Course d’endurance  Rallye Dakar 2019

Ça n’a tenu qu’à un fil pour Aldo Racing

Le Rallye Dakar n’avait pas si mal commencé pour David Bensadoun et Patrick Beaulé, de l’équipe Aldo Racing. Après avoir fait un important bond au classement général lors de la deuxième journée, le duo québécois espérait poursuivre sur sa lancée mercredi au Pérou. Un ennui électrique l’a plutôt immobilisé durant de nombreuses heures, en haut d’une dune, avant de le contraindre à l’abandon. Il pourra toutefois repartir dimanche dans une compétition parallèle qui réunit ceux qui ont abandonné prématurément.

Au bout du fil, hier soir, les deux hommes étaient encore déçus de cet épisode qui est rapidement survenu dans la journée. « Ça faisait deux ou trois fois que le moteur coupait et David me disait : “Je manque de puissance, je manque de puissance.” C’était un peu comme quand il y a de l’eau dans l’essence ou un problème d’allumage », démarre Beaulé.

Le problème s’est amplifié à partir du kilomètre 50. Les deux hommes, qui en sont à leur cinquième présence sur le Dakar, ont alors tenté de réparer le problème sur leur nouvelle CR6 construite par Century Racing. Ils ont notamment testé la sonde d’oxygène des gaz d’échappement, les filtres à essence, la pompe à carburant, remplacé l’accélérateur, désactivé le capteur de la boîte de vitesse séquentielle et même cherché de possibles fils éraflés. Cela a duré de nombreuses heures tandis que les autos et les camions les dépassaient un à un.

« C’était complètement fou. On était pris juste après le sommet de la dune quand tout le monde commence à redescendre, raconte Bensadoun. On essayait de diagnostiquer le problème à côté de gros camions T4, de 10 tonnes, qui doivent prendre beaucoup d’élan pour remonter les prochaines dunes. C’était comme une guerre autour de nous. C’était fou, mais je dois dire que c’est excitant en même temps. […] Pendant ce temps, des locaux nous offraient des bleuets, des sandwichs au poulet braisé et ils voulaient vraiment qu’on boive des bières. On disait : “Eh, on est dans la course, on ne peut pas.” Ils nous ont passé du Inca Cola. »

Bensadoun et son copilote ont pu être remorqués par deux gars du coin après avoir officiellement abandonné. Après avoir rejoint la route Panamericana, les mécaniciens et les ingénieurs se sont finalement penchés sur le problème. L’hypothèse la plus probable ? La corrosion sur un connecteur. « On transporte toujours notre voiture par bateau. On l’avait notamment envoyée en Chine pour un rallye qui a finalement été annulé [en juin], détaille Beaulé. Elle a passé beaucoup de temps sur la mer. Il n’y a rien de certain, mais après le nettoyage des connecteurs, il n’y a pas eu d’autres problèmes. C’est quand même très fâchant parce que ce n’est qu’un fil. On était heureux, on allait à fond, jusqu’à 191 km/h, et on rattrapait beaucoup de monde. David, qui est quand même assez grand, était confortable dans la voiture. »

Au moins, ce 41e Dakar n’est pas terminé pour le duo québécois. Grâce à un nouveau règlement, il pourra reprendre la compétition lors de la deuxième semaine. Il concourra cependant dans une compétition à part avec un classement parallèle. « Ils ont fait ça parce que ce Dakar est tellement difficile, souligne Bensadoun. Il y avait 140 voitures au départ et, selon les organisateurs, 20 seront détruites et ne pourront pas continuer. Vingt autres pourraient poursuivre, mais ne le souhaitent pas alors que 40 vont participer, comme nous, au semi-marathon. » 

D’ici dimanche, les deux Québécois auront le temps de tester leur CR6, mais aussi de peaufiner les suspensions.

Le Rallye Dakar 2019, qui se déroule au Pérou jusqu’au 17 janvier, se découpe en 10 étapes. Les 534 pilotes et copilotes sont partis de Lima le 7 janvier pour un parcours de plus de 5000 kilomètres, dont 70 % sur du sable.

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