Quelques attentats djihadistes en France

23 mars 2018 

Radouane Lakdim vole une voiture à Carcassonne en tuant le passager et en blessant grièvement le conducteur par balles. Il tire sur quatre policiers devant leur caserne et blesse l’un d’eux. Il pénètre ensuite dans un supermarché de Trèbes, revendique être un « soldat » du groupe État islamique (EI) et tue le boucher et un client. Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, qui s’est offert comme otage à la place d’une femme, est mortellement blessé à la gorge, peu avant l’assaut. Le djihadiste est abattu.

1er octobre 2017

Un Tunisien de 29 ans, Ahmed Hanachi, attaque et tue deux jeunes femmes sur le parvis de la gare Saint-Charles, à Marseille, en criant « Allah Akbar », avant d’être abattu par des militaires de Sentinelle. 

26 juillet 2016

Le père Jacques Hamel, prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray (Nord-Ouest), est égorgé dans son église par deux djihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, qui sont abattus par la police. 

14 juillet 2016 

Un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, au volant d’un camion, fonce dans la foule quelques instants après le feu d’artifice du 14 juillet à Nice, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400. Il est tué par la police. 

13 novembre 2015 

La France est frappée par les pires attentats de son histoire. Neuf djihadistes font 130 morts et plus de 350 blessés à Paris, dans la salle de concert du Bataclan (90 morts), aux terrasses de plusieurs bars et restaurants (39 morts) et près du Stade de France (1 mort). L’EI revendique les attaques.

7-9 janvier 2015 

Les frères Chérif et Saïd Kouachi tuent 12 personnes le 7 janvier au siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris. Après deux jours de cavale, les deux hommes seront abattus par les forces de l’ordre. Le 8 janvier, Amedy Coulibaly tue une policière à Montrouge, au sud de Paris. Le 9 janvier, il prend en otage les clients et employés du supermarché Hyper Cacher et tue quatre d’entre eux, tous juifs. Il est abattu dans l’assaut donné par la police.

— Agence France-Presse

« On a vu des gens partir en courant »

Une attaque au couteau revendiquée par l’EI fait au moins un mort et sème la panique à Paris

PARIS — Un passant a été tué et quatre personnes ont été blessées, hier soir à Paris, par un homme armé d’un couteau qui a crié « Allah Akbar », selon des témoins, et été abattu par des policiers. Une attaque revendiquée par le groupe djihadiste État islamique (EI).

« L’auteur de l’agression à Paris est un soldat de l’État islamique », selon un communiqué attribué par le groupe SITE Intelligence à l’agence de l’EI, Amaq.

« La France paye une nouvelle fois le prix du sang, mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté », a réagi le président français Emmanuel Macron sur Twitter.

Le premier ministre Édouard Philippe, qui s’est rendu hier soir au commissariat du 3e arrondissement, a salué « l’exceptionnelle réactivité des forces de police » et assuré que « la France est déterminée à ne céder en rien aux menaces que les assaillants veulent faire peser sur elle ».

L’agression a eu lieu peu avant 21 h rue Monsigny, dans le 2e arrondissement, en plein cœur de Paris, près de l’Opéra, un quartier touristique de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir.

L’assaillant, sur lequel aucune information n’a été communiquée à ce stade-ci, a agressé au couteau cinq personnes, dont une – un passant – a succombé à  ses blessures.

« À ce stade et sur la foi d’une part de témoignages faisant état du fait que l’agresseur a crié “Allah Akbar” en attaquant les passants au couteau, et compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris. »

— François Molins, procureur de la République de Paris 

Un policier a fait usage d’un pistolet à impulsions électriques pour maîtriser l’assaillant, qui avait menacé les forces de l’ordre. Puis un deuxième fonctionnaire de police lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement, selon une source policière.

Deux personnes ont été blessées grièvement et transférées à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Deux des quatre blessés le sont plus légèrement.

« On cherche pas, on court »

« On a entendu deux coups de feu, on ne savait pas ce que c’était, on a vu des gens partir en courant et on est partis en courant aussi. La terrasse était blindée, et tout le monde est parti d’un coup », a raconté Sébastien, qui se trouvait à la terrasse d’un café avec deux amis.

« On a croisé quelqu’un qui sortait de l’immeuble et qui a dit avoir vu l’assaillant égorger quelqu’un. Des gens se sont réfugiés dans le bar », a ajouté son ami Maxime.

« Forcément, on entend trois coups de pétard, au vu des antécédents du 13-Novembre, on cherche pas, on court », a complété Elisa, en référence aux attentats djihadistes sur des terrasses parisiennes en 2015.

L’enquête est menée sous les qualifications d’« assassinat » et de « tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique », « en relation avec une entreprise terroriste », a précisé le procureur de Paris.

Elle a été confiée conjointement à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la sous-direction antiterroriste (SDAT), a ajouté le procureur.

« Notre ville a été meurtrie »

Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a salué « le sang-froid et la réactivité des forces de police qui ont neutralisé l’assaillant ». « Mes premières pensées vont aux victimes de cet acte odieux », a-t-il lancé.

« Ce soir, notre ville a été meurtrie », a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s’est rendue sur place. « Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus », a asséné la cheffe de l’extrême droite française, Marine Le Pen, désignant un acte commis par « un assaillant islamiste ».

Des touristes et riverains ont été bloqués derrière les rubans de sécurité, visiblement interloqués, parfois désorientés.

Particulièrement visée, la France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et en Irak contre l’EI. Mi-avril, Paris a mené des frappes contre des sites de production d’armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, lors d’une opération conjointe avec le Royaume-Uni et les États-Unis.

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