Politique

Les échos des collines

Chaque samedi, nos correspondants parlementaires à Québec et à Ottawa nous livrent un coup d’œil décontracté sur l’actualité de la dernière semaine.

— La Presse

Le « shérif » se fait piéger

Le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, s’égosillait à dénoncer les nominations partisanes des libéraux lorsqu’il était dans l’opposition. On ne s’est pas fait prier en Chambre pour dénoncer une apparente contradiction à la suite de la nomination de Catherine Loubier, directrice adjointe du cabinet de François Legault, au poste de déléguée générale du Québec à New York. « Les ti-n’amis libéraux, c’était un gros, gros problème, puis on était fâchés, fâchés, mais quand c’est les petits copains de la CAQ, ça, par contre, c’est correct ! », a lancé le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. Il a rappelé le souvenir du « shérif » de La Peltrie, surnom qu’avait donné François Legault à M. Caire, qui « dégainait plus vite que son ombre quand venait le temps de dénoncer des nominations partisanes ». Puis il a asséné : « Ma question pour le shérif de La Peltrie : est-ce que ça fait mal, se tirer dans le pied ? » C’est la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, qui s’est levée, essentiellement pour vanter les compétences de Mme Loubier… comme le faisaient les libéraux quand des nominations étaient contestées par l’opposition.

« La palme de la transparence »

Le gouvernement Legault a fini par accepter, l’automne dernier, de rendre public l’agenda de ses ministres sur un site web créé à l’époque des libéraux. Or « c’est un peu n’importe quoi, ce qu’il y a sur le site ! », a dénoncé le libéral Marc Tanguay cette semaine. Certes, les agendas n’étaient parfois pas très détaillés non plus sous le gouvernement Couillard, mais le député de LaFontaine a déniché quelques perles. La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, se contente de confirmer sa présence à l’Assemblée nationale les jours où la Chambre siège. Le service minimum en matière de transparence… De son côté, le ministre des Ressources naturelles et de l’Énergie, Jonatan Julien, « remporte la palme de la transparence », a ironisé M. Tanguay. « Il nous informe déjà que le mardi 2 février 2020, à 1 heure 15, il sera en caucus à l’Assemblée nationale… Au rythme où le premier ministre, Monsieur le Président, procède à des ajustements ministériels, je trouve ça un peu présomptueux ! » C’était probablement une bête erreur de date… Quoi qu’il en soit, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, a promis de faire « les ajustements nécessaires pour s’assurer que les informations soient adéquates ».

Une américanophile

Nommée dans la controverse comme déléguée générale du Québec à New York, Catherine Loubier, ex-chef de cabinet adjointe de François Legault, est depuis longtemps une fan des États-Unis. Une image de son fil Twitter de 2016.

Marwah Rizqy, adjointe d’un jour

Marwah Rizqy s’est improvisée adjointe administrative d’un jour mercredi lorsqu’elle a appris avec surprise que la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) n’avait toujours pas été invitée par le ministre des Finances, Eric Girard, aux consultations prébudgétaires. « Êtes-vous surpris que la CSQ, l’APCHQ et la Chaire de recherche en fiscalité puis en finances publiques de l’Université de Sherbrooke – qui ne collectent pas de taxes – ont été rencontrées en consultations prébudgétaires, mais pas vous, [alors que] vous collectez des taxes ? », a-t-elle demandé à Alain Fortier, président de la FCSQ. « Puisque tout le monde est réuni, j’ose espérer qu’on est capables d’arrimer les agendas pour que tout le monde se rencontre en consultations prébudgétaires », a-t-elle ensuite dit en regardant le ministre, assis de l’autre côté de la table.

Simon Jolin-Barrette présente son « Tinder »

Le gouvernement du Québec s’inspire de Tinder… Oui, oui, vous avez bien lu ! On parle ici de l’application pour rencontrer des célibataires, mais cette fois-ci afin de trouver les immigrants qui correspondent aux bons profils économiques pour le marché de l’emploi de la province. Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a fait cette comparaison (en peinant à cacher un sourire, tant l’image est tout de même drôle) dans une réponse qu’il donnait aux journalistes de la presse anglophone, jeudi. Certains croyaient toutefois avoir entendu le mot « tender ». Voyez l’extrait de l’échange.

« Laisse-moi parler, toi ! »

Ils ne sont que 10 députés à la Chambre des communes, et leur temps de parole est limité. Et quand un adversaire politique assis non loin est trop bruyant, on lui ferme le clapet. C’est du moins ce qu’a fait le député du Bloc québécois de Joliette, Gabriel Saint-Marie, quand un député conservateur de l’Alberta s’est mis à critiquer ses propos alors qu’il posait une question sur les investissements du gouvernement fédéral dans « le pétrole sale ». « Heille, laisse-moi parler, toi ! », lui a-t-il bruyamment lancé, ce qui a déclenché des rires à la Chambre des communes. 

Mais où est Tony ?

Mis à la porte du Parti conservateur l’automne dernier après avoir admis qu’il avait été victime de sextorsion à au moins deux reprises, le député Tony Clement, ex-ministre influent du gouvernement Harper, est devenu invisible depuis. Il y a quelques semaines, il avait affirmé dans un courriel envoyé au réseau CBC qu’il reprendrait le boulot à la reprise des travaux parlementaires. Deux semaines après que les députés eurent commencé à siéger dans la nouvelle Chambre des communes, M. Clement manque toujours à l’appel. La question que tout le monde se pose dans la capitale fédérale est la suivante : « Mais où est Tony ? »

La déclaration de la semaine

« Je trouve inacceptable qu’un [député] conservateur du Québec me critique parce que je parle en français à la Chambre des communes. Pour moi, ça n’a aucune espèce de bon sens, puis ça montre aussi à quel point les conservateurs n’ont pas défendu le français, que ce soit avec Doug Ford ou sous le gouvernement Harper. »

— La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier. La ministre réagissait ainsi aux propos du député conservateur de Mégantic–L’Érable, Luc Berthold, qui lui avait reproché de répondre uniquement en français aux questions qui lui étaient posées en anglais aux Communes. M. Berthold s’est excusé plus tard auprès de la ministre, affirmant que ses propos ne reflétaient guère sa pensée.

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