OPINION

Travaillons ensemble

Nous devons démontrer au prochain président que notre relation doit demeurer aussi forte qu’elle l’a toujours été

Alors qu’il ne reste que deux mois avant le scrutin, l’intérêt des Québécois et des Canadiens pour l’élection présidentielle américaine ne se dément pas.

Mais il est important de ne pas perdre de vue l’importance, pour les gouvernements canadien et américain, de faire des progrès essentiels au bénéfice de l’économie – progrès que nous devons réaliser avant la fin de la présidence de Barack Obama.

Ainsi, le Canada doit s’assurer que les initiatives mises de l’avant dans les dernières années pour renforcer la sécurité des frontières et leur efficacité, en plus d’éliminer des entraves réglementaires coûteuses pour nos entreprises, aient un impact positif, qui se répercutera dans les prochaines années. Voici pourquoi.

D’abord, les États-Unis sont bien trop importants pour l’économie canadienne. Cela en soi est une raison suffisante pour ne pas laisser aller l’occasion d’améliorer notre relation. Les trois quarts de nos exportations sont destinés au marché américain ; en revanche, les États-Unis sont responsables de plus des deux tiers de l’investissement étranger au pays.

Plus de mille milliards de biens, services, investissements et revenus d’investissement ont voyagé entre les deux pays l’an dernier seulement. Ces chiffres ne suffisent même pas à décrire adéquatement les liens d’affaires intrinsèques qui sont à la base de notre relation économique.

Les bénéfices issus de notre relation avec nos voisins constituent le déterminant le plus important de la santé de notre économie et le demeureront longtemps. Ce doit être une priorité pour le gouvernement canadien.

Des progrès importants ont déjà été réalisés. Et nos relations sont exceptionnellement bonnes en ce moment, à la faveur de liens privilégiés entre le président et le premier ministre. Nous devons garder cet élan acquis dans la dernière année et tirer avantage du temps qu’il reste. Car contrairement au Canada, où l’annonce d’une élection paralyse le gouvernement, l’administration américaine conserve un pouvoir exécutoire jusqu’à l’arrivée du nouveau président, le 20 janvier de l’année suivant l’élection.

Deuxièmement, redoubler d’efforts maintenant est la meilleure façon d’engager la prochaine administration américaine. Des frontières plus rapides, plus sûres et moins coûteuses ont un impact positif sur la santé, la sécurité, l’environnement et la protection du consommateur. 

Voilà des objectifs nobles sans égard aux orientations politiques du prochain président. Les priorités bilatérales ne changent pas avec la venue de nouveaux gouvernements.

Le Canada ne doit pas attendre qu’une nouvelle administration se mette en place aux États-Unis pour démontrer nos bénéfices mutuels.

C’est maintenant le temps pour les deux gouvernements de réaffirmer publiquement leur engagement de travailler ensemble. Ils devraient prioriser les dossiers où une décision peut être prise rapidement. Ils devraient aussi mettre en relief les progrès réalisés, se donner un agenda de travail, communiquer les bénéfices aux populations et créer un réseau de partisans.

Avec une économie en faible croissance, rendre la vie plus facile au commerce interfrontalier tombe sous le sens. Mais cela requiert de la persévérance et beaucoup de travail. La responsabilité est celle du Canada. Nous ne pouvons attendre la prochaine administration. Nous devons profiter de notre lancée. Nous devons démontrer au prochain président que notre relation doit demeurer aussi forte qu’elle l’a toujours été. Pour cela, il faut continuer à travailler avec l’administration Obama maintenant.

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