Football  Les Alouettes

En terrain connu

Un peu plus d’une semaine après avoir signé la première victoire de sa saison, contre les Tiger-Cats de Hamilton, la formation montréalaise a pris la direction d’Ottawa pour y affronter le Rouge et Noir (2-1), cet après-midi.

La saison des Alouettes de Montréal n’a peut-être que trois matchs, mais les joueurs se retrouvent dans une situation qu’ils connaissent bien.

Si on se fie à un des nombreux clichés sportifs qu’on peut entendre, une équipe ne se taille pas une place en séries en début de saison, mais elle peut rapidement s’écarter de la course. Les Alouettes (1-2) l’ont vécu en 2018, dans des circonstances quasi identiques.

Les Oiseaux avaient perdu leurs deux premières parties de la campagne avant de finalement savourer une victoire. Ils s’étaient alors mesurés au Rouge et Noir, qui l’avait emporté 28-18 au stade Percival-Molson, ce match devenant la première défaite d’une séquence de six pour les Alouettes. Ces derniers ne s’en sont jamais remis.

Pour l’entraîneur-chef des Alouettes, Khari Jones, ces statistiques ne sont toutefois bonnes qu’à faire jaser. Jones, qui était le coordonnateur offensif de l’équipe l’an dernier, constate une force de caractère différente cette saison.

« Je vois des joueurs qui n’abandonnent pas et qui ne se laissent pas abattre par l’adversité. »

— Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

« J’aime voir une équipe capable de se battre à travers les hauts et les bas, a-t-il insisté. La semaine dernière, les Tiger-Cats ont pris les devants, mais nous avons élevé notre jeu d’un cran en deuxième demie. »

Le Rouge et Noir vient de subir sa première défaite cette saison, à son domicile, contre les Blue Bombers de Winnipeg. Une victoire permettrait à la troupe d’Ottawa de rejoindre temporairement les Tiger-Cats au premier rang de la section Est, mais elle reléguerait également les Alouettes à deux matchs de la tête.

Jones, vétéran joueur et instructeur du circuit canadien, assure cependant que ses hommes ont pris le temps de bien analyser leurs bons coups avant de se pencher sur les failles potentielles dans le jeu de leurs prochains adversaires.

« Pour être honnêtes, nous avons plus dirigé notre concentration vers notre jeu que celui du Rouge et Noir, a expliqué Jones. Nous voulons poursuivre sur nos succès, dans tous les aspects du jeu. Nous avons visionné des vidéos de leurs parties et nous avons une bonne idée de ce qu’ils sont capables de faire. »

L’effet Stanback

Si le Rouge et Noir a également fait cet exercice, il a assurément noté la spectaculaire performance du porteur de ballon William Stanback. L’athlète de 25 ans des Alouettes a inscrit trois touchés contre les Tiger-Cats, en plus d’amasser 203 verges en 22 courses.

Inutile de dire que Stanback a transporté l’attaque des siens sur ses épaules la semaine dernière. Ses succès pourraient d’ailleurs donner plus de munitions à Jones pour varier ses jeux et utiliser tout son personnel offensif.

« Nous avons de plus en plus d’options pour être imprévisibles en attaque. Notre groupe de receveurs est très bon et peut réussir de gros jeux à tout moment, a observé le quart Vernon Adams fils. William et les autres porteurs sont également capables de gagner des verges. Ça facilite le travail d’un quart. »

Stanback s’attend à recevoir une attention particulière de la part de la défensive du Rouge et Noir, mais il est prêt à relever le défi et à s’assurer que son équipe ne devienne pas unidimensionnelle.

« J’imagine qu’on va me surveiller un peu plus, mais ça fait partie du sport. »

— William Stanback

« C’est pour cette raison que nous nous préparons chaque semaine, a-t-il affirmé. Nous voulons vivre ces moments depuis que nous sommes enfants et c’est à nous d’être professionnels dans notre préparation. »

Le jeu au sol de la formation d’Ottawa, quant à lui, fonctionne au ralenti. Il n’a récolté que 24 verges par la course contre les Blue Bombers, forçant le quart Dominique Davis à tenter 36 passes.

Davis connaît lui aussi sa part d’ennuis. Cette saison, le quart de quatrième année a lancé trois passes de touché, toutes dans la même rencontre, et il a été victime de six interceptions. Il ne restera qu’à voir si Davis sera à la hauteur des attentes contre une défensive montréalaise qui sera gonflée à bloc après avoir limité les dégâts contre la meilleure attaque de la Ligue canadienne de football.

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