sociaux, la pierre angulaire, c’est l’engagement », estime Paul Allard, fondateur d’Engagement Labs.

Or, pour développer l’engagement, il faut être capable de le mesurer, suivant un théorème selon lequel ne s’améliore que ce qui se mesure. C’est justement la branche qu’a choisie M. Allard en fondant Engagement Labs en 2009, après avoir notamment passé sept ans à la direction de ZAQ Solutions interactives, une entreprise qui se concentrait sur la télévision interactive.

« Je voulais être dans le secteur des réseaux sociaux, parce que je pense que leur ampleur est encore très mal comprise. Ce n’est pas simplement un nouveau gadget. Pour la première fois de l’humanité, le citoyen lambda a les moyens de se mobiliser pour ou contre quelque chose, à tort ou à raison, peu importe où il se trouve dans le monde. »

Selon M. Allard, les médias sociaux expriment avec une adéquation parfaite ce que les gens pensent d’un sujet à un moment précis.

Encore faut-il être capable de percevoir cette opinion. C’est l’une des facettes de la plateforme #eSuite développée par Parta Dialogue, qui a officiellement changé son nom pour Engagement Labs au début de l’année.

En se basant sur des outils de reconnaissance du langage disponibles en plusieurs langues, l’outil #eListen permet de traiter tous les messages publiés sur Facebook, Twitter, YouTube, les forums, les blogues et autres supports, d’en extraire le sujet, de déterminer s’ils sont positifs ou non, de les trier en fonction de leur pertinence et de leur portée et même de les géolocaliser.

« Nous avons investi environ 3,2 millions de dollars en deux ans et demi sur cet outil », confie M. Allard.

La suite de logiciels d’Engagement Labs va plus loin. Elle permet aussi d’analyser la portée des campagnes menées par les entreprises sur les réseaux sociaux à l’aide d’environ 200 mesures, dont certaines uniques, et de les comparer avec la concurrence.

Bientôt un cinquième bureau

Engagement Labs dispose déjà de bureaux à Montréal, Paris, Mexico et Toronto, ce dernier étant le résultat d’une acquisition réalisée à l’automne 2012.

C’est d’ailleurs grâce à des clients français que l’entreprise s’est d’abord développée.

« Notre premier gros contrat a été avec Renault, en 2009, raconte M. Allard. On n’avait pas encore de produit, ils ont cru à notre présentation PowerPoint. On a beaucoup appris avec eux. Après il y a eu Dessau, qui nous a beaucoup aidés en nous indiquant ce qu’ils aimaient et n’aiment pas. »

Après avoir annoncé la clôture d’une ronde de financement de six millions de dollars en début de semaine, Engagement Labs s’apprête maintenant à ouvrir un bureau à New York.

« Notre stratégie new-yorkaise est importante, c’est là que se dépensent les dollars en marketing », note M. Allard.

C’est la deuxième fois que l’entreprise ajoute des liquidités. Elle avait récolté environ 3 millions de dollars en mars 2012 et elle est d’ailleurs inscrite à la Bourse de croissance TSX. La nouvelle injection servira surtout à la commercialisation.

« Nous avions besoin d’argent pour occuper le territoire. Nous venons de passer à travers trois années de dur travail de développement et d’évangélisation. Les décideurs nous disaient : "Ah, vous faites comme Klout !" Là, le monde corporatif commence à se rendre compte que Klout ne vaut rien. Mais avant, il fallait quand même se battre contre. »

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